LES LITANIES
Faites en sorte aussi que vos fidèles récitent souvent les litanies de la Sainte Vierge qui sont incontestablement une des hymnes les plus riches, les plus complètes, les plus respectables par l'antiquité et les plus agréables par la variété qu'on puisse adresser à Marie. Dans l'ensemble si bien coor-
doDné de noms, de titres, de qualifications que Ton donne à Marie dans cette prière, se trouve l'hommage le plus magnifique de louanges, le concert le plus beau et pour elle le plus agréable qui puisse s'élever de la terre au ciel où elle habite. C'est la panégyrique le plus éloquent de tout ce que Dieu a fait pour l'honneur de cette illustre Vierge, de tout ce qu'elle-même a fait pour l'honneur de son Fils, de tout ce qu'elle a fait et continue de faire pour les hommes depuis le jour où, placée au faîte des cieux, elle y partage le pouvoir avec son divin Fils. C'est tout à la fois l'éloge le plus complet de ses glorieuses prérogatives, de ses suréminentes vertus et le plus touchant à sa miséricorde et à sa puissance.
Les litanies sont le livre du cœur, d'un cœur pur et chaste qui veut se conserver tel, d'un cœur coupable qui espère, d'un cœur aimant qui s'épanche, d'un cœur qui souffre et qui désire être consolé ; c'est le cri de toute misère vers ce qu'il y a après Dieu de plus riche, de plus puissant, de plus charitable. Par conséquent dans quelque position qu'un chrétien se trouve, de joie ou de tristesse, d'abondance ou de privation, d'inquiétude ou d'espérance, de vif amour ou de tiédeur, ces touchantes acclamations à Marie lui ouvriront son cœur de Mère dans lequel il pourra puiser le rafraîchissement, la consolation, la force, le courage, la ferveur. C'est comme une divine pharmacie ouverte à tous les besoins et pourvue de remèdes pour tous les maux.
Un jour Sainte Chantai, voyant toutes ses religieuses agenouillées devant une image de Marie, leur dit d'une voix toute céleste : " Approchez plus près, mes filles, et récitons ensemble les litanies de la Sainte Vierge, vous souvenant que nous parlons à une Mère, dites avec moi : Je suis faible, Marie, mais vous êtes la Vierge puissante, revêtez-moi de votre force ; — j'ai besoin de grâces, mais vous êtes la mère de la grâce divine, épanchez-la sur moi ; — je suis ignorante dans les voies du salut, siège de la sagesse, éclairez-moi ; — je suis triste, désolée, consolez-moi ; — vase insigne de dévotion, versez sur moi votre foi et vos ardeurs ; — porte du ciel toujours
ouverte, introduisez-moi dans le séjour des splendeurs éternelles.
C'est ainsi qu'elle trouvait dans chacune des invocations un remède à tous les besoins de l'âme.