Le sou venez- vous
Encouragez-les à apprendre par cœur et à réciter tous les jours la touchante prière du " Souvenez-vous/' composée par le docteur dévoué entre tous au culte cle la Très Sainte Vierge, le plus éloquent panégyriste de ses grandeurs et de ses bontés, le pieux et aimant saint Bernard.
Cette prière est le cri de la plus sublime espérance ; c'est la formule la plus exquise du recours filial et du tendre abandon. Ce cri d'espérance et de confiance, cette belle prière, qu'ils la disent souvent. Quel plaisir ils feront à Marie qui du haut du ciel les entendra lui dire : " Souvenez-vous, ô très pieuse Vierge, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance et réclamé votre intercession, ait été abandonné de vous. Animé d'une pareille confiance, ô Vierge des vierges et notre Mère, je cours me réfugier auprès de vous et, gémissant sous le poids de mes fautes, je me prosterne à vos pieds. Veuillez ô Mère du Verbe, ne pas mépriser mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer."
Cette prière si simple, si courte est cependant très efficace et trouve toujours accès auprès du cœur compatissant de Marie. Elle a fait descendre du ciel mille fois plus de grâces qu'elle ne contient de lettres et il n'est pas de prodiges que l'on n'ait obtenus en la récitant avec confiance.
Aussi l'a-t-on appelée " la prière des miracles." Que d'âmes justes elle a soutenues et encouragées dans la pratique du bien, dans la lutte de chaque jour î Combien de pécheurs ont senti renaître leur confiance, en disant : " Souvenez- vous, ô Marie,
qu'on ue vous invoquera jamais en vain ! " Que de fois un criminel jusque là impénitent fondit en larmes en proférant ces douces paroles : " coupable, j 'implore, bonne Mère, votre assistance." Que d'endurcis à l'heure de la mort un " Souvenezvous" a attendris et sauvés de l'enfer !
On a fait beaucoup de cantiques sur le i; Souvenez-vous " et on les chante dans toutes les églises. Un jour quelques jeunes gens à genoux chantaient : Souvenez-vous, ô tendre Mère, qu'on n'eut jamais recours à vous, sans voir exaucer sa prière ". La douce harmonie, le sentiment si bien rendu de cet air inspiré qui les anime, la foule se presse pour les entendre, quand tout à coup celui qui chantait le solo se trouble, sa voix s'altère, il verse quelques larmes d'attendrissement et il s'enfuit. La strophe qui venait de l'impressionner est celle-ci :
" Et moi de mes péchés, traînant la longue chaîne, Vierge Sainte, à vos pieds, j'implore mon pardon. Me voici tout tremblant, et je n'ose qu'à peine Lever les yeux vers vous, prononcer votre nom."
Aussitôt il va se jeter aux pieds d'un prêtre et reçoit son pardon. Et non seulement cet enfant prodigue a persévéré dans le bien, mais il est devenu un saint religieux, un zélé missionnaire.
Que de grâces vos fidèles obtiendront de Marie en récitant le " Souvenez-vous " dans le sentiment pénétré de leurs misères et de confiance envers cette tendre Mère, toujours le refuge assuré des pécheurs.