‹ áA mes prãetres (volume 4)Chapitre 7 sur 14 · EXEMPLES DES SAINTS · texte numérisé non relu

EXEMPLES DES SAINTS

Quels beaux exemples nous ont laissés les Saints sur ce sujet ! Leur plaisir à tous était de courir souvent au tabernacle avec une vivacité de foi et une ardeur d'amour qu'on ne peut exprimer. Ils y passaient de longues heures qui, pour eux, s'écoulaient comme des minutes. L'Evangéliste a dit : Ubi enim thésaurus vester erit, ibi et cor tuum. Leur trésor était Jésus- Christ lui-même. A ses pieds, leur cœur nageait comme dans un océan de joie, de lumière et d'amour. Il n'y avait plus alors pour eux d'épines sur les chemins de la vie, ni d'absinthe dans leur calice ; ou bien si parfois des larmes mouillaient encore leurs paupières, c'étaient de douces larmes comme en versait celui qui, le regard tourné vers le ciel et la croix sur le cœur, prononçait cette adorable parole : " Ou souffrir, ou mourir. "

" Ecoutons donc, dit saint Alphonse, toutes ces âmes ferventes qui sont allées fréquemment s'entretenir avec Jésus sur les autels ; qu'elles nous disent les faveurs, les lumières, les flammes d'amour qu'elles y ont puisées, le paradis dont elles ont joui en la présence de ce Dieu eucharistique. "

Le bonheur de saint Dominique était de passer ses nuits devant le Saint-Sacrement. " Je n'ai jamais ouï dire, rapporte un de ses disciples qui l'avait connu et suivi pendant les années de son apostolat, je n'ai jamais ouï dire qu'il eut d'autre refuge pendant la nuit dans ses missions, que l'église. "

Là, devant l'autel, il épanchait son cœur et de ses yeux coulaient d'abondantes larmes. Ses frères souvent se cachaient pour épier ses saintes veilles et s'édifier. C'est ainsi qu'ont été révélées, avec l'amour du saint pour le Dieu des tabernacles, les miséricordieuses condescendances de Dieu envers son humble serviteur.

Se croyant seul en ces heures de nuit et protégé en ses élans par l'ombre et le silence du lieu, il entrait avec Dieu dans d'ineffables épanchements. Tantôt incliné profondément,

tantôt prosterné la face contre terre, il priait avec larmes et gémissements. Il révérait Notre-Seigneur dans son sacrement comme s'il eut vu sa personne divine de ses propres yeux. On l'entendait dire ces paroles de l'Evangile : " Seigneur, ayez pitié de moi qui suis un pauvre pécheur ; " ou celles de David : " mon âme est attachée au pavé ; donnez-moi la vie selon vos promesses. " Quelquefois la parole n'arrivait plus de son cœur jusqu'à ses lèvres. On le voyait élevé de terre d'une demi coudée en face de l'autel. Il semblait entrevoir le ciel par l'esprit. Il essuyait ses larmes le long de ses joues embrasées et sa poitrine était haletante comme celle du voyageur qui approche sa patrie.

A l'exemple de saint Dominique, saint Thomas passait souvent la nuit dans les églises et, jusqu'à l'aurore, les effusions de son cœur ne tarissaient pas. Les larmes ne cessaient de couler sur son visage rayonnant de joie et de bonheur.

Voyons-le s'approcher du tabernacle à l'heure de ses visites au Saint-Sacrement. C'est une vision du Sinaï où les foudres et les éclairs n'inspirent pas de crainte. Ses genoux fléchissent ; son front s'incline. Il n'y tient plus ; il gravit les degrés de l'autel et, soulevé par l'élan de sa prière, il va plonger sa tête brûlante, ruisselante de sueurs, dans les clartés de la présence réelle, pour adorer et satisfaire son amour.

C'est sans doute au sortir d'une de ces extases séraphiques et plein encore de la lumière radieuse qui l'enveloppait, que cet ange adorateur du Saint-Sacrement a dû composer les touchantes strophes de YEcce Panïs angelorum ou du Tantum ergo sacramentum qui, depuis ce moment retentissent dans nos solennités, et aussi ces ineffables élan3 de YAdoro Te dévote qui ont ravi tant d'âmes et essuyé tant de pleurs, chants célestes qu'on croirait empruntés à la harpe d'or des séraphins, où l'on ne sait qu'admirer davantage, ou de la précision théologique du dogme ou de la beauté de l'inspiration poétique.

A l'époque où vivait saint Thomas, surnommé le chantre de l'Eucharistie, l'Université de Paris était partagé en deux

camps sur la question des accidents eucharistiques. Fatigués de cette discussion, tous les docteurs décidèrent de s'en rapporter au sentiment du frère Thomas d'Aquin, professeur à la même Université.

Après de profondes recherches et de mûres réflexions, le Frère Thomas composa son travail, mais comme, dans sa modestie, il se méfiait de son sentiment personnel, il s'en alla à l'autel. Là il plaça en face du tabernacle, comme devant le Maître des maîtres, ce qu'il avait écrit sur le sujet controversé ; il éleva les mains vers Notre-Seigneur et le pria en ces termes :

" Seigneur Jésus, vous qui résidez véritablement dans cet adorable sacrement ; vous dont les œuvres sont d'incompréhensibles merveilles, je vous en conjure humblement, si ce que j'ai écrit sur vous-même est conforme à la vérité, donnezmoi de l'enseigner et de le persuader de votre part à mes frères ; s'il existe, au contraire, dans cet écrit quelque chose qui s'éloigne de la foi catholique, mettez-moi dans l'impossibilité de le produire à leurs yeux. "

O merveille ! Jésus-Christ lui apparut et lui dit avec amour : " Vous avez dignement écrit, mon fils, sur le sacrement de mon corps, bene scripsisti de me. "

Quelle ne fut pas la dévotion de saint Vincent de Paul pour le Saint-Sacrement !

J'ai remarqué plusieurs fois, dit un témoin oculaire, lorsque M. Vincent était en prière devant le Saint-Sacrement, qu'on pouvait aisément reconnaître en son extérieur la véritable et sincère dévotion de son intérieur. Il se tenait toujours prosterné à deux genoux, avec une contenance si humble, qu'il semblait qu'il se fut volontiers abaissé jusqu'au centre de la terre pour témoigner davantage son respect envers la majesté de celui qu'il reconnaissait présent. Et certes en considérant cette modestie respectueuse qui paraissait en son visage, on eut pu dire qu'il voyait de ses yeux Jésus-Christ ; et la composition de son extérieur était si dévote et si religieuse qu'elle était

capable de réveiller la foi la plus endormie, et de donner aux plus insensibles des sentiments de piété envers cet adorable mystère. (Abelly, n, 107.)

Souvent durant la journée, on le voyait aller à l'église où il demeurait devant le Saint-Sacrement tout le temps qu'il pouvait avoir libre et quelquefois plusieurs heures.

C'est là qu'il traitait avec Notre-Seigneur les affaires dont il était chargé ; qu'il le consultait dans les questions difficiles, qu'il cherchait et qu'il trouvait en toute occurrence la lumière, la force, la consolation dont il avait besoin.

C'est là que souvent il dépouillait sa correspondance, surtout quand elle lui paraissait de plus grande importance. " On l'a vu souvent, quand il recevait des lettres qu'il prévoyait contenir la nouvelle de quelque bon ou mauvais succès en chose importante, s'en aller derrière le grand autel de Saint-Lazare et là, mettant les genoux en terre et ayant la tête nue, ouvrir et lire ses lettres en la présence de Notre-Seigneur. Une fois, dans la cour du palais de justice, on lui remit un pli qu'il savait contenir une nouvelle de grande conséquence et, quoique pour lors, il fut fort incommodé de ses jambes, il ne laissa pas de monter l'escalier pour aller à la haute chapelle du palais (la Sainte-Chapelle ) où repose le Saint-Sacrement. L'ayant trouvé fermée, il se mit néanmoins à genoux à la porte et en cet état il fit la lecture de sa lettre. " (Abelly, m, i, 108.)

Toutes les fois qu'il quittait la maison ou qu'il y entrait, il allait se prosterner devant notre divin Sauveur pour le prier de bénir sa sortie ou le remercier des grâces qu'il y avait reçues, et lui demander pardon des fautes qu'il pouvait y avoir commises.

Nous lisons dans la vie de saint Pierre Fourrier qu'il vivait dans un obscur village de la Lorraine, s'offrant chaque jour en holocauste, victime volontaire de l'amour. Il ne connaissait qu'une douleur ici-bas : celle de rencontrer quelqu'âme insensible au bonheur d'aimer Dieu. En dépit de son zèle, de

ses prières continuelles, il restait toujours au sein de son troupeau qui lui était confié, quelque âme endurcie.

Un jour, poursuivant devant Dieu une de ces pauvres âmes qui s'obstinait à le fuir, il se précipita comme hors de lui-même dans son église, monta à l'autel, ou v rit le tabernacle ; puis se prosternant sur les degrés, il se prit à crier vers Dieu avec une impétuosité et des sanglots qui semblaient accuser une véritable démence. O saintes folies de la croix et du zèle des âmes! Il suppliait Dieu de prendre sa vie ou de lui donner cette âme perdue, mêlant à ses prières mille choses d'une tendresse et d'une amertume où la foi le disputait à la charité.

Quel prêtre n'a pas ressenti un jour ou l'autre de pareilles douleurs dans son ministère ! Celui qui en prend son parti, qui ne veille pas sur ses ouailles avec larmes et avec amour, comme une mère au berceau de son enfant malade, faillit à sa mission. S'il ne pleure pas sur ses brebis égarées, il n'imite pas Jésus-Christ et il n'est pas digne de lui. N'y a-t-il pas dans toute église un tabernacle où Dieu réside ? Le prêtre doit s'en approcher avec humilité et respect, pleurer entre le vestibule et l'autel : Inter vestibulum et altare plorabunt sacerdotes, ministri Domini et dicent : Parce, Domine, parce populo tuo. Que de miracles il pourrait opérer ! Que de conversions il pourrait susciter !

C'est au pied du tabernacle que saint François-Xavier se délassait de ses grands travaux dans les Indes. Après avoir employé le jour à travailler au salut des âmes, il passait la nuit en oraison devant le Saint-Sacrement.

Saint Jean-François Régis avait la même habitude et parfois, trouvant l'église fermée, il s'agenouillait devant la porte et restait là exposé à la pluie, au froid, pour avoir le bonheur de faire ainsi sa cour, au moins de loin, à son divin consolateur.

Tous nous savons que dès son arrivée à Ars, le Vénérable M. Vianney, fit de l'église sa demeure. On le voyait passer de longues heures prosterné au milieu du sanctuaire dans l'immobilité la plus complète. On eut dit qu'il se baignait, suivant

son expression, dans les flammes de l'amour divin, devant Notre- Seigneur présent au saint autel. Il entrait à l'église avant l'aurore et il n'en sortait qu'après l'angelus du soir. C'était là qu'il fallait aller le chercher, quand on avait besoin de lui. On était toujours sûr de l'y trouver.

" Que nous aimons à voir M. le curé à l'église, disait une de ses paroissiennes, quand il dit ses prières. Avant de commencer et de temps en temps pendant la récitation du saint Office, il regarde le tabernacle avec un sourire qui fait plaisir. Je l'ai remarqué moi-même plusieurs fois ; on dirait qu'il voit Notre- Seigneur. J'étais vraiment frappée de ma misère spirituelle en la présence de Dieu, quand je considérais à la lueur de la lampe qui brûlait devant lui, cette figure sèche et décharnée, ce regard brillant qui se fixait sur la porte du tabernacle avec une expression de bonheur impossible à rendre. "

Tous les Saints apparaissaient dans l'église comme des statues immobiles dans l'attitude du plus profond respect ou comme des anges venus du ciel. En les voyant, on sentait l'impression irrésistible de la foi et l'on ne pouvait se défendre d'adorer et d'aimer avec eux.

Saint Louis de Gonzague était si admirable de maintien et de piété au pied des saints autels que les personnes pieuses de Rome quittaient leur maison et venaient à la chapelle des Jésuites, dans l'unique dessein de le contempler dans l'attitude de la prière. C'était pour elles comme une prédication éloquente qui les touchait plus que les plus beaux discours.

C'est le Dieu de l'Eucharistie qui a provoqué l'amour et entretenu les forces des hommes généreux et des femmes dévouées qu'on voit dans l'histoire se consacrer, sur tous les points du monde catholique, au culte pratique de toutes les misères humaines. Demandez à tous nos missionnaires, à tous ces apôtres de l'Evangile, à ces pionniers de la civilisation chrétienne, aux fondateurs et aux fondatrices des grandes œuvres de charité, aux héritiers et aux héritières de leur dévouement, où commence et d'où jaillit le don de soi. Ils vous montreront le

tabernacle. " Pour être charitable, disait saint Vincent de Paul à ses filles, il faut manger la charité. "

Ce qui frappait surtout M. Taine, c'était le dévouement infatigable des ordres religieux et surtout celui des filles de saint Vincent de Paul, vouées aux pénibles travaux de la charité. Comment, demandait-il à leur supérieur général, comment ces faibles femmes, volontairement séparées du monde, trop souvent rebutées par l'ingratitude, exposées aux suggestions de l'isolement, de la mélancolie, du découragement, ne succombent-elles pas ? Où donc trouvent-elles la force de surmonter tous les obstacles et de reprendre chaque jour leur tâche avec la même patience, avec la même douceur, avec la même sérénité ? — C'est bien simple, répondit le vieux prêtre, elle* ont l'Eucharistie, et un quart d'heure de prière devant le Saint - Sacrement suffit à les dédommager de toutes leurs peines, à les consoler de tous leurs déboires et de toutes leurs épreuves."

Rentré chez lui, l'historien prit sa £lume loyale et il écrivit : " La foi à l'Eucharistie est vraiment la paire d'ailes qui, aujourd'hui comme il y a dix-huit siècles, soulève l'humanité audessus de ses bas-fonds et la porte aux régions du dévouement. Si la société peut être sauvée, c'est de là que lui viendra le salut. "

Tous les Saints furent épris de cette dévotion au Saint -Sacrement qui est la dévotion par excellence du prêtre. Imitez-les et goûtez comme eux que melior est dies una in otriis tuis super millia. Allez souvent près de l'autel goûter et voir combien est doux le Seigneur. Allez écouter le langage de ce maître invisible qui, pour se faire entendre, n'a besoin ni du son de la voix, ni du bruit des paroles et dont les leçons peuvent arriver au cœur sans frapper l'oreille ni émouvoir les sens.

Faites-en l'expérience et vous verrez quel profit vous en retirerez. Vous gagnerez peut-être plus en un quart d'heure d'oraison au pied du Saint-Sacrement que dans tous vos autres exercices spirituels de la journée. Car Jé3us est là, comme dit le Vénérable Pierre Alvarez, les mains pleines de grâces et

cherchant à qui les distribuer ; ou comme il apparut à sainte Catherine de Sienne dans l'hostie sainte, sous la forme d'une fournaise d'amour d'où s'échappaient des torrents de flammes divines qui se répandaient par toute la terre. Jetez-vous dans ce saint brasier et votre cœur ne brûlera plus d'un autre amour que de celui de Jésus ; toutes vos peines, toutes vos croix y seront consumées ; vous saurez ce que c'est que de s'oublier aux pieds des autels, vous ne vous arracherez qu'avec peine du sanctuaire et encore, en vous retirant, vous laisserez toutes vos affections.

Et comment ferez-vous cette visite au Saint-Sacrement ? De quoi vous occuperez-vous durant ces instants si précieux ?

Serait-il nécessaire d'apprendre ce que nous devons dire à Notre-Seigneur en venant le visiter ! Demande-t-on ce que l'on doit dire dans les confidences et les épanchements de l'amitié ? Nullement. On dit : je vais voir cet ami et l'on y va sachant bien que l'entretien se fera comme de lui-même. Quand on est là en effet, les paroles sortent du cœur aisément. C'est l'âme se communiquant à une autre âme en laquelle elle a toute confiance. On dit : mon ami, je souffre, j'éprouve telle difficulté ; je me trouve dans tel embarras, dans telle situation. Que ferais-tu à ma place ? Donne-moi un conseil. Et l'ami parle à son tour et sa parole est douce, affectueuse, pénétrante. Il ne prononce pas un discours ; il parle simplement et, après l'avoir entendu, on se retire sinon consolé — il est des impuissances irrémédiables — du moins encouragé, fortifié. L'esprit est éclairé, le cœur est réchauffé, la volonté plus agissante. On est disposé, s'il le faut, au sacrifice, à l'immolation.

On demandait un jour à une sainte femme ce qu'elle faisait pendant des heures entières devant le Saint-Sacrement et ce qu'elle avait à lui dire. Elle répondit: " Dans le monde, il y a des personnes qui s'aiment et savent passer des heures entières

ensemble en disant toujours la même chose. Quand je me prosterne devant le Saint-Sacrement, je suis comme le pauvre affamé devant une table bien fournie où il trouve tout ce qui peut le satisfaire. Je fais ce que fait le pauvre devant le trésor ouvert où on lui permet de puiser à pleines mains. J'en fais autant devant le Saint-Sacrement de l'autel. Je trouve toujours quelque chose à lui dire et j'éprouve un indicible bonheur en entendant de lui des paroles qui jamais ne sont sorties des lèvres des hommes. "

Nous aussi, nous avons notre table préparée sur les saints autels ; nous avons, nous aussi, notre trésor où nous pouvons aller puiser. C'est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui, sur l'autel, nous prodigue toutes les richesses de son amour. Allons lui faire la cour, nous enrichir des trésors qu'il aime à répandre sur nous.

Faut-il quelque chose de plus méthodique, de plus précis pour conduire votre esprit et votre cœur ?

Commencez par rendre des hommages d'adoration au Dieu caché, Vere tu es Deas abscoîiditus. Pénétrez-vous du sentiment de sa présence par un acte de foi. Où suis-je ? Où êtes-vous, mon Dieu ? Qui suis-je ? Qui êtes-vous ? Qui donc n'est pas capable de confesser à Dieu qu'il est devant lui moins que le grain de sable devant le soleil, moins que la goutte de rosée devant l'immensité des mers, moins que l'atome perdu dans l'infini du firmament ! Qu'il dépend de lui comme le serviteur de son maître, comme le rameau de l'arbre, comme l'ombre du corps !

Adorez l'Hostie ! Dieu n'a pas voulu l'entourer des foudres et des éclairs dont il s'enveloppa pour parler à Moïse ; mais l'autel est plus sublime et plus près du ciel que le Sinaï.

Il n'a pas voulu faire régner la terreur dans son sanctuaire comme jadis au temple de Jérusalem ; mais le tabernacle est plus rempli de la majesté et de la gloire de Dieu que le Saint des saints, et l'hostie plus sacrée que la manne gardée dans l'arche.

Abaissez-vous donc, anéantissez-vous devant la Divinité cachée sous ces humbles espèces et dites-lui avec l'Eglise :

Adoro Te dévote, latens Deitas, Quœ sub his figuris vere latitas Tibi se cor meum totum subjicit, Quia Te contemplans totum déficit.

Les actes d'adoration que vous trouverez vous-mêmes valent tous ceux que vous trouverez dans les livres. Je n'en sais pas de plus beaux tout de même que ceux de ce héros qui fut un grand soldat et un grand chrétien, le général de Sonis. " Mon Dieu, disait-il, me voici devant vous, pauvre, petit, dénué de tout. Je ne suis rien, je n'ai rien, je ne puis rien. Je suis là à vos pieds, plongé dans le néant. Je voudrais avoir quelque chose pour vous l'offrir, mais je ne suis que misère. Vous, vous êtes mon tout ; vous êtes mon maître et je suis votre propriété. Tournez-moi et retournez-moi ; détruisez-moi et travaillez-moi. Je veux être réduit à rien pour l'amour de vous. "

N'est-il pas vrai que jamais l'adoration n'a parlé un langage plus simple, plus magnifique ? Tout est là : la petitesse de l'homme et la grandeur de Dieu ; c'est l'humilité, l'abandon total. Multipliez devant le tabernacle de pareils actes et vous aurez satisfait à ce premier devoir de l'adoration.

Il y a un second devoir, celui de la reconnaissance. Ah ! Combien nous devons remercier Notre-Seigneur de l'amour qu'il nous témoigne en demeurant constamment au milieu de nous dans le sacrement de l'Eucharistie ! Après avoir accompli par sa mort sur le calvaire l'œuvre de la rédemption, il eut pu s'éloigner de nous en remontant vers son Père. Du haut du ciel il aurait pu répandre ses grâces sur les hommes. Mais il nous aimait trop pour nous laisser sur la terre comme de pauvres orphelins. Il a voulu être pour chacun de nous le compagnon de notre pèlerinage en cette vie. Il a voulu nous faire jouir du bonheur de sa présence. Il a voulu que nous puissions tous le visiter, lui exposer nos besoins, implorer ses faveurs.

Au temps de sa vie mortelle, un petit nombre de personnes

pouvaient s'approcher de lui et lui parler. Aujourd'hui tous ses enfants peuvent venir le trouver et s'entretenir avec lui ; ils peuvent venir tous les jours et à toute heure du jour. Ils peuvent demeurer en sa présence aussi longtemps qu'ils le désirent.

Il était bon, bien bon, notre divin Sauveur, aux jours de sa vie mortelle pour tous ceux qui venaient le trouver ou qu'il rencontrait sur son passage. Il était bon pour les enfants ; il les appelait à lui ; il les bénissait, les prenait dans ses bras. Il était bon pour les malades ; il les guérissait tous. Il était bon pour les pécheurs ; il n'en repoussait aucun ; il leur pardonnait. Avec quel empressement il venait en aide à ceux qui étaient dans le besoin ! Un jour, il multiplie quelques pains pour rassasier une multitude affamée. Un autre jour il rencontre une veuve qui vient de perdre son fils unique et accompagne à sa dernière demeure ses restes inanimés. " Ne pleurez pas, lui dit le Seigneur, et aussitôt il ressuscite le jeune homme et le rend à sa mère. "

Ce qu'était Jésus aux jours de sa vie mortelle, il l'est encore, sous une forme différente, dans la sainte Eucharistie. Aujourd'hui comme autrefois il nous invite à venir près de lui.

Et que de bienfaits, nous surtout ses prêtres, nous avons reçus de lui ! Ne parlez pas, si vous voulez, de ces rendez-vous faciles qu'il nous assigne chaque jour dans ses églises, parmi sa garde d'honneur ; que d'autres faveurs il nous a accordées !

Ainsi, par exemple, nous avons été élevés sur les genoux d'une bonne mère chrétienne, tandis que d'autres ont vu le jour sous un toit incrédule ou païen ; nous avons reçu une éducation vraiment religieuse ; que de grâces de préservation nous ont été accordées !

Pourrions-nous jamais oublier la vie ensoleillée de Jésus- Christ que nous avons menée au grand séminaire où Dieu nous a conduits. La petite cellule où nous travaillions à le connaître, penchés sur nos livres de théologie, sous son image

sacrée appendue à la muraille blanche ; la chapelle où nous allions causer cœur à cœur avec lui ; nos communions plus fréquentes et plus ferventes ; nos bons désirs plus affermis à mesure que les étapes successives des saints Ordres nous rapprochaient de l'ordination suprême.

Et quelle tendresse Dieu nous a témoignée quand il nous choisit, nous de préférence à des milliers et des milliers d'autres pour faire de nous des prêtres, pour nous associer à son œuvre, nous livrer les âmes, ces âmes bien-aimées pour lesquelles il est mort !

Quel honneur que d'être ainsi associés à Dieu dans l'œuvre de sa Providence ! Quel honneur que celui de pouvoir commander à Dieu, l'obliger à pardonner à un coupable et à répandre ses grâces sur le pénitent qui l'a offensé !

Quel honneur que celui d'avoir pour mission de diriger les âmes, de les fortifier, de les élever, de les rendre pures, de les sauver !

Quel honneur surtout pour le prêtre de pouvoir dire la sainte Messe ! C'est en se voyant sur l'autel qu'il comprend surtout sa dignité. Il est là comme Moïse sur la montagne pour prier pour ses frères ; il est là pour renouveler Nazareth et Bethléem, le Cénacle et le Calvaire, pour obliger à descendre au milieu des hommes celui qui un jour tomba du ciel dans une crèche pour s'en aller mourir sur une croix. Il est là sentant la toute-puissance de Dieu tomber entre ses mains et il tressaille à ce contact divin. Il est là, le sacrificateur de la nouvelle Loi, le prêtre de Jésus-Christ ; et il peut non pas une fois, mais des centaines de fois, mais toute sa vie, apaiser sa faim au pain de son corps, étancher sa soif au vin de son sang !

Qu'elle est longue l'histoire des prévenances de Dieu pour nous ! Que notre langue s'attache plutôt à notre palais que d'oublier ce bienfaiteur insigne ! Imitons en quelque sorte les saints transports des vieillards que l'apôtre saint Jean vit dans ses révélations, entourant le trône de l'Agneau, lui faisant

l'hommage de leurs victoires et de leurs triomphes, et mettant à ses pieds leurs palmes et leurs couronnes.

Puis demandons à Jésus des grâces avec une confiance pleine et entière, nous rappelant alors qu'il est le plus tendre des pères, le meilleur des amis, le plus intime des confidents et que nous ne saurions lui faire plus de plaisir que de traiter librement et cœur à cœur avec lui. C'est ce qu'il nous supplie de faire : " Vous ne serez plus désormais des serviteurs pour moi ; je ne veux voir en vous que des amis avec qui j'aime à m'entretenir à cœur ouvert. " Parlez-lui comme à votre guide, à votre conducteur. Dites-lui avec le psalmiste : " Montrez-moi vos voies, Seigneur ; enseignez-moi quels sont les sentiers par lesquels vous voulez que je marche ; dirigez-moi dans votre vérité et instruisez-moi, parce que vous êtes mon Dieu, mon Sauveur. "

Parlez-lui comme à votre soutien, à votre protecteur. " Non content, Seigneur, de m'avoir fait naître dans votre Eglise, vous m'avez donné la vocation sacerdotale. Sans doute j'y rencontre des ennuis, des souffrances, des angoisses. C'est une consolation pour moi de venir vous les dire, de venir les confier à votre cœur toujours ouvert. J'attends de vous le secours pour mes œuvres, pour mes entreprises de zèle. Je vous recommande mes malades, mes enfants, tel ou tel fidèle malheureux que je voudrais consoler, cet autre violemment tenté que je voudrais pouvoir fortifier dans la lutte entre le bien et le mal. "

Vous avez peut-être à souffrir de la part de ceux qui vous entourent. Demandez à Notre-Seigneur la patience, la résignation, la douceur.

Vous êtes peut-être assaillis par des tentations qui vous fatiguent ; priez Notre-Seigneur de vous assister dans la lutte que vous avez à soutenir.

Vous êtes peut-être tentés de vous décourager à la vue de vos défauts, de vos négligences, de vos faiblesses. Découvrez à Notre-Seigneur vos infirmités ; montrez-lui les blessures

que vos imperfections font à votre âme et il les guérira Jésus au tabernacle est pour vous un ami véritable. Personne ne vous aime autant que lui ; personne ne vous est aussi dévoué que lui.

Dites à Jésus : " O mon divin Sauveur, soyez la lumière de mon âme, la joie de mon cœur, la force de mon esprit, la vigueur de mon corps, la consolation de mon exil, mon conseil dans le doute, mon soutien dans la faiblesse, mon soulagement dans la tristesse, mon exemple dans la souffrance, mon trésor dans la déception, mon encouragement dans le dégoût, mon compagnon dans le pèlerinage de ce monde, mon aide dans le travail, mon ami dans l'oubli. "

On rapporte que dans l'Ancien Testament le saint roi Ezéchias, assiégé dans Jérusalem par Sennachérib à la tête d'une armée formidable, en reçut par un messager des lettres pleines d'insultes et de blasphèmes dans lesquelles le vrai Dieu, le Dieu d'Abraham et de Jacob, était assimilé aux faux dieux des nations et la ville de David, Jérusalem, vouée tout entière avec son peuple et son roi à la ruine la plus complète. Que fait Ezéchias ? Il va seul au temple ; il y déploie ces lettres devant le Seigneur ; il y joint quelques prières et, la nuit suivante, douze cent mille guerriers de l'armée assyrienne couvraient de leurs cadavres les plaines de Juda.

Quel est le cœur du prêtre, en cette vallée de laimes, qui ne se trouve pas au moins quelquefois dans la triste situation du saint roi Ezéchias, assailli par toutes sortes d'ennuis, de contrariétés, n'ayant plus rien à attendre ni de soi-même, ni de ceux qui l'entourent ? Que faire en pareille circonstance ? Ce qu'a fait Ezéchias : aller à l'église, y déployer, en tête à tête avec Notre-Seigneur, non pas quelques feuilles de papier sur lesquelles un orgueilleux et un méchant ont tracé avec de l'encre des menaces et des insultes, mais bien y déployer, les uns après les autres, tous les replis de son cœur où la vie, la vie humaine avec son stylet de fer y grave souvent tant dedéceptions, tant de peines et tant de douleurs. te fe

Comme ce prince magnifique de la légende qui laissait tomber sur son passage des séquins d'or qu'il avait exprès mal cousus à sa pelisse, Jésus, lui aussi, aura des faveurs sans nombre qui sans cesse se détacheront de sa blanche robe eucharistique. Il suffira de se baisser pour les ramasser. Vous ferez comme •cette femme de l'Evangile : vous toucherez seulement le Maître à la frange de son vêtement, vous le toucherez par la foi, par la prière et vous sentirez la vertu secrète qui s'échappera toujours de lui. Vous sortirez de vos églises, riches de grâces.

Vous devez ensuite vous offrir tout entiers à lui. Offrez-lui votre cœur ; confiez-lui vos desseins, vos projets, vos désirs, vos inquiétudes. Non pas que par lui-même il ne connaisse pas tout cela ; mais il aime qu'on lui en parle comme s'il l'ignorait. Il veut qu'on lui témoigne par là combien notre amour doit être confiant et plein d'abandon.

Offrez-vous tout entiers à Jésus et dites-lui du fond du cœur :

O Pasteur suprême, Soumis à ta loi Pour toujours je t'aime Et me donne à Toi.

Offrez-vous à lui ; offrez-lui le passé enseveli dans son sang ; offrez-lui le présent qu'il sanctifie, l'avenir que vous confiez à sa Providence ; offrez-lui votre esprit avec ses lumières, votre cœur paré de tendresse et d'amour, votre volonté pleine de bons désirs.

Enfin prenez de bonnes résolutions et demandez-lui la grâce d'y être fidèles. Tirez de vos considérations spéculatives quelques applications pratiques, portant sur les insuffisances et les négligences les plus habituelles de votre vie intérieure.

Les Saints se servaient de toutes sortes de moyens pour se rappeler ces sentiments qui nous animent au pied du tabernacle. L'un d'eux se servait du mot ARDOR. La première lettre lui disait qu'il fallait d'abord adorer Dieu présent dans l'église. La deuxième lettre R lui disait de le remercier, de lui

témoigner sa reconnaissance pour les nombreuses faveurs reçues de lui. La troisième D lui rappelait qu'il devait demander de nouvelles faveurs. La quatrième 0 lui disait de s'offrir tout entier à ce Dieu si bon, et enfin la cinquième R lui ordonnait de prendre la ferme résolution de lui être à jamais fidèle, celle de venir souvent faire visite à Jésus-Hostie.

Vous ne traiterez donc pas Jésus dans le tabernacle comme un saint Alexis sous l'escalier. Vous vous rappelez l'histoire de ce saint déguisé en mendiant ; il frappe à la porte de la maison paternelle sur l' Aventin ; il demande l'hospitalité. On lui offre une chambre sous l'escalier. Dans le jour on lui apporte du pain et de l'eau ; c'est tout ce qu'il demande. Un jour, on le trouve mort. A côté de son corps gisait un morceau de papier sur lequel étaient écrits ces mots : " Mère bien-aimée, adieu et merci. Ton fils, Alexis. " La mère reconnaît les traits de son fils ; elle se jette sur son cadavre et l'arrose de ses larmes. " Alexis, mon fils, s'écrie-t-elle, que ne t'ai-je connu plus tôt ! Tu étais logé dans ma maison, sous mon toit et je n'en savais rien. Pardonne-moi. "

Faites en sorte de n'avoir pas à vous adresser le même reproche à l'heure de votre mort. Comme la mère d'Alexis, demandez pardon à Jésus, si quelquefois vous avez paru l'abandonner. Faites-lui la promesse de ne plus l'oublier. Comprenez toujours le don de Dieu et comptez au nombre de vos plus précieux instants ceux où prosternés devant les tabernacles, vous pourrez vous entretenir avec votre auguste Maître, dans le silence du recueillement et de la prière.

Un militaire venait chaque jour dans une église de Paris et se tenait une heure durant immobile devant le tabernacle. Le curé étonné s'était demandé plus d'une fois si ce soldat priait et pourquoi, au lieu de s'agenouiller et de courber son front, il se tenait debout et l'œil tourné vers l'autel. Un soir, il l'aborda et lui dit : " Mon ami, si ma question ne vous paraît pas indiscrète, veuillez m'expliquer, je vous prie, votre attitude toute guerrière devant le Dieu de paix. " " Ce que

je fais, répond le soldat, d'un ton respectueux mais énergique. . . de temps en temps je suis sous les armes à la porte de mon général. Il y a ici certes plus que mon général. Il y a le Dieu du ciel et de la terre. C'est mon devoir et mon bonheur tout ensemble de faire la garde devant le tabernacle, et par là je prélude à la future et sublime occupation dans le ciel ; car * une fois dégagé des liens qui m'attachent à la terre, j'irai dans la maison de mon Dieu le voir et le bénir à jamais. Je fais la garde devant le tabernacle et je voudrais n'être jamais relevé de ce devoir ; vivre ici et y mourir me serait si doux ! "

Je fais la garde devant le tabernacle ! O la belle parole i Désormais, vous aussi, faites souvent la garde devant le tabernacle. Le plus souvent possible, soyez là comme le courtisan devant son roi, comme le malade devant son médecin, comme le pauvre devant le riche compatissant qui prend pitié de sa misère. Que votre tête vienne souvent se reposer sur le cœur adorable du Sauveur, de ce Dieu d'amour, de miséricorde et de paix, de cet Agneau qui continue à être immolé pour les péchés du monde et qui ne se plaint jamais ; vous viendrez apprendre là la patience, le sacrifice, l'amour des âmes, l'amour de ceux surtout qui ne veulent pas le suivre ; loin de tout bruit de tout regard, vous passerez des heures bénies ; vous vous mettrez au cœur des joies et des félicités qui seront la récompense de votre amour et le gage de votre bonheur. Vous éprouverez le besoin de dire :

O Roi des cieux !

Vous nous rendez tous heureux ;

Vous comblez tous nos vœux

En résidant pour nous dans ces lieux.

ou de chanter cette belle strophe :

Qu'il est heureux celui qui te contemple

Et qui soupire au pied de tes autels ;

Un seul moment qu'on passe dans ton temple

Vaut mieux qu'un siècle aux palais des mortels.

Vous constaterez que Jésus dans l'Eucharistie est la vraie

joie de l'âme, comme le soleil est la joie de la nature, le feu la joie du foyer, la fleur la joie du parterre, la patrie la joie de l'exilé et le sourire de l'enfant la joie de la mère. Vous direz alors avec le Prophète : " Un jour passé dans vos tabernacles, Seigneur, donne plus de joie que mille dans les palais des rois. "

Si vos sentiments pouvaient être ceux du grand Suarez ! Cet auteur protestait qu'il aimerait mieux perdre toutes ses connaissances théologiques qu'un quart d'heure de communication avec Dieu au pied de l'autel. C'est parce qu'il appréciait à leur valeur les actes de foi, d'espérance, d'amour, d'adoration, d'abaissement de soi-même devant la divine Majesté. Il savait où ces différents actes peuvent nous conduire, quelle récompense ils méritent pour la vie présente et pour l'éternité. Il savait ce qu'ont coûté à Jésus-Christ chacune de ces bonnes pensées, de ces saintes impressions, toutes ces grâces, en un mot, qui nous sont accordées avec tant de libéralité, lorsque nous vaquons à ce saint exercice au pied de l'autel.

Pourquoi tous les prêtres de l'archidiocèse ne feraient-ils pas partie de l'œuvre des prêtres adorateurs, instituée par le Révérend Père Eymard, fondateur de la Congrégation du Saint- Sacrement. Des milliers et des milliers de leurs confrères, dans toutes les parties du monde, se sont enrôlés dans cette Association et en remplissent fidèlement les obligations, dont la principale est de faire une heure d'adoration devant le Saint- Sacrement une fois par semaine, au jour et au moment qu'ils ont choisis.

Cette heure d'adoration pourrait être assimilée à une petite retraite hebdomadaire et devenir, dans la vie du bon Prêtre, le grain de sénevé qui grandit rapidement et étend bientôt de toutes parts ses rameaux et ses fruits.

Il est certain que le jour où vous aurez passé une heure entière devant le Saint-Sacrement, si vous êtes ensuite appelés soit à monter en chaire, soit à entendre des confessions, soit à visiter des malades ou des mourants, vous trahirez, comme malgré vous, le secret d'une plus grande intimité avec Jésus-

Christ, par des accents plus persuasifs, par une charité plus communicative, par une action plus décisive et plus durable sur les âmes.

Il est certain qu'après avoir apprécié les joies et les avantages de cette heure intégrale d'adoration, vous trouverez bien courtes les visites moins longues assignées aux autres jours de la semaine et que vous ne voudrez pas y manquer.

Il est certain aussi que si vous donnez cette heure à Jésus- Hostie, le reste de la semaine se ressentira de cette heure bienheureuse ; à cause d'elle, vous ferez plus de choses et vous les ferez mieux.

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