MÉDITEZ BIEN ^IMPORTANCE DE CE1TE PROPAGANDE
Apprenez donc à méditer, à aimer les mystères de Notre- Seigneur, principalement sa vie eucharistique, sa présence réelle et perpétuelle dans nos saints tabernacles, son immolation par nos mains au saint autel, son corps sacré et son sang adorable donnés en nourriture à nos âmes.
Pensez-y souvent. Quel chef-d'œuvre que l'Eucharistie ! Quel bienfait ! Un Dieu hôte du ciel, sans quitter son trône où il reçoit les éternels hommages des anges et des élus, vient fixer sa demeure au milieu des enfants des hommes ; un Dieu, pain vivant des habitants de la patrie, se fait le pain des voyageurs et des exilés ! Un Dieu déjà immolé sur la croix, s'immole chaque jour sur nos autels et répand autour de lui les mérites infinis de son sacrifice !
Pensez-y et vous aurez toujours son souvenir dans l'esprit, son nom sur les lèvres, son amour au cœur.
Pensez-y et alors il vous sera impossible de voir de sang-froid Jésus-Christ présent dans nos églises et abandonné comme s'il n'y était point ; Jésus-Christ criant à tous : " Venez à moi ", et presque personne n'allant à lui ; Jésus-Christ s'offrant pour être aux âmes un pain de vie et tant de chrétiens dédaignant cette nourriture. Vous ressentirez à cette vue quelque chose de ces mouvements tendres et douloureux qu'éprouvait saint Paul au milieu d'Athènes infidèle : Incitabatur spiritus ejus in ipso. Et vous n'aurez pas de repos avant que vous ayez réussi à faire mieux connaître et aimer le Dieu inconnu ; vous cher-
cherez alors les moyens de faire fleurir dans vos paroisses la dévotion peut-être trop languissante au ;Très-Saint-Sacrement ; vous découvrirez des industries pieuses, toutes plus propres les unes que les autres, à propager cette dévotion dans les âmes.
Pour l'amour de Notre-Seigneur, pour la consolation de son Sacré-Cœur, pour la gloire de son Sacrement adorable et si peu adoré, pour l'amour des âmes qui sont confiées à votre sollicitude paternelle et pastorale, pour la résurrection religieuse de vos paroisses, pour votre propre sanctification, donnezvous sans doute tout entiers à l'Eucharistie : vos yeux pour la contempler, votre langue pour la consacrer et la chanter, vos mains pour la répandre, vos genoux pour l'adorer, vos pieds pour la porter, votre cœur surtout pour l'aimer.
Mais ayez aussi à cœur de travailler sans cesse à faire mieux aimer autour de vous Jésus-Hostie. Soyez la bonne odeur de Jésus-Christ qui doit passer en ses disciples, les pénétrer, les imprégner profondément.
Quelle consolation du ministère paroissial que celle de révéler aux âmes les trésors cachés du grand mystère du Christianisme, et que de les voir, connaissant mieux la présence du Christ eucharistique et les immenses ressources du Sacrement de vie, accourir plus avides, mieux préparées, au banquet céleste, plus confiantes autour du tabernacle où il vit pour elles !
La fécondité spirituelle du prêtre, ne l'oubliez pas, embrasse un double objet : sa propre personne et les âmes qui lui sont confiées. Produire en lui-même des fruits de vertu, de sainteté, et en produire dans les âmes en les rendant vertueuses, en les sanctifiant, tel est le travail simultané auquel le prêtre doit être constamment appliqué.
Or la condition indispensable de cette double fécondité, c'est que le prêtre soit uni à Jésus, adhère à Jésus, tire de lui sa sève spirituelle, comme le rameau qui ne peut porter de
fruits, s'il ne demeure adhérant et uni à la vigne : Sicut palmes non potest ferre fructum nisi manserit in vite.
Voilà ce dont vous devez être bien pénétrés. De vous-mêmes vous ne pouvez rien : non potest a semetipso ; car vous n'êtes rien ou du moins, vous n'êtes qu'un rameau et le rameau n'a pas de vie propre. Celle qu'il a, il la tient du cep sur lequel il est né. C'est de la sève du cep qu'il est abreuvé et c'est cette sève qui entretient en lui la vie et le rend fertile.
Or c'est Jésus qui est le cep mystique dont les prêtres sont les rameaux : Ego sum vitis, vos palmites. Aussi il vous recommande de demeurer en lui et d'adhérer à lui si vous voulez vivre et produire des fruits : Manete in me. . . Qui manet in me, hic fert fructum multum.
Et Jésus, la vie et la fécondité des âmes, est dans l'Eucharistie où il communique aux âmes une sève divine qui permet au prêtre de faire bien et de faire le bien.