I.KTTUE d’UÉLOÏSE
qu’il ru‘ fallait pas imposer le même joiif( au taureau et à la génisse, et comlamner aux mêmes travaux ceux que la natut-e avait créés si rtiftérents. Saint Benoit posséda eette j)rudenee : plein de l’esprit de totis les justes, il à égaid aux individus et aux temps ; sa règle est sagement disposée en vue que toutes elioses soient faites avec mesure. Coilimencant d'alwrd jiar 1 alibé, il lui recommande de veiller à ses moines de manière à se mettre à la portée de eliacun d eux, de les ménager, ehacun suivant ses qualités ou son intelligence, alin que le troupeau qui lui est confié ne dépérisse pas entre scs mains , mais qu’il ait la joie dé le voir augmenter. Il lui enjoint de se délier toujours de sd propre fragilité, et de se souvenir qu’il lie faut pas fouler aux pieds le roseau qui chancelle, üu’il fasse acception des circonstances, et se rapiielle la prudence du saint homme Jacob, disant : « Si je lasse mes troupeaux en les faisant marcher trop vite, ils mourront tous en un même jour ; » enfin, que les exemples et les témoignages de cette prudence, mère des vertus, toujours présents à son esprit, lui fassent apiiorler en toutes ses prescriptions un tel tempérament, que les faibles ne soient point découragés, et que les forts puissent désirer de faire quelque chose de plus.
C’est dans cet esprit de modération et de convenance distributive , qu’il favorise d’une dispense les enfants, les vieillards et les infirmes; qu’il ordonne de faire manger avant les autres le lecteur ou les semainiers et ceux qui sont employés au service de la cuisine , et que même à la table commune il a réglé la qualité et la quantité des aliments et des boissons suivant les individus. 11 a traité avec Iteaucoup de soin chacun de ces objets.
Dans la question des jeûnes il relîtclie aussi quelque chose de la rigueur des slatutSj selon la saison, la quantité de travail et lu faiblesse des constitutions.
A An.ULAHD,
Or (lites-moij je vous prie, qlielle serait la règle qu’aurait inipos<’e à des femmes celui qui; dans eèlle qu’il a établie |)Oiir les liommes, proiX)rtiuime tOut aux temps et au?t lempcnainents; Jx)ur qu’elle n’exeite jamais le mürraiife ; et qui la rend également sUpjK)rtable à tbus?Si, en effet ; il a adouci la rigueiir.de sa règle eh faveur des enfants; des vieillards et des infirmes, suit aiit la hatilre de cliacun, que n’eût-il pas fait en faveur de notre sexe; dont la faiblesse est si connue? Examiner donc combien il est déraisonnable d’obliger les femmes à suivre la même éègle que les hoiilnies, et d’imposer aux forts et aux faibles uné charge uniforme.
Je pense qu’il suffit à notre faiblesse d’égaler en Vertus (le continence et d’absliilence les chefs de l’i'lglise et ceux qui sont dans les ordres sacrés , puisque Jésus-ChriSt dit lui-même : « C’est êtte parfait que de ressembler à soi! maître. » Je croirais même que nous ferions beaucoup si nous pouvions égaler les pieux laïques qui vivent dans le monde; car nous admirons dans les faibles ce qui nous paraît peu de chose de la part des forts; et, selon l'Aja')- Ire : « C’est dans la faiblesse qlie la vertu brille, n
Mais ne croyons pas que la religion des laïqlies, celle d’Abraharn, de David, de Job, même dans l’état du mariage, ne croyons pas, dis-je, que cette religion soit p<'u de chose. Lisons plul(‘>t saint Chrysostême , dans son septième sermon sur l’Épitre aux Hébreux : « Nous avons; dit-il, plusieurs charmes puissants pour endormir la bêle ilifernale. Quels sont-ils ? le travail, la lecture, les veilles. Mais que nous importe à nous qui ne sommes pas moines ? Si vous me faites cette ré{)onse, faitcs-la plutôt à saint Paul lorsqu’il dit ; « Veillez dans lu patience et la prière »; et « Ne prenez |>oint souci de la chair dans les concupiscences. »