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trônaient à des croisées, surveillant les manifestations
de « l'esprit public », et leur présence suscilait encore
l’émulation des jeunes élèves.
+ Reines de la mode, grands seigneurs, badauds, ama-
teurs d’art, criliques hargneux, marchands de tableaux et suiveurs de jolies filles, tous, ce matin-là, défilaient sur la place Dauphine en l'honneur des « Jeunes Peintres », qui, le reste du temps, y vendaient péniblement
des « copies » ou des « composilions décoratives », si
bien que le Pont-Neuf voyait « toute l’année leur misère
et un séul matin leur gloire » 1: À Quand il pleuvait, la fête était remise au jeudi ou au dimanche suivants. Il y avait parfois quelques ombres au
tableau : ainsi le bon Wille raconte que, le 9 juin 1773,
un critique grincheux fut Copieusement rossé par l'artiste dont il discutait trop âprement le talent ; des rixes
« La place Dauphine, où je me rendis, était bien garnie des ouvrages de nos jeunës artistes, » Journat de Wille: *
..Les orfèvres surtout s’y distinguaient. Ils étaient les plus
un et comme c'était une occasion de le faire voir, ils ne la man-
quaient pas. Quelques-uns poussaient, pour l'ornement des reposoirs, CRE
zèle de dévotion et d’ostentation jusqu'à commander express des tableaux aux meilleurs peintres. Non contents de prêter les richesses de leurs Su ils faisaient, argent comptant, les frais des plus belles peintures.., ». (Ed. Fournier : Hisloire du Pont-Neuf. p. 297.)
(re à l'exposition de la petite Fête-Dieu de 1786, selon les « Mémoires secrets », il n'y avait pas moins d’une demi-douzaine de balcons « chargés de jeunes personnes parées, les unes de leurs charmes naturels, les autres de tous les embellissements de la toilette, ét c'étaicnt toutes les demoiselles dont les ouvrages étaient exposés et surtout les portraits... » (Idem, tome L p. 304.) =
(Collection Georges Cain.)
étaient fréquentes, que la présence de tant de jolies personnes expliquait mieux que des discussions esthétiques ; mais cela étailun altrait de plus, et Pa#is, chaque année, se pressait à « l'exposition de la Jeunesse », qui ne finit qu'avec l’ancien régime.
Jusqu'en 1871 la Préfecture de Police occupa, place Dauphine, l’espace couvert aujourd'hui par l'énorme escalier du Palais de Justice.
Le fond de la jolie place fut éventré vers 1874 et l’arcade de Nazareth — une des entrées de la Préfecture — élevée rue de Jérusalem, fut transporlée dans le jardin du Musée Carnavalet où elle se trouve actuellement.
Un monument archaïque érigé par souscription nationale à la mémoire de Desaix occupa de 1803 à 1874 le centre de la place. Celle statue elfritée par le temps disparut à son tour. Recueillie dans les magasins de la Ville de Paris, elle orne aujourd’hui quelque ville de province. Riom, croyons-nous.
La Révolution, sapant les privilèges, ouvrit à tous les exposants les portes du Louvre, et place Dauphine Île somptueux reposoir que la munificence des orfèvres, logés sur le quai voisin, élevait le jour de la Fête-Dieu, fut remplacé par « l’Autel de la Patrie ».
C'était une large tente, ornée de banderolles tricolores et de couronnes de chêne entrelacées ; là sur una
planche posée sur deux tambours, se signaient les enré6-
lements volontaires. Les enrôlés y affluaient de toutes
parts, « lesmagistrat populaire, avec son écharpe, pouvait à peine suffire à l'enregistrement des noms qui se pres-
saient sous sa plume ». Ces braves jeunes gens, au bruit
des fanfares, des chants guerriers et des salves d’artil-
lerie, juraient de mourir aux frontières pour la patrie
en danger, et « les vieux racoleurs du Pont-Neuf ne
savaient que penser de ce spectacle aussi étrange que nouveau pour eux »!
La place, Dauphine (qui s s'apfétes alors place de
Thionville en souvenir de l’héroïque défense de celle ville) était toute désignée pour une telle manifestation. Lés basochiens s’y trouvaient chez eux : c'est là Le ’ils avaient commencé la Révolution, bien avant 1789 : 1774, ils y brülaient « en brandon d’ allégresse » le mannequin du chancelier de Maupeou : plus tard, les effigies de Brienne et de Calonne y avaient subi le même traitement; de temps en temps on faisait des feux de joie avec É corps de garde élevé sur le terre plein du Pont- Neuf. On y conspuait les ministres impopulaires et, dès 1788, on y arrêtait les carrosses dont les propriétaires devaient venir s’agenouiller devant la statue du bon roi Henri, « père du Peuple »! . ;
Aussi Manon Phlipon — la future Mwe Roland, qui passa son enfance au second étage de la maison sise à l'angle du.quai de l’Horloge, ‘était-elle: ‘admirablement logée pour sourire au joyeux prologue du drame repos
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