A AMI
en amertumes de l’Ame. La calomnie a été plus cruelle que l’acier, et les atteintes portées à ma réputation me font un plus dur supplice que les organes retranchés de mon corps. Car, ainsi qu’il est écrit, une Iwnne renommée vaut mieux qu’une grande richesse'. Saint Augustin dit, dans un sermon sur la vie et les mœurs du clergé * : a (À‘lui qui SC tic à sa conscience et néglige sa réputation est cruel à lui-méme. » Et plus haut : « Cherchons à faire le bien, dit-il, non seulement devant Dieu, mais encore devant les hommes *. C’est assez pour nous du témoignage de notre conscience ; mais nous nous devons aussi de maintenir notre réputation pure et sans tache. La conscience et la réputation sont deux choses : la conscience est relative à vous-méme; la réputation au prœhain. » liais la maliec de mes ennemis n’aurait point épargné le Christ lui-méme ni ses membres, c’est-à-dire h’s Prophètes, les Apôtres, les saints Pères, s’ils eussent vécu du même temps, puisqu’ils les auraient vus, intacts dans leur chair, s’entourer principalement de femmes, et vivre avec elles dans une si familière intimité ! Saint Augustin, dans son livre sur l'œuvre des moines, prouve que les femmes étaient les compagnes si inséparables de notre Seigneur Jésus-Christ et des Apôtres, qu’elles les suivaient môme dans les prédications. Dans le cortège des fidèles dont ils marchaient toujours entourés, on voyait plusieurs femmes pourvues des biens du monde, qui entretenaient autour d eux l’abondance, pour qu’ils ne manquassent d’aucune des clioses nécessaires à cette vie. Uuiconque pourrait penser que les apôtres ne permettaient point à ces saintes
1 Sslomon, Proverb. xxii.
* Sermon lu.
• St. Faut, Rom. xii.