AMOUR DE MARIE DANS LE PASSÉ
Aussi tous les peuples chrétiens ont eu une grande vénération pour cette Reine du ciel et de la terre. Ils ont consacré des jours, des semaines, des mois, au culte de Marie ; ils ont établi des solennités en l'honneur de ses mystères ; ils ont dressé des autels, élevé des statues, bâti des sanctuaires, édifié des basiliques, en l'honneur de son nom ; ils ont prodigué l'or, l'argent, les pierreries, ils ont épuisé toutes les ressources de l'art et toutes les richesses de la nature, pour lui offrir des œuvres dignes d'ello.
Les guerriers lui ont apporté leur épée, les rois leur couronne, les orateurs leur parole éloquente, les riches une partie de leurs biens, les pauvres lui ont fait don de leur cœur. Tous les chrétiens se sont tournés avec confiance vers Marie, attendant de sa compassion la délivrance des maux qui les affligeaient et, de sa bonté, tous les biens qu'ils désiraient ardemment.
Dans les troubles de son esprit,, en face de ténèbres inquiétantes, de doutes désespérants, au moment d'un choix périlleux à faire, d'une embarrassante décision à prendre, le chrétien, pour obtenir la vue juste de la vérité ou la circonspection de la prudence, s'est toujours réclamé auprès de Dieu de celle qu'il saluait sous le nom de Notre-Dame du Bon-Conseil.
Dans les troubles de son cœur, quand sa conscience était en proie à des remords cuisants, à des tempêtes qui ne laissent pas un instant de repos, c'est aux pieds de Marie que le chrétien s'est toujours jeté, en l'invoquant sous le titre de Notre-Dame de la Paix.
Quand la tentation l'agitait, c'est Notre-Dame du Perpétuel- Secours que le chrétien a toujours appelé à son aide.
Etait-il sollicité par de généreuses ardeurs, voulait-il marcher à grands pas dans la voie du devoir et de la vertu ? Il s'est toujours porté en avant sous les auspices de Notre-Dame de l'Espérance.
Avait-il le bonheur de voir ses efforts couronnés de succès, avait-il droit de se réjouir ? Il l'a toujours fait sous les yeux souriants de Notre-Dame de Liesse.
Dans Jles dangers pressants, il s'est toujours recommandé à Notre-Dame de la Garde ; dans la tristesse et l'angoisse, il a invoqué Notre-Dame de la Délivrance ; si la délivrance ne se produisait pas, il se réfugiait sous le manteau de Notre-Dame de la Consolation et si la consolation ne venait pas assez vite, il se résignait en compagnie de Notre-Dame des Douleurs.
On peut Pafîirmer avec certitude, il n'y a pas un événement
dans la vie morale, dans la vie intime du cœur ou de l'intelligence qui n'ait fourni au chrétien l'occasion d'un recours à Marie, d'un élan de confiance en sa miséricorde, d'une prière touchante à sa puissance, d'une invocation en son honneur pieusement significative. " O témoignage d'une âme naturellement chrétienne ! " s'écriait autrefois Tertullien, en se rappelant le cri immense et spontané de toute âme humaine vers son Dieu.
G témoignage d'une âme naturellement dévouée à Marie ï Anima naturaliter Mariana, faut-il s'écrier à la vue de ce concert de toutes les nations dans les honneurs qu'elles lui ont rendus. Son propre oracle s'est accompli : toutes les nations l'ont proclamée bienheureuse. Elle a régné sur tous les cœurs par ses charmes ; tous ont ressenti l'empire de ses attraits ; pour tous elle a été le siège de la sagesse, le fleuve de la clémence, le rayon de la Divinité. La voix unanime des peuples, le grand nombre de bienfaits puisés à son sein maternel, tout nous exhorte4 à publier sa gloire.