LA CROIX CATELAN VERS
de Boulogne où les Parisiennes aiment à promener leur élégance charmeuse. Dans la journée, les mamans y conduisent les bébés qui peuvent jouer et courir à leur
aise autour des massifs de rhododendrons fleuris, à Vabri des voitures et des autos redoutables; elles y demeurent jusqu’au crépuscule qu’il est délicieux de voir tomber sur cette oasis embaumée :.
La ruit vient, parfumée aux roses de Syrie,
Et Diane, au croissant clair, ce soir en réverie
Au foi.d des grands bois noirs qu'argente un long rayon, Baise ineffablement les yeux d'Endymion... (1) - 4
Alors le décor s'illumine, l'électricité brille, les tziganes sévissent el distillent des valses lentes en la grande salle claire du restaurant élégant où les plus jolies femmes de Paris, décolletées, endiamantées, exquises en leurs robes de tulle ou de mousseline brodés, leurs ruches, leurs énormes chapeaux empanachés, sablent l«extra-dry » en dégustant des « pêches Melba »... *
Que nous voici loin du Pré-Catelan de notre prime . jeunesse, alors qu'en 1867 nos chères mamans, — quand nous avions été bien sages, — nous régalaient de bols. de lait à la vacherie suisse et nous offraient le théâtre
des Fleurs!,.. Ce théâtre des Fleurs, machiné comme un grand théâtre, nous apparaissait comme un rêve de féerie…, les avant-scènes étaient en jasmin, les loges en chèvrefeuille, les parterres en violettes ; un buisson de
roses s’enfonçant sous terre servait de toile et des Jan-
ternes véniticnnes remplaçaient le lustre. Sur la scène,
des prestidigitateurs, des équilibristes, ou encore les.
señoras Mendez ou Dolorez, Espagnoles à l'œil de feu, (1) AcBErtT Samain, Le Chariot d'Or, Soir paien, p. 78.
« dansant la cachucha », et les louanges de fleurir sur les lèvres de leurs barnums : « Les sourcils de ces dames, assure un com pte rendu de l’époque, larges comme le doigt et plus noirs que la nuit, ont l'air d'hirondelles