‹ A travers trois siècles [microform]; l'œuvre des Bollandistes, 1615-1915;Chapitre 35 sur 51 · IO · texte numérisé non relu

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LA RESTAURATION

qui, à Texemple de Papebroch, y consacra une partie de son patrimoine, grâce à la libéralité du gouvernement français, qui lui envoyait la collection des Documents sur V histoire de France et d'autres grandes publications, libéralité imitée par le gouvernement anglais, qui donnait la grande série des Records, la bibliothèque avait acquis un beau fonds d'ouvrages, et les principaux instruments de travail s'y trouvaient réunis.

La correspondance scientifique avait repris et il n'y avait pas de diocèse où Ton ne fût disposé à envoyer aux bollandistes les renseignements qu'ils pouvaient désirer sur les cultes locaux. L'œuvre disposait aussi de ressources intellectuelles plus importantes que jamais, et six noms figuraientsur le titre du tomeXII d'octobre, ce qui était sans précédent.

Le temps de l'épreuve était proche. Les bollandistes furent d'abord atteints dans leurs intérêts matériels et exposés, à cette occasion, aux plus graves ennuis : il se trouva dans le Parlement un sectaire qui se donna le rôle de leur disputer la modeste subvention qui leur était allouée. Pendant neuf ans, il s'acharna à cette besogne, renouvelant ses attaques à chaque discussion du budget, auquel il refusait son vote à cause du maintien de l'allocation. Cara-

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pagne d'autant plus surprenante, faisait remarquer un publiciste, que ce même député, dans une Histoire populaire de la Belgiquey avait parlé avec grand éloge du recueil des Acta sanctorum^.

Nous laisserons à un observateur désintéressé le soin d'apprécier cette campagne.

< En 1860, disait M. Aube, quelques députés proposèrent de rayer l'allocation de 6 000 francs assignée au collège boUandien, allocation stérile à leur gré, qui servait à défendre et à propager des idées et des thèses d'un autre âge et à célébrer des saints qui n'étaient pas les leurs. Le débat qui s'engagea à cette occasion ne paraît pas avoir eu l'élévation et la largeur que des lecteurs désintéressés eussent souhaitées. Le fond et la forme des discours alors prononcés furent des deux côtés d'une lamentable médiocrité. A gauche, des arguments de boutiquiers réglant leurs dépenses et ne voulant rien donner au luxe des choses de l'esprit, une appréciation inintelligente et plate des Actes des saints, des plaisanteries d'un goût douteux, un voltairianisme de banlieue. A droite, manque absolu de sang-froid, personnalités violentes, apologie maladroite et lourde de légendes frivoles

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