PAUVRES AMES
J'ai grand pitié des faibles âmes, Eternel jouet du destin, Q.ui brillent à peine un matin.
Pauvres, pauvres petites flammes !
Ah ! ce matin, qu'il est charmant !
Et quel souvenir on en garde !
Comme il vous suit et vous regarde, Bleu toujours ineffablement !
Dans un flot de lumière blonde S'éveille le village heureux Hourrah ! Place à l'aventureux Qui s'en va conquérir le monde !
Et l'eau vive et le bois chenu
Disent en vain à Tinfidèle :
— « Reste-nous! » — Comme riiirondelle,
Il se lance dans l'inconnu.
Du haut des monts que l'aube irise Que l'univers lui paraît grand !
Que l'air des bois est enivrant !
Comme la mer fuit sous la brise !
Hélas ! voici qu'aux premiers pas, Lassé de sa course sublime, Il chancelle. — Et, là-bas, la cime Resplendit, qu'il n'atteindra pas !
Pourtant il est plein d'espérance ;
Il se confie en sa bonté.
Des rêves d'immortalité
Lui tombent du soleil de France.
Quelques mots du rite chrétien Flottent encore en sa mémoire ; S'il doute, hésite, et ne peut croire.
Il voudrait faire un peu de bien.
Ame d'amour et de faiblesse.
Cœur simple, presque adolescent,