PAUVRES AMES I
En sa peine il est innocent Jusqu'à sourire à qui le blesse.
Les femmes ont les yeux si doux !
Si candide est l'adieu des roses !
Il se dit de si tendres choses, Vers le soir, dans le bois des houx !
Comme un éclair déchire l'ombre, Souvent triste et parfois chantant.
L'amour illumine un instant Sa nuit, qui redevient plus sombre.
Le voilà prêt à repartir, Et tout se teint d'un bleu céleste.
Une heure après il ne lui reste Qu'un peu de cendre, un repentir.
En vain, s'entr'ouvre l'églantine, — Halte, lialte ! Qlu donc vient là ? — Eh ! l'éternelle Dalila Guidant la horde philistine.
Et c'est bien fini désormais.
Car tout l'irrite et tout le froisse.
Il attend, plongé dans l'angoisse, Un secours qui ne vient jamais.
Tandis que le soir va descendre, Le soir trouble qui fait rêver, Il se cherche sans se trouver, S'interroge sans se comprendre.
Comme ces grands oiseaux de mer Qu'on entend crier dans l'orage.
Sans force, désir ni courage Il flotte, flotte au gré de l'air.
Du profond de sa solitude.
Il se contente de pleurer.
Il voudrait encore espérer, Il en a perdu l'habitude.
O chères âmes du bon Dieu, Eternellement douloureuses, Combien vous seriez plus heureuses, Alouettes du grand ciel bleu !
DOUCEUR
DOUCEUR
De la musique avant toute chose !