‹ A travers trois siècles [microform]; l'œuvre des Bollandistes, 1615-1915;Chapitre 33 sur 51 · Analectu iuris pontifiai, t.VII, p · texte numérisé non relu

Analectu iuris pontifiai, t.VII, p

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LA RESTAURATION

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En d'autres termes, le vase teint du sang des martyrs prouvait le fait du martyre. Sous cette forme, l'affirmation pouvait difficilement être contestée et personne ne songeait à la contredire.

Le P. De Buck avait fait son devoir en donnant la consultation qu'on lui avait demandée ; il ne songea pas un instant à discuter le décret que plusieurs se plaisaient à interpréter contre lui dans un sens étroit et rigoriste, ni à rendre le public juge d'une question que l'autorité semblait se réserver. L'incident était oublié, lorsqu'on vit paraître, en 1867, un livre intitulé : De phiala cruenta in^icio facii pro Christo martyrii, qui avait pour auteur un prêtre romain, Archange Sconamiglio, en qui parut revivre Sébastien de Saint-Paul, le persécuteur de Papebroch. Aux mauvais procédés du pamphlétaire, Sconamiglio ajoutait cette grave incorrection de s'en prendre à un ouvrage inaccessible au public et portant tous les caractères d'un mémoire confidentiel. Il avait beau jeu de dénaturer la pensée de son adversaire, de présenter ses arguments sous un faux jour, de jeter le soupçon sur son orthodoxie. Le contrôle était pratiquement impossible.

Comme son illustre prédécesseur, le P. De Buck admettait de bonnegrâce la contradiction, mais ne voulait à aucun prix rester sous le coup d'une accusation d'hérésie. Il protesta dans une lettre écrite au Theologisches Litierattirblati de Bonn, à propos d'un compte-rendu de F.-X. Kraus sur le livre de Sconamiglio *. Ce savant,^ tout en professant pour le P. De Buck une sincère estime, avait jugé sévèrement son livre, qu'il ne connaissait que par l'exposé infidèle de l'indélicat personnage.

< On peut très bien me réfuter, écrivait le P. De Buck, sans nuire à ma réputation. C'est cette réputation seule que je tiens à protéger, parce que c'est une obligation naturelle que de la défendre comme la vie ; il me paraît qu'avant tout, je dois tâcher de me faire juger sur ce que j'ai écrit et non pas sur le dire d'un homme qui, non seulement cache les chapitres les plus importants de mon livre, qui constamment me tronque, tronque les documents qu'il apporte, et par là falsifie souvent mes paroles et ces documents, mais qui encore, ainsi que M. Kraus le prouve à l'évidence, se permet des contre-vérités vraiment inconcevables. »

I. Année i868, n. g, p. 487. Reproduite dans son texte original français par Kraus, dans son livre Die Blutampullen, p. 67-68.

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Le P. De Buck ne fit pas d'autre réplique,

manifestant par sa réserve Thorreur des polémiques qui est de tradition dans la maison. Réserve d'autant plus méritoire qu'il n'ignorait pas qu'en haut lieu son sentiment avait triomphé * et que peu d'années après la publication du De phialis riibricatist le vicariat de Rome avait renoncé aux anciennes pratiques mises en cause par son livre. Une circulaire du 17 janvier i88r, qui notifie les mesures sévères édictées sur la matière par le pape Léon XIII, constate qi^e, depuis vingt ans environ, on avait cessé d'extraire des catacombes des corps saints pour être offerts à la vénération des fidèles.

Jusque sous le pontificat de Pie X, le courageux mémoire du P. De Buck continua de porter ses fruits. A la fin du dix-huitième siècle, on avait transféré à l'église de Saint-Marc, à Rome, le corps d'une femme du nom de Fortissima, à qui le vase de sang avait assuré le titre de martyre, et ces restes n'avaient cessé d'être l'objet des hommages des fidèles, bien que, selon la remarque du P. De Buck *, la date consulaire

1, Dans une lettre écrite au P. De Buck, le 10 mars 1860 et qui est conservée à la bibliothèque des Bollandistes, De Rossi le constate expressément, et exprime toute la joie qu'il éprouve d'un pareil résultat.

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