‹ Aa pays des ajoncsChapitre 23 sur 37 · PAUVRES AMES · texte numérisé non relu

PAUVRES AMES

J'ai grand pitié des faibles âmes, Eternel jouet du destin, Q.ui brillent à peine un matin.

Pauvres, pauvres petites flammes !

Ah ! ce matin, qu'il est charmant !

Et quel souvenir on en garde !

Comme il vous suit et vous regarde, Bleu toujours ineffablement !

Dans un flot de lumière blonde S'éveille le village heureux Hourrah ! Place à l'aventureux Qui s'en va conquérir le monde !

Et l'eau vive et le bois chenu

Disent en vain à Tinfidèle :

— « Reste-nous! » — Comme riiirondelle,

Il se lance dans l'inconnu.

Du haut des monts que l'aube irise Que l'univers lui paraît grand !

Que l'air des bois est enivrant !

Comme la mer fuit sous la brise !

Hélas ! voici qu'aux premiers pas, Lassé de sa course sublime, Il chancelle. — Et, là-bas, la cime Resplendit, qu'il n'atteindra pas !

Pourtant il est plein d'espérance ;

Il se confie en sa bonté.

Des rêves d'immortalité

Lui tombent du soleil de France.

Quelques mots du rite chrétien Flottent encore en sa mémoire ; S'il doute, hésite, et ne peut croire.

Il voudrait faire un peu de bien.

Ame d'amour et de faiblesse.

Cœur simple, presque adolescent,

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