‹ áA mes prãetresChapitre 7 sur 35 · voix de l'église · texte numérisé non relu

voix de l'église

Tous ces témoignages sont certainement des plus imposants par leur étonnant accord et par le ton de certitude dont ils sont empreints. Il ne faudrait pas croire que ce ne soit là qu'une pieuse exagération d'esprits exaltés qui aiment à se grossir le mérite de leur dévotion envers l'auguste Vierge. Ce serait une funeste erreur.

Toutes ces voix, si autorisées et si éclatantes qu'elles soient ne sont qu'un écho en quelque sorte affaiblie de la grande voix de l'Eglise. Cette belle et consolante doctrine des Saints, l'Eglise l'a confirmée admirablement dans sa liturgie, en invoquant Marie comme " le salut des infirmes, le refuge des pécheurs, le secours des chrétiens ;" en lui appliquant les paroles suivantes de la Sagesse éternelle : " Sur moi est fondée toute espérance de vie et de vertu. Celui qui me trouve, trouve la vie et puisera les eaux du salut qui nous viennent du Seigneur. Ceux qui agissent avec moi ne pèchent pas et ceux qui me louent auront la vie étemelle."

L'Eglise depuis sa fondation a déployé toutes les magnificences du langage pour célébrer le pouvoir et la bonté de la Reine des cieux, soit par l'application qu'elle a faite à la Sainte Vierge des textes inspirés par l'Esprit-Saint, soit par les paroles qu'elle met sur les lèvres du prêtre durant le saint sacrifi

de la messe, soit par les offices en son honneur qu'elle prescrit dans sa liturgie aux ministres de Dieu.

Dans son office quotidien, elle n'adresse pas une prière à Dieu sans la lui présenter par Notre-Seigneur Jésus-Christ et sans recourir secondairement à l'intercession de Marie. La Sainte Vierge occupe en effet dans la prière publique une place prépondérante. La prière canoniale commence par le Pater, lequel est toujours suivi de Y Ave Maria, et elle se termine par une des grandes Antiennes à la Très Sainte Vierge, l'Eglise confiant ainsi ses louanges et ses supplications à la Céleste Médiatrice pour qu'elles soient agréées de Dieu.

Un mot, un seul mot que l'Eglise prononce pèse plus dans la balance de notre foi, de notre estime, que tous les raisonnements, toutes les réflexions réunies des plus beaux génies, des plus grands saints.

Qu'il est donc consolant, qu'il est doux pour nous d'entendre l'Eglise de Jésus, constituée par Lui comme la grande institutrice des nations et des croyants, proclamer avec tant d'autorité la souveraineté des miséricordes de Marie !

Comment ne pas tressaillir de bonheur en l'entendant nous dire que Marie est une Mère de miséricorde, notre vie, notre espérance, Salve Mater misericordiœ, vita, spes nostra ! Et comment aurait-elle osé se servir de ces étonnantes paroles qui semblent n'appartenir qu'à Jésus, si Jésus lui-même ne les lui avait inspirées ?

Jésus-Christ fut toujours pénétré d'une tendresse infinie pour Marie ; il l'a choisie pour sa Mère ; il l'a comblée de ses grâces ; il l'a placée à sa droite. Après tant de marques de bienveillance de la part de Dieu comment l'Eglise n'aurait-elle pas pour cette auguste Vierge les plus vifs sentiments de tendresse et de vénération, comment ne se réjouirait-elle pas de son bonheur et n'applaudirait-elle pas à son triomphe ?

Et cet enseignement de l'Eglise et des Saints ne donne pas seulement une bien douce consolation à nos cœurs ; il offre aussi une entière satisfaction aux exigences de notre esprit.

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