CONVICTION DES SAINTS
Comme tous les Saints étaient parfaitement convaincus de cette extrême bonté de Marie !
Saint Bernard dit qu'elle est vraiment la terre promise de Dieu, d'où doivent couler le lait et le miel, terra repromissionis, lacté et melle manans. Et il ajoute : " Que pourrait-il jaillir d'une source de bonté sinon la bonté, quid de fonte pietatifprocéder et nisi pietas f "
D'après saint Léon, " telles sont les entrailles de miséricorde dont Marie est douée, qu'elle mérite d'être appelée non seulement une Reine miséricordieuse, mais la miséricorde même."
" C'est pour cela, dit saint Alphonse, que la Sainte Vierge est comparée à l'olivier : quasi oliva speciosa in campis. Car de même que du fruit de l'olivier il ne sort autre chose que de l'huile, symbole de la miséricorde, ainsi des mains de Marie, il ne peut sortir autre chose que des grâces et des miséricordes."
Il faut donc avoir pour Marie un culte tout d'amour ; il faut se conduire avec Elle de manière à éprouver à son égard les tendres émotions de la piété filiale ; il faut avoir un cœur qui l'aime et qui aime Dieu par Elle.
Quelles affectueuses prières les Saints adressaient à cette Mère par excellence !
Saint Ildephonse lui disait : uO ma Souveraine, ô ma Maîtresse, ô ma Dominatrice, Mère de mon Seigneur, je vous implore, je vous invoque, je vous supplie de me donner l'esprit du Seigneur, votre Fils, afin que je goûte ce qui est vrai et digne de vous, que je le dise, que je l'aime. Vous êtes la Bienheureuse de ma foi, la Bienheureuse de mon âme, la Bienheureuse de mon amour, la Bienheureuse de mes louanges, la Bienheureuse de mes discours. "
" O Marie, Mère de Dieu et ma Mère chérie, lui disait sainte Gertrude, revêtez-moi de la toison du véritable Agneau, votre Fils Jésus, afin que son amour me reçoive, me nourrisse, me possède, me sanctifie. Lys brillant, mon unique espérance après Dieu, daignez parler pour moi à votre Fils bien-aimé, dites un mot qui soit efficace et soutenez ma cause avec instance et fidélité. Je vous en conjure, au nom de votre amour
pour Jésus, acceptez-moi pour votre enfant ; occupez-vous de moi avec sollicitude durant tout le cours de ma \ie et surtout prenez-moi tout à fait sous votre maternelle protection à l'heure de ma mort."
Quelle belle prière adressait à Marie saint Anselme ! " Parmi les terreurs qui me poursuivent, disait ce grand saint, dans la crainte qui me glace, O Souveraine très clémente, quelle médiatrice invoquerai-je avec plus de ferveur que celle dont les entrailles ont porté la réconciliation du monde ? Quelle intercession obtiendra plus facilement la grâce d'un coupable comme moi, que la prière de celle qui a nourri de son lait l'universel veDgeur de tous les crimes et le miséricordieux auteur du pardon ? De même, ô Bienheureuse Dame, qu'il nous est impossible d'oublier ces mérites si glorieux pour vous et à nous si nécessaires, ainsi, Vierge pleine de miséricorde, il n'est pas croyable que vous fermiez votre cœur à des malheureux qui vous implorent."
Que de fois nous avons dit cette admirable prière de saint Bernard : " Souvenez-vous, ô très douce Vierge Marie, qu'on n'a jamais ouï dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à vous, qui ont imploré votre assistance et réclamé votre protection, ait été abandonné de vous. Animé d'une pareille confiance, O Vierge des Vierges et notre Mère, j'ai recours à vous, je viens à vous, et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds, O Mère du Verbe. Ne dédaignez pas mes prières mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer."
Et le grand saint ajoutait : " Qui donc, ô Vierge bénie, qui sera jamais capable de mesurer la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de votre miséricorde ? Par sa longueur, elle assistera jusqu'aux derniers jours tous ceux qui l'implorent ; par sa largeur, elle s'étend jusqu'aux extrémités de l'univers ; sa hauteur monte jusqu'à la Cité d'en haut pour en réparer les pertes ; et sa profondeur descend jusqu'aux abîmes pour rendre à la liberté ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort ; car par vous le ciel a été rempli,
l'enfer vidé ; les ruines de la Jérusalem céleste relevées, la vie divine rendue aux malheureux en qui l'avait tuée le péché."
Entendez l'aimable saint François de Sales parlant à Marie : " Je vous salue, Très douce Vierge Marie, Mère de Dieu, vous êtes ma Mère et ma Maîtresse ; pourtant je vous supplie de m'accepter pour votre fils et serviteur, parce que je ne veux plus avoir d'autre Mère et d'autre Maîtresse que vous. Je vous prie donc, ma bonne, gracieuse et très douce Mère, qu'il vous plaise me consoler en toutes mes angoisses et tribulations, tant spirituelles que corporelles. Ayez mémoire et souvenance que vous êtes ma Mère et que je suis votre fils, que vous êtes toute puissante et que je suis un pauvre homme, vil et faible. Partant, je vous supplie, ma très douce Mère, que vous me gouverniez et me défendiez en toutes mes voies et actions. Car, hélas ! je suis un pauvre nécessiteux et mendiant qui ai grand besoin de votre protection. Préservez et délivrez donc mon corps et mon âme de tous maux et dangers et, de grâce, faitesmoi participant de votre sainte humilité, excellente pureté et fervente charité."
" Ne me dites pas, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez pas ; car votre bien-aimé Fils vous a donné toute puissance, tant au ciel que sur la terre. Ne me dites pas que vous ne devez pas; car vous êtes la commune Mère de tous les pauvres humains et singulièrement la mienne. Si vous ne pouviez pas, je vous excuserais, disant : il est vrai qu'elle est ma Mère et me chérit comme son fils, mais la pauvreté manque d'avoir et de pouvoir. Si vous n'étiez pas ma Mère, avec raison je patienterais, disant: elle est bien assez riche pour m'assister, mais, hélas ! n'étant pas ma Mère, elle ne m'aime pas. Puisque donc, Très Saint-e Vierge, vous êtes ma Mère et que vous êtes puissante, comment vous excuserai-je si vous ne me soulagez pas et ne me prêtez pas secours et assistance ? Vous êtes donc contrainte d'acquiescer à toutes mes demandes. Soyez donc exaltée dans les cieux et sur la terre, glorieuse Vierge et Très Sainte Mère ; et pour la gloire et l'honneur de votre Fils, acceptez-moi pour votre enfant, sans avoir égard à mes misères et à mes péchés ; déli-
vrez mon âme et mon corps de tout mal et donnez-moi toutes vos vertus ; faites-moi présent de tous les dons, biens et grâces qui plaisent à la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Ainsi soit-il."