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VUE EXTÉRIEURE DE L ÉGLISE SAINYE-GENEVIÈVE

Prise à l'opposé de l'École de Droit

Gravé par Næ,.

Vase

policiers et de gendarmes survcillaient toutes les rues, les troupes de la garnison, armes chargées, occupaient | les murs d’octrois et les boulevards extérieurs, des affiches officielles annonçaient que « le recèlement de Georges et des soixante brigands actuellement cachés dans Paris, pour attenter à la vie du Premier Consul sera jugé el puni comme crime principal (1) », c'était la mort... Plusieurs complices de Cadoudal ayant été arrêtés, on put craindre que la torture n’arrachât à leurs souffrances le secret de la « cache » du chef, rue du Puits-de-l'Ermite (près du Jardin des plantes) : il fallait à tout prix trouver un nouveau refuge. C’est alors que ‘Charles d'Hozier un des conjurés, proposa la retraite que le dévouement d’une pauvre fille, Marie Michel Hizay, lui avait ménagée, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. « Avec vingt-cinq louis en tout qu'elle tenait de d'Hozier, Marie Hizay, dit l'acte d'accusation, abusant de la misère de la femme Prilleux, lui proposa de louer sous son nom

(4) « 8 ventôse an XII (28 février 1804). — En vertu de l’ordre du Premier Consul, toutes les barrières seront fermées ce soir, à compter de sept heures précises : on laissera entrer tous ceux qui se présenteront ct on ne laissera sortir personne jusqu’à demain matin six heures du matin. +

« 40 ventôse. — Le Conseiller d'État, Préfet de police, recom-! mande de bien prendre garde que Georges ne sorte des barrières déguisé en charretier. »

« Archives de la Préfecture de police. — Le même carton contient de nombreux renseignements sur la surveillance des barrières et des spécimens des cartes délivrées aux militaires que leur service obligeait à sortir de Paris. » (G. Lenôrre, Tournebut, page 38, note 2.)

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une boulique de fruiterie à la montagne Sainte-Gene-

viève, sous la condition qu’elle serait libre de disposer

des différentes chambres dépendant de la location pour y placer des personnes de connaissance... » Telle fut la

cachette où Georges et deux complices, Burban et

Joyaut, vinrent se réfugier dans la nuit du 17 février 1804; ils y vécurent claustrés en « une chambre haute » pendant vingt jours, apprenant les nouvelles par les commérages de la mère Prilleux qui ne se gênait pas — devant les hôtes inconnus qu’elle prenait pour des « commerçants ayant eu des malheurs » — pour maudire les ennemis du grand Bonaparte, dont les complots ren= daient le quartier inhabitable. Par elle les reclus appre- .naient tantôt « que ce coquin de Georges avait enfin quitté Paris en aide de camp »... tantôt que le même coquin « était sorli dans un cercueil ». Un autre jour la fruitière rentre alfolée : | ? .

— « Oh mon Dieu! vous ne savez pas. on dit que ce malheureux Georges veut nous faire tous périr.. Si je savais où il est je le ferais prendre (1)... »

Malgré leur prudence, les trois conspirateurs sen-

taient se resserrer autour d’eux les mailles du filet tendu par Réal! Il fallait fuir encore, et surtout sauver Georges, lui faire gagner la « cache » suprême, une fissure ménagée derrière l’enseigne surplombant la boutique du parfumeur Caron, 167, rue du Four-Saint-Germain.. Le

(1) Procès de Georges, Pichegru et autres, livre I, pages 284-285 (passim). Æ

Cliché Marville,

x s. LA RUE DES SEPT-VOIES VERS 1869

(Aujourd'hui rue Valette). |

9 mars, Joyaut désertant la montagne Sainte-Geneviive fut aperçu par un policier conférant boulevard Sain Antoine avec un nommé Léridant.

Joyaut est filé, mais on perd sa trace place Maubert; cette disparition confirme la présence de Georges dans le voisinage et une nuée d’ « observateurs » s’abat sur le quartier. On apprend, d'autre part, qu’un cabriolet portant le numéro 53 est retenu pour le soir même par

Léridant.. Va-t-on enfin appréhender l'insaississable ‘conspiratcur? Toute la police de Paris, répartie sous

différents déguisements place Maubert et dans les ruelles ou cabarets adjacents, guette le mystérieux cabriolet 53... Vers sept heure du soir, le 53 est signalé « au bas de la montagne Sainte-Geneviève » ; sous la conduite de Léridant, il gravit la pente raide, tourne à droite rue des Amandiers (aujourd’hui rue Laplace) et s'arrête « devant

uneporte d’allée assez belle, contiguë au ci-devant collège

des Grassins. « Là, dépose l'officier de paix Destavigny, j'entrai dans l'allée qui faisait face au cabriolet et me tins caché le plus qu’il me fut possible. Le cabriolet a stationné environ douze minutes... il ne portait qu’une

- seule lanterne. dont la lumière était extrêmement vive. Ensuite le fiacre est revenu sur ses pas et a gagné -la place du Panthéon... » C’est place du Panthéon, à l’angle de la rue des Sept-Voies (aujourd’hui rue Valelic),

que Georges attendait, blolti dans les recoins sombres formés par les palissades entourant l'immense monument encore inachevé. Léridant arrive, Georges bondit

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et, « s’aidant du marche-pied de droite »,sauledansson.

cabriolet. Les « observateurs » qui l'ont reconnu se précipitent, mais sont arrêtés dans leur effort par « quatre individus » complices de Georges. Sous une volée de coups de fouet, le cheval fouaillé par Léridant part à toutes brides. On sait le reste, la course folle dans la nuit, la meute traquant le fugitif, les clameurs, la défense furieuse de Georges, les morts, les blessés,

l'arrestation rue de l’Observance (aujourd'hui rue Anloine- Dubois)... Le « Général » lié de cordes, est trainé au.

poste, interrogé, puis jugé et finalement exécuté en place

de Grève, le 25 juin 1801, ainsi que onze de ses compa-

gnons. L’exécution dura vingt-sept minutes. Ainsi finissait la conspiration, Bonaparte en sortait Empereur et

-Fouché ministre de la police.

C’est dans le dédale de ruelles où se déroula le drame que nous errons ce malin. Voici la rue Laplace. Au

numéro 12 s'élève encore la haute porie en biais du col-

lège des Grassins, voisine de l'allée où se cacha Desta-

vigny..… La rue est déserte et trisle; on comprend que

des conspirateurs y soient allés se terrer.

Des poules picorent entre les pavés, des chats dorment au soleil; quelques gamins ct deux filles en cheveux, aux coques luisanles de pommade, écoutent une valse lente que moud un joueur d'orgue de Barbzrie. Cetle rue, d'un

calme provincial, semble comme ouatée d'ombre; la

nuit, par-ci par-là, une arrière-boutique de mastroquet

s'allume, le crincrin d’un violon ou la vielle d'un viel-

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