Collection d'autographes du musée Carnavalet
. enLodg
| ep om
COSF NA SunïTA aa
AULVAHL 37
Il y eut même en cette fête un moment unique : alors que Mm° Félia Litvinne nous dit, — avec le style et la voix que l’on sait, — l’appel tragique aux « Divinités du Styx ». Drapée en ses voiles gris, la grande artiste lança cette invocation sublime avec une telle puissance d'émotion, une telle intensité de douleur qu'il nous parut entendre la plainte désespérée de l'angoisse humaine... et une sensation profonde secoua l'élégant auditoire subitement ému... Dans les fonds de verdure, — mal dissimulés par les boulcaux, les sapins et les broussailles, — les danseuses, les grands prûtres et les « femmes grecques » apparaissaient, atlirés par cette voix magique. Quand Mr: Litvinne, les yeux remplis de larmes, eut fini de jeter ce cri de passion où elle avait mis son âme, toutes les mains battirent, toutes les bouches acclamèrent, et de loin les mille fleurs qui couvraient les immenses chapeaux des belles spectatrices, bluets, roses, hortensias, pavots, semblaient des bouquets de triomphe jetés aux pieds de la grande artisie dont l'art merveilleux avait ému tant de cœurs (1).
(4) Cette belle représentation, organisée par les soins de la Société de l'Histoire du Théâtre, fut donnée au Théâtre de Verdure du Prée Catelan, le lundi 29 juin 1908, à 4 heures de l'après-midi.
T FÉLÉE rer ET ds | SET
OUR un vrai Parisien — surtout s’il est né À Paris —rien ne vaut le bois de Boulogne, ce « Bois » sacré où ont défilé, défilent et défileront encore toutes les élégances, toutes les grâces, toutes les beautés; ce bois
charmeur où il est si doux de venir, dans la fraicheur du
soir, vider une coupe de champagne en spirituelle et gracieuse compagnie. Mais l’image la plus douce à y évoquer, c’est celle de nos « mamans » — fantômes aimés toujours vivants — qui nous promenèrent, bébés aux boucies blondes, le long de ces avenues familières. Cher Bois, nous t’aimons pour tous ces souvenirs et nous t'aimons aussi pour ta beauté, que le soleil matinal pose des gouttes de diamant sur tes feuilles humides de rosée ou que le jour, déclinant derrière les coteaux de Saint-Cloud et les hauteurs du mont Valérien, t’enveloppe de ses voiles bleus et mauves, sous l’or rose du ciel pâlissant!
Quelle joie, après une absence, de revenir à ces sen-
tiers tant de fois parcourus! Notre maitre V. Sardou l'a dit : « Rien de bon comme les voyages pour nous faire apprécier notre Paris ! » SR Et d’ailleurs où trouver spectacles plus divers, plus amusants, plus raffinés? des cavaliers, des amazones. des cyclistes, des chevaux, des chiens, des mail-coaches, des autos... et partout de Jolics femmes, divinement habillées, joyeuses de vivre. de la grâce, de l'élégance, de la jeunesse et de l'esprit! C’est tout cela qu’on est à peu près sûr de rencontrer au Bois dès que le soleil veut bien se mettre de la parlie.
Quoi de plus amusant, par exemple, qu’un déjeuner au pavillon d’Armenonville, au Pré-Catelan ou au Chalet du Cycle, cadres de verdure créés pour la fête des yeux? Une auto s'arrête, une femme en descend, relevant hardiment le bas froufroutant de sa jupe d’où émerge une jambe fine, moulée en un bas de soie mauve; et comme il pleut un peu, elle se baisse gracieusement avant de s’engouffrer sous la véranda fleurie, à l’abri du parapluie rouge que, le bras haut levé, tend un chasseur stylé! Les autos succèdent aux Coupés et toujours des femmes en descendent, roulées en des étoffes légères. Sous le grain qui tombe; le monocle à l'œil, trois cavaliers, immobiles, contemplent, en buvant du porto, cet incessant défilé d’élégantes où les Parisiennes exquises alternent avec les exquises étrangères. RE Toutes les tables sont occupées: l'argenterie, les roses, les piles de fruits, les seaux de glace étincelants -
EL 'E v » LA L
‘6154109 S4 AROUGOdAIN,T “pop Jo 'Jusaut ‘PIBIQNO ‘A