‹ Abailard et Héloise; essai historiqueChapitre 12 sur 66 · CONTENANT LE RÉCIT DE SES MALHEURS · texte numérisé non relu

CONTENANT LE RÉCIT DE SES MALHEURS

Souvent l'exemple est plus puissant que la parole pour exciter ou pour calmer les atl'eetious humaines. Aussi, après vous avoir fait entendre une voix consolante, je veux ix lracer à vos yeux le tableau de mes infortunes. Puisse-til vous consoler tout à fait 1 En comparant mes malheurs et les vôtres, vous reconnaîtrez que toutes vos épreuves ne sont rien ou qu’elles sont peu de chose , et vous aurez plus de patience à les supporter.

Je suis né dans un bourg situé à l’entrée de la Bretagne, environ à huit milles de Nantes, du côté de l’Est, et app<*lé le Palais. Si je dus au sol natal ou à la vertu du sang la It'gèreté* de mon cai'actère, je reçus aussi de la nature une grande aptitude pour la science. Mon père, avant de ceindre le baudrier du soldat, avait reçu quelque teinture des lettres, et plus lard il se prit pour elles d'une telle passion, qu’il voulut donner successivement à tous ses fils

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