‹ áA mes prãetres (volume 4)Chapitre 4 sur 14 · CES VISITES FRÉQUENTES SONT RAISONNABLES · texte numérisé non relu

CES VISITES FRÉQUENTES SONT RAISONNABLES

Prenez donc la ferme résolution de venir souvent répandre votre âme dans l'extase et la prière au pied du tabernacle. Vous le devez à Jésus ; vous le devez à vous-mêmes ; vous remplirez un saint devoir et vous trouverez une source inépuisable de consolations et de grâces.

Pendant les jours de son pèlerinage sur la terre, Jésus disait

cette ineffable parole aux multitudes avides de l'entendre : " Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui êtes accablés ; je vous soulagerai. "

Du fond du tabernacle, il vous tient le même langage et il vous donne les mêmes assurances. Ne soyez donc pas sourds à son appel ; laissez-vous attirer à lui par le doux charme de sa présence ; aimez à vous reposer souvent à l'ombre de ses autels bénis, en attendant qu'il vous soit donné d'entrer dans les tabernacles de son éternité.

D'abord rien n'est plus raisonnable que ces visites fréquentes à Jésus dans le Sacrement de son amour. Supposons qu'un monarque, uniquement pour vous honorer, vous protéger et montrer l'affection qu'il a pour vous, fixera sa demeure près de la vôtre afin que vous puissiez vous présenter devant lui et recourir à sa bonté aussi souvent que vous le voudrez. Seriezvous insensibles à cette bienveillance ? Négligeriez-vous de mettre à profit un dévouement si généreux ?

Ce qu'aucun roi n'a jamais fait pour le plus aimé de ses sujets, Jésus-Christ l'a fait pour nous. Que s'est-il proposé en fixant son habitation près de nous ? S'il n'avait voulu que nous servir de victime en s'immolant pour nous et se donner à nous en nourriture, il lui aurait suffi de se rendre présent sous les espèces du pain à la sainte messe. Il a voulu, en fixant sa demeure près de nous, être toujours à notre portée et nous rendre à tous moments les bons offices de la plus tendre et de la plus touchante amitié.

Et nous le laisserions seul dans njos églises ! Nous, ses prêtres, ses ministres, nous n'irions pas souvent lui offrir nos hommages, recueillir ses bienfaits ! Etonnons-nous de la conduite des juifs qui ne l'ont ni connu, ni aimé, quoiqu'il passât au milieu d'eux en faisant le bien et en multipliant les miracles ; mais avouons que notre indifférence accuserait de notre part un aveuglement non moins offensant pour son noble cœur.

" J'ai vu lo Seigneur, nous dit le fils d'Amos avec sa parole brillante et imagée. Les nuées étaient son trône, les astres son diadème et son empire l'immortalité. Devant lui, ce pavillon superbe, le ciel n'était rien ; le monde, avec tous ses royaumes, pareil au sable du rivage, semblait un peu de poussière échappée au néant. La mort assise sur sa faulx attendait ses ordres et le tonnerre, oubliant ses foudres, n'écoutait sa voix qu'en tremblant. "

Et nous aussi, nous pouvons voir le Seigneur dans son temple, non pas dans le temple du ciel où les anges sur des harpes d'or chantent son éternité, non pas dans le temple de la nature dont la terre est l'autel, le firmament le dôme, le soleil la lampe ; mais dans nos temples catholiques que l'âme du vrai prêtre doit saluer avec des transports d'amour.

Le Seigneur que nous voyons dans nos temples n'est pas armé d'une épée flamboyante comme l'ange qui gardait, après la chute d'Adam, les heureuses avenues de l'Eden. Il ne paraît pas comme autrefois sur le Sinaï au milieu des éclairs et des tonnerres. Non, dans la crainte de nous éblouir par l'éclat de son visage et pour ne pas nous effrayer par le feu de ses regards, il s'est caché sous les voiles eucharistiques.

Qui aurait jamais pensé qu'il eut voulu fixer ainsi son séjour parmi nous ! Ergonc credibile est ut habitet Dominus cum hominïbus super terram ! Heureux qui habitent dans sa maison sainte et qui vivent dans son intimité.

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