‹ A travers trois siècles [microform]; l'œuvre des Bollandistes, 1615-1915;Chapitre 32 sur 51 · De cul tu sanctorum ignotorum. Paris · texte numérisé non relu

De cul tu sanctorum ignotorum. Paris

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l'œuvre des bollandistes*

saints » extraits des catacombes durant les trois derniers siècles et envoyés à diverses églises? Sont-ce des reliques de martyrs et non pas plutôt les restes de simples fidèles? Y a-t-il au moins des indices infaillibles permettant de reconnaître les reliques des saints? Le « vase de sang » que l'on trouve déposé à l'intérieur ou fixé aux parois de certains tombeaux, n'est-il pas un signe non équivoque du martyre ? C'est ce dernier point que le P. De Buck entreprit H'éclaircir dans son livre De phialis rubricatis, imprimé en ^^55» ^t ^o^ ^"lis dans le commerce, ce qui fit dire à des personnes peu bienveillantes et non moins mal informées, que l'édition de ce livre hardi avait été supprimée et envoyée au pilon par ordre des supérieurs.

Contre l'hypothèse universellement reçue alors, le P. De Buck fit valoir des arguments décisifs. Quelle preuve avait-on pour affirmer que le sédmient rouge déposé au fond des fioles fût du sang plutôt qu'un oxyde de fer résultant d'une combinaison chimique? Aucune, Quelle probabilité avait une interprétation dont on était amené à tirer d'aussi graves conséquences? Pas la moindre, car il était établi que les translations du huitième et du neuvième siècle n'avaient laissé dans les catacombes qu'un

LA RESTAURATION

très petit nombre de corps de martyrs. La statistique des inscriptions établissait qu'un cinquième des tombeaux signalés par le prétendu vase de sang étaient des sépultures d'enfants au-dessous de sept ans, proportion inadmissible s'il s'agit de tombeaux de martyrs. De plus, la grande majorité des tombes en question est postérieure à la paix constantinienne ; elles ne renfermaient donc pas des corps de martyrs. Voilà quelques-uns des principaux arguments de cette démonstration, que l'on jugera péremptoire, contre la thèse du vase de sang, caractéristique du martyre.

Un décret de la Congrégation des Rites du 10 décembre 1863 sembla, à première vue, donner tort au P. De Buck. Au fond, il n'en était rien. Comme l'a fait remarquer le P. De Smedt*, ce décret se bornait à renouveler celui du 10 avril 1668, dont la rédaction ambiguë semble vouloir éviter de trancher la question :

Cum in Sacra Con2:regatione Indulgcntiis Sacrisque reliquiis pracposita de notis disceptaretur, ex quibus vcrae sanctorum martyrutn reliquiae a falsis et dubiis dignosci possint, eadem Sacra Congregatio, re diligenter examinata, ccnsuit palmam et vas illorum sanguine tinctum pro signis certissimis habenda esse^.

1. Notice sur le P. V. De Buck, en tête du tome II des Acta Sanctorum de novembre.

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