II.11UK u'ilkKlïSI
ir.x
Kniiii, si, à IVxcliision dos hoinnios, nous iracrordons l'Iiospitalité qu’aux IVuiiues, coinhioii u’irritoious-nous pas fontro nous les preiuicis, à qui la faiblossc de notre sexe nous force si souvent d'avoir recours, surtout si nous paraissons avoir moins de reconnaissance pour eux, de qui nous recevons davantage, et inènie ne répondre à leurs bienfaits que par une ingratitude absolue?
Si nous ne pouvons remplir dans sa teneur 1a règle prescrite, je crains que les paroles de l'apùtre saint Jacques ne servent à notre condamnation. « Uubonque, ditil, ayant gardé tout le reste de la loi, la viole en un seul point, est coupable comme l’ayant violw tout entière; » ce qui revient à dire : Celui qui accomplit plusieurs préceptes est coupable pai- cela même qu’il n’a pas tout accompli. Kt pour un siail point violé, il devient transgressfHir de la loi ; car elle ne peut être accomplie que jwr l’observation de tous les commandements. L’apdtre saint Jacques, pour faire scaitir cette vérité, ajoute : « Celui qui a dit : Vous ne eommettrez pas d’adultère, a dit aussi : Vous ne tuerez point. Mais, quoique vous ne commettiez [Mjint d'adultère, si vous avez tué, vous êtes transgresstnir <le la loi. » C’est comme s’il disait : l'iie condamnation entière est donc rési'i’vée au transgresseur d’un seul commandement, parce que le S'igneur, qui défend une chos«', défend aussi l’autre. Et la violation d’un précepte, quel qu’il soit, est un outrage au divin Législateur, qui n’a pas fait consister la loi dans un s(‘ul point, mais dans tous les commandements à la fuis.
Mais, sans vous citer les dispositions de la règle dont l’observ ation est impossible ou au moins dangereuse pour nous, convient-il que des religieuses sortent de leur couvent pour aller aux moissons et travailler aux champs? Une année de noviciat |a‘Ut-elle suftisamment prouver la vocation
A AHAII.AItn.
d'une feiimic? et la lecture de la rèj^le , trois fois répétée selon roi-douiiance, peut-elle suflihaniment l'instruire? Uuüi de plus insensé d’ailleurs que de s’engager dans une route inconnue , et qui n'est pas même frayée ? (Jnoi de plus pri'*somptueux que de se choisir un genre de vie dont on ignore les difficultés , et que de faire des vu?ux qu’on ne saurait remplir ? Si la prudence est la mère de toutes les vertus, et la raison la médiatrice de tous les biens, on ne p«'ut regarder ni comme une vertu ni comme un bien ce qui s'éloigne de ces deux qualités. En effet, selon saint Jéix'nne, les vertus qui dépassent la borne et la mesure doivent être mises au rang des vices. N’est-ce donc pas s’é*carter de la prudence et de la raison que de ne pas consulter lt;s forces de ceux à qui on impose des fardeaux, et de forcer la nature dans sa constitution ? Un ffne peut-il porter la charge d’un éléphant? Un enfant, un vieillard, ont-ils la même vigueur qu’un homme ? Imposet-on les mêmes charges à la force et à la faiblesse ? les mêmes devoirs aux malades et aux gens qui se portent bien? Peut-on enfin exiger autant d’une femme que d’un homme, du sexe faible <jue du sexe fort ?
Ix“ pa[x; saint (Irégoire, dans le quatorzième chapitre de son Instruction pastorale, établit une distinction au sujet des avis et des commandements : « Il faut, dit-il, avertir les hommes d’une manière, et les femmes d’une autre, parce qu’on doit enjoindre à ceux-là des choses plus difficiles qu’à celles-ci ; et, s’il faut de grandes épreuves pour exercer les premiers, il en faut de légères pour attirer doucement les autres à la religion » .
Il est certain que ceux qui ont écrit des règles pour les moines n’ont point parlé des femmes. Et même, en rédigeant ces statuts, ils savaient bien qu'ils ne pourraient jamais convenir aux femmes. Us ont assez prouvé par là