l'office divin
Durant la sainte Messe, le prêtre fait descendre sur le terre Dieu lui-même chargé de grâces et de bénédictions ; à l'office il monte lui-même jusqu'à Dieu pour lui parler des besoins de l'Eglise, des besoins des fidèles confiés à ses soins et des
siens propres. Quand Notre-Seigneur descend avec tant d'amour, le prêtre ne pourrait sans ingratitude monter avec froideur.
C'est Marie qui peut le mieux lui obtenir de goûter son bréviaire et de conformer sa vie aux leçons qu'il lui donne. Aussi l'Eglise veut qu'au commencement de chacune des parties de l'Office, le prêtre, après avoir exprimé à Dieu par l'Oraison dominicale ses sentiments et les besoins de son âme, récite la Salutation angélique et prie Marie d'être auprès de Jésus pour obtenir l'effet de ses demandes. Nul hommage à Marie ne lui est plus flatteur que cette Salutation commencée par un ange, continuée par une Sainte et achevée par l'Eglise. En disant et en redisant à notre Mère du ciel qu'elle est pleine de grâces, que le Seigneur est avec elle, qu'elle est bénie entre toutes les femmes, notre hommage filial trouve le chemin de son cœur pour le charmer et le toucher.
L'Ave Maria bien dit, c'est-à-dire, avec attention, dévotion et modestie est, selon les Saints, l'ennemi du diable qu'il met en fuite et le marteau qui l'écrase ; c'est la sanctification de Tâme, la joie des Anges, la mélodie des prédestinés, le plaisir de Marie et la gloire de la Très Sainte Trinité; c'est une rosée céleste qui rend l'âme féconde ; c'est un baiser chaste et amoureux qu'on donne à Marie ; c'est une rose vermeille qu'on lui présente ; c'est une perle précieuse qu'on lui offre ; c'est une coupe d'ambroisie et de nectar qu'on lui donne. Toutes ces comparaisons sont des Saints.
Avant de commencer chaque partie de l'Office, récitons donc avec amour cette sublime prière. Disons à la Sainte Vierge que nous voulons sincèrement louer et exalter son divin Fils ; mais ne pouvant pas convenablement par nous-mêmes, nous posons dans son cœur aimant chacune de nos paroles, afin qu'elle les enflamme de ses ardeurs et les présente elle-même au cœur de Jésus comme autant d'actes d'amour parfait.
Dans le courant de l'Office, fixons de temps en temps le regard de l'âme sur la Vierge en prière à nos côtés et, pour rappeler
ce souvenir, plaçons aux endroits les plus en vue du bréviaire une image de Marie.
Aux prêtres qui récitent ainsi l'Office sous le regard de Marie pourront s'appliquer ces paroles de saint Alphonse : " Pour eux, l'Office n'est pas un fardeau, mais une consolation et leurs plus chères délices. Et s'il faut l'appeler un poids, c'est le poids de l'aile qui nous élève jusqu'à l'union à Dieu."
Le prêtre pourrait se sentir embarrassé pour exprimer son amour et sa reconnaissance à Marie pour les grâces qu'elle lui a obtenues durant l'Office. Peut-être étant donnée la fragilité humaine, son esprit s'est-il abandonné à des distractions pendant que sa voix psalmodiait les louanges du Seigneur. C'est pour cela que l'Eglise a voulu que l'Office se termine par des formules admirables inspirées par l'Esprit-Saint, toutes lumineuses de doctrine, toutes imprégnées des parfums de la plus suave dévotion.
Ces prières, qu'on appelle les grandes Antiennes, célèbrent sous forme de louanges ou de supplications les principales prérogatives de Marie. Nous la supplions d'offrir à Dieu nos prières tout imparfaites qu'elles soient. Celle que les cieux vénèrent et devant qui l'enfer tremble, celle qui est la plus chère espérance des pécheurs, le plus tendre amour des justes, saura bien faire oublier à Dieu les défauts de nos prières en les lui présentant, en les unissant aux siennes. Quelle supplication ne serait pas agréable au Père céleste, unie aux supplications de celle à qui le Fils de Dieu s'est soumis !
L'Eglise qui sait bien ce que nous gagnon à être assistés en tout ce que nous faisons par la Bienheureuse Marie a donc sagement décrété qu'à la fin de chaque heure canoniale on invoquerait son patronage par la récitation de ces formules admirables.
a) — Le Salve Regina.
C'est le Salve Regina qui est récité à la fin de l'Office durant
la plus grande partie de l'année et, après Y Ave Maria, c'est la plus parfaite et plus efficace prière qui puisse être adressée à la Reine du ciel et de la terre.
Salve Regina, Mater misericordiœ, vita, dulcedo et spes nostra, Salve.
Ad Te clamamus, exules filii Evœ, ad Te suspiramus, gementes et fientes in hac lacrymarum valle. Eia ergo, advocata nostra, illos tuos miséricordes oculos ad nos converte.
Et Jesum bencdictum fructum ventris tui nobis post hoc exilium ostende.
O clemens, 0 pia, 0 dulcis Virgo Maria.
Or a pro nobis, sancta Dei Genitrix.
Ut digni efficiamur promissionibus Christi.
Salut, O Reine de miséricorde notre vie, notre douceur, et notre espérance, Salut. Enfants d'Eve malheureux exilés, nous élevons nos cris vers vous, nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. De grâce, ô notre avocate, tournez vers nous vos regards miséricordieux et, après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles. O clémente, O charitable, O douce Vierge Marie.
Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.
Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.