‹ A travers ParisChapitre 71 sur 90 · D CRUE · texte numérisé non relu

D CRUE

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sur les nappes blanches, et les immenses chapeaux garnis de fleurs, qui semblent copiés sur le Journal de M°° Eloïfe en 1787, ondulent comme des jardins suspendus, baignant les yeux rieurs d’une ombre délicate et mobile.

Affairés, des garçons à tête de diplomate circulent prestes entre les tables; les uns débouchent des bouteilles de champagne, d’autres, gravement, découpent sur un réchaud flambant le canard rouennais qui embaume; l’odeur forte des parfums se mêle à l’odeur des cigares, du melon et des roses Niel. C’est un brouhaha infernal où des rires montent comme des fusées, cependant qu’imperturbable l'excellent premier violon — un tzigane roux aux yeux vagues qui joue, comme en un rêve « la mort d'Yseult » — s’efface pour laisser passer la préposée au vestiaire, les deux bras surchargés de paletots et de mantes claires, les mains hérissées de cannes surmontées . de chapeaux noirs!

Il est près d'une heure et demie; avant de partir aux courses, d’élégants clubmans, la casquette en sautoir et le sourcil crispé discutent les pronostics du Jockey. De jolies femmes continuent à arriver en coup de vent... « Un peu en retard n'est-ce pas. C’est la faute à l’ondulateur! » Et la même fête recommencera ce soir aux mêmes endroits; les hommes seront en habit, et les femmes seront décolletées, toujours gracieuses, toujours souriantes, toujours en retard et ce sera de nouveau « la faute à l’ondulateur!... n

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