I. Antverpiae, ex offieina Plantiniana
BXiJAm
l'œuvre des bollandistbs
savants dont il attendait le secours pour compléter listes et dossiers.
Ces Actes des saints représentés par des manuscrits dans les bibliothèques belges étaient au nombre de mille trois cents, et de la plupart il s'était procuré des copies. Pour mieux réussir à intéresser les amateurs d'histoire religieuse, il faisait suivre la liste alphabétique des saints d'un texte que l'on a longtemps regardé comme un document historique de premier ordre et qui n'était connu alors que par des extraits incomplets insérés dans les Annales de Baronius : les Actes des saints Tarachus, Probus et Andronicus.
L'exécution du plan de Rosweyde comportait dix-huit volumes in-folio, dont trois volumes préliminaires, douze volumes de Vies de saints, un volume de martyrologes et deux volumes de notes et de tables.
Les trois premiers volumes auraient respectivement pour titres ; De vita Christi ei festis dus ; De vita beatae Mariae ei festis eius ; De sanctorunt festis diebus publiée solemnvbus. Les Vies de saints étaient disposées suivant l'ordre du calendrier, un volume par mois. Cette série ne devait renfermer que les textes. Le détail du volume destiné aux Mariyrologia variorum n'est pas donné.
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En revanche. Rosweyde s'explique fort nettement sur la dernière partie, qu'il intitule : Illustrationes in Viias sanctorum. Dans le premier volume, tout entier consacré à l'annotation des textes publiés dans la série principale, il se proposait de traiter les questions suivantes : i. Des auteurs des Vies des saints ; 2. Des supplices des martyrs ; 3. Des images des saints ; 4. Des rites ecclésiastiques mentionnés dans les Vies ; 5. Des rites profanes ; 6. Questions chronologiques ; 7. Questions géographiques ; 8. Glossaire de termes obscurs. C'est un plan complet du genre de notes que Rosweyde jugeait nécessaires pour l'intelligence des textes. Ce qui surprend un peu, c'est qu'il semble n'avoir pas voulu commenter d'après ce programme chacun des documents de la collection, mais écrire des dissertations dont ceux-ci fourniraient les éléments. Il nous avertit, en effet, que le volume sera divisé en huit livres.
Les tables rempliront le dernier volume, et seront au nombre de treize : 1° table alphabétique des saints ; 2° table des saints avec indication du pays d'origine, de la condition, de la qualité, de l'époque, du lieu de naissance, de l'auteur de la Vie; 3° table des saints par états (religieux, vierges, veuves, personnes mariées); 4° table par fonctions et dignités (apôtres,évêques, etc.);
5° par pays et provinces ; 6° par localités où les saints sont honorés comme patrons ; 7° par ordre de patronages dans certaines maladies ; 8° par ordre de patronages des divers métiers ; 9° noms propres de personnes et noms de lieux ; 10° textes de l'Écriture ; 11° index pour la controverse; 12° index pour les catéchismes ; 13° index alphabétique des matières et des mots.
Voici comment Rosweyde entend recueillir et préparer les matériaux.
Pour les Vies déjà imprimées, par exemple dans Lipomano et Surius, ne pas se contenter du texte de ces éditions, mais le collationner sur les manuscrits. On sait que dans les recueils précédents les pièces ont été souvent retouchées pour le style. L'autorité du document s'en trouve diminuée et le sens fréquemment altéré. Des prologues, des miracles, des passages obscurs ont été supprimés. Il faut rétablir les textes dans leur intégrité.
Les pièces dont on ne trouve pas de manuscrits ne seront admises que si l'on a l'assurance qu'elles n'ont pas été retouchées. Quant aux Vies inédites, elles doivent être cherchées partout, et insérées, à leur rang, parmi les autres. Les passages obscurs ne doivent pas être laissés sans explication, et seront éclaircis selon le programme des Illusirationes.
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Rosweyde terminait son « prospectus » par l'invitation aux lecteurs de lui communiquer leurs observations sur le projet. Il est à croire que l'annotation sous forme de dissertations fut jugée peu pratique, et que Rosweyde reçut à ce sujet des avis dont il tint compte. On le con* statera en le voyant à l'œuvre dans le volume du Vitae Patriim,
Il serait curieux de connaître en détail les amendements qui furent suggérés à Rosweyde à la suite de la publication des Fasti, Est-il exact que plusieurs érudits, notamment Velser, lui conseillèrent de substituer à l'ordre du calendrier l'ordre chronologique et que Rosweyde se rangea à leur avis* ? C'est fort possible, mais nous ignorons la source de ce renseignement. La réponse du cardinal Bellarmin est intéressante, et, il faut le dire, peu encourageante. L'entreprise lui paraît immense et elle demandera un temps infini. Quelles dépenses n'entraînera-t-elle point? Et puis, que va-t-on trouver dans ces textes originaux? Ne forte in originalibiishistorits multa sifti inepta, leviu, improbabilia, quae risum potins guam aedificattonem pariant. Ne vaudrait-il pas mieux se contenter
I. Cf. An ilectes pour servir à V histoire ecclésiastique de Belgique, t. V {1868), p. 265.
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l'œuvrb des bollandistes
de publier un supplément à Lipomano et à Surius*?
D'autres correspondants tinrent à lui prouver qu*à leurs yeux le projet n'avait rien de chimérique. L'abbé de Liessies, Antoine de Winghe, troisième successeur du vénérable Louis de Blois, l'encouragea de toutes manières, et ne se contenta pas de témoigner à l'entreprise le plus vif intérêt. Il la favorisa ^n remettant à Rosweyde des lettres de recommandation, qui lui donnaient accès aux bibliothèques des abbayes bénédictines, en lui prêtant des livres et des manuscrits, en lui procurant des copies, et, au besoin, des subventions en argent.
Il semblait que rien ne s'opposât plus à la réalisation du plan si soigneusement élaboré. Malheureusenient, à Anvers, Rosweyde était distrait de son œuvre par des occupations secondaires qui prenaient le plus clair de son temps. Il demanda à changer de résidence. Le collège d'Anvers le garda trois années encore, qui furent à peu près stériles pour les Actes des saints. Enfin, à force d'instances, il obtint de partir pour Courtrai. Mais à peine y est-il arrivé
I. Lettre du 7 mars 160S, conservée à la bibliothèque des BDllandistes, publiée dans Acta SS. ,Oct. t. Yll,p,i, et dans Ch. De Smedt, Les fundattun du Bollandisme, dans MJlun^cs Godefroid Kurth, t. i, p. 297.