LE SCAPULAIRE
Ne l'oubliez pas, vous avez à voir non seulement à ce que vos fidèles soient reçus dans la Confrérie du Scapulaire, mais vous devez leur faire comprendre l'honneur et les avantages qu'il y a à porter ce vêtement, ces livrées de Marie. Vous leur rappellerez de temps en temps l'origine de cette Confrérie et les promesses faites par la Sainte Vierge à ceux qui en feraient partie.
Tous sont appelés à posséder dans l'autre vie le glorieux héritage du ciel. Si un ange venait leur apporter un gage leur donnant l'assurance d'être admis un jour dans la société des élus, au paradis, avec quels transports de joie et de reconnaissance ils recevraient ce gage.
Eh bien ! ce n'est pas un aDge, c'est la Reine de tous les anges, c'est la Très Sainte Vierge, Mère de Dieu, qui est venue sur la terre nous donner cette assurance précieuse.
Elle a daigné apparaître un jour au Bienheureux Simon Stock et, lui présentant un scapulaire quelle tenait dans ses mains, elle lui dit : " Mon fils très aimé, reçois ce scapulaire comme le signe de ma Confrérie. Quiconque mourra revêtu de cet habit sera préservé du Jeu éternel" C'est un signe de salut, une sauvegarde dans les dangers et d'alliance éternelle.
Quelques années plus tard, elle apparut au Pape Jean XXII et promit de délivrer promptement du purgatoire, surtout le samedi qui suivrait leur mort, les âmes des membres de la Confrérie du Carmel.
D'après ces révélations on peut croire pieusement que ceux
qui meurent revêtus du scapulaire du Mont-Cannel trouvent grâce devant Dieu et sont préservés du feu de l'enfer. On peut croire pieusement que Marie leur obtient la grâce de la persévérance ou celle d'une sincère coDversion.
Parmi les préoccupations qui nous assiègent il en est une qui revient souvent à notre esprit. Nous nous demandons avec anxiété quel sera notre sort dans l'autre vie. " Personne, dit saint Grégoire le Grand, ne peut connaître, tant qu'il vit sur la terre, le sort éternel qui l'attend." Nous sommes certains de quitter le lieu de notre exil, mais à moins d'une révélation toute spéciale de la part de Dieu, faveur qu'il accorde très rarement, nous ignorons si nous serons admis dans le céleste royaume.
Oh ! qu'elle est bonne la Très Sainte Vierge Marie, de nous avoir apporté un gage assuré de notre salut ! Quel bonheur pour nous de penser qu'en portant pieusement le scapulaire sur nous, au moment de la mort, nous serons préservés des flammes éternelles.
Le second privilège attaché au scapulaire du Carmel est la prompte délivrance du purgatoire. Tous le savent, les Docteurs de l'Eglise enseignent que la peine la plus légère du purgatoire surpasse toutes les peines qu'on peut endurer en ce monde. La Sainte Vierge, dans sa compassion maternelle, a promis de délivrer promptement du purgatoire les âmes de ceux qui feraient partie de la Confrérie du Carmel et c'est là une grande grâce dont il faut tenir compte.
Puis la Sainte Vierge a affiimé que Je scapulaire est un gage de sa protection spéciale. Comme cette promesse doit nous faire tressaillir de bonheur et comme notre âme doit aimer aller s'abriter sous les ailes de Marie avec ses livrées virginales ! Dieu lui à donné le plus riche, le plus aimant des cœurs pour nous aider en nos jours de dangers. Elle est l'amie généreuse des cœurs purs, la gardienne vigilante de l'innocence et le secours des chrétiens, le refuge des pécheurs et de tous ceux qui souffrent. Mère de miséricorde, elle a pour tous des parfums,
des joies, des espérances. Alors quelle cause de joie pour les confrères du scapulairc, puisqu'elle les a déclarés et nommés ses enfants privilégiés ! " Le scapulaire, a-t-elle dit, c'est le gage de ma protection spéciale."
Voyez donc à ce que tous vos fidèles soient membres de cette Confrérie ; recommandez-leur de ne jamais quitter leur scapulaire ni le jour ni la nuit, de ne jamais passer quoique temps sans l'avoir sur eux ; car ils pourraient être surpris par la mort dans cet intervalle et être privés des avantages qui lui sont attachés.
Et la pensée, la vue du scapulaire reposant sur sa poitrine, ne suffit-elle pas au chrétien pour le porter au respect de luimême, pour lui inspirer l'horreur du péché sous le regard de sa Mère Immaculée ? Le scapulaire, comme l'indique son nom, est maintenant une espèce de cuirasse contre les ennemis du salut.
On raconte qu'un roi de Pologne, nommé Boleslas VI, portait nuit et jour à son cou le portrait de son père, comme le témoin de sa conduite et le guide de ses actions. Fallait-il prononcer un arrêt, s'agissait-il de quelque affaire importante pour sa couronne ou pour sa gloire ? Il regardait d'abord fixement l'image de son père et lui disait ces paroles admirables : " Mon père, ne souffrez pas que je trahisse votre sang ; ne permettez pas que ma langue prononce aucune parole ou que ma main fasse aucune action indigne de votre nom ou du haut rang où vous m'avez placé."
Par le saint scapulaire, le chrétien porte lui aussi sur son cœur l'image de la Très Sainte Vierge. Le souvenir de cette Mère doit être pour lui une exhortation constante et pressante à toute vertu et, à l'exemple du sage Boleslas, il ne se permettra ni dans ses actes, ni dans ses paroles, ni dans ses pensées, rien qui dérogera à sa sublime qualité d'enfant de Marie.
13. — Marie dans l'administration des sacrements Que le prêtre peut facilement communiquer aux fidèles son
amour de Marie dans l'administra tion des sacrements !
D'abord, n'administrez jamais un sacrement sans vous recueillir un instant auparavant, sans vous unir à votre Mère du ciel et la prier de faire que vous ne soyez pas seulement un canal qui communique la grâce aux autres, mais qu'en passant par vos mains, elle vous sanctifie vous-mêmes. Comme prêtres, vous remplacez Jésus-Christ dans l'administration des sacrements ; et Marie n'est-elle pas l'aide de Jésus, par conséquent votre aide ? C'est donc avec elle, et sous son regard que vous devez vous acquitter de ces fonctions sacrées.
Le sacrement que vous avez le plus souvent à administrer est bien celui de la Pénitence ; et la confession est bien aussi pénible que dangereuse. Aussi prenez vos précautions.
Avant d'entrer au confessionnal, unissez-vous à Marie ; priez-la de vous obtenir pour votre intelligence les lumières nécessaires, pour votre cœur la bonté et la douceur de Celui au nom duquel vous allez absoudre, pour votre âme la force de se garder pure et sans taches au milieu des dangers.
C'est au confessionnal, peut-être encore plus qu'en chaire, que le prêtre doit répandre et peut cultiver la dévotion à Marie. Là il parle, non plus pour tout un auditoire, mais pour Pâme des pénitents en particulier, et les paroles adressées à une âme déterminée ont toujours une efficacité que n'a pas la parole publique et générale.
Quelle influence un prêtre épris de Marie peut exercer sur l'âme de ses pénitents î Quels moyens puissants il trouve dans sa chère dévotion pour inspirer aux pécheurs la haine du mal ; aux tièdes un élan pour le bien ; aux âmes pieuses de la générosité pour monter toujours plus haut !
Ne laissez jamais sortir un pénitent du confessionnal sans lui avoir dit au moins quelques mots de la Très Sainte Vierge, sans lui avoir recommandé de recourir à elle dans les peines et les tentations et lui avoir conseillé quelques petites pratiques en son honneur.