I.KTTKE l>E riEHRK; I.K VÉNÊRADI.K
rentra à l’école de celui qui a dit : k Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur »; et persévérant dans la douceur et riuunilité, il alla, nous devons le croire, rejoindre son divin Maître.
Aussi, vénérable et très-chère sœur en Jésus-Christ, celui auqu(‘l vous avez été unie d’abord par les liens de la chair^ ensuite par les liens plus sacrés et par conséquent plus étroits encore de l’amour divin ; celui, dis-je, qui était votre compagnon et votre guide dans le service de Dieu, le Sauveur à présent le réchauffe dans son sein, au lieu de vous, ou comme un autre vous-méme; mais au jour de la venue du Seigneur, et de la voix de l’Archange, et de Dieu descendant du ciel aux sons éclatants de la trompette, il vous le résen e, et vous le rendra par sa grâce, n’en doutez pas.
Souvenez-vous donc de lui en Jésus-Christ, et recommandez-le avec sollicitude aux saintes sœurs qui sei-xent avec vous le Seigneur, sans oublier dans vos prières les frères de notre congrégation , et les sœurs qui , par toute la terre, senent, selon leur pouvoir, le même Dieu que vous.
Adieu.
KPITM’IIE 1)1' MAITRE PIERRE ARAII.ARÜ
itlVl'OSRK
l'AR PIERRE LE VÉNÉRABLE abbé de C'luny.
Le Socrate de la France, le Platon sublime de l'Occident, notre Aristote, l'égal ou le maître de tous les logiciens passés et présents; le prince reconnu de la science, dans tout l’univers : génie varié, subtil, pénétrant; vainqueur de tous les obstacles par la force de sa raison et la grâce de sa parole ; tel était Abailard; mais il a
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reniportô sa plus grande victoire lorsque, révélant l’Iiabit religieux de Cluny et les mœurs monastiques, il passa, dans le camp du Christ, ù la véritable philosophie ; c’est là qu’il a dignement terminé sa longue carrière, le onzième jour des calendes de mai, et qu’il nous a laissé l’espérance de voir son nom figurer un jour parmi ceux des philosophes chrétiens.
LETÏIIE miÉl.ÔisE
A riEKKE LE VENERABLE
ABbe DK CLCNV
A Pierre, suii tiès-iévcromi pa»teiir et père, vcnèrabii* abbo ilc Elimy, UèLOlfBE; humble servante de Dieu, et la sienne:
L'esprit de U grâce du salut.
La divine niiséricoitle , et ave<! elle voire eondeseeii- (iance, nous a visitées. Nous nous félicitons de ce que votre grandeur a daigné descendre jusqu’à notre petitesse, et nous en sonnnes lières , car votre visite est un grand honneur niénie pour les plus grands. Les autres savent comhicn la présence de votre Sublimité leur a apjMîrté d’avanlages ; pour moi , il m’est impossible , je ne dis pas seulement d’exprimer par des mots, mais d’embrassiu’ dans ma pensée tout le bienfait et toute la douceur de votre visite. Vous, notre abbé, notre seigneur, vous avez franchi notre seuil , l’an dernier , le seizième jour des calendes de décembre, et vous avez célébré une messe spéciale pour
3i() iKiriiK n iiKioisK a i‘ikiiiii; i.f. mcnkrabi.f.
nous recoininander au Sainl-Esprit. Dans lechapiliv, voii> nous avez nourries de la parole divine, et votre lx)uche a fait notre éloge : vous nous avez rendu le corps du Maître, et vous nous avez aceoixlé' le bcMiéfice de Cluny. Moiinèiue, qui ne suis pas digne du nom de votre servante, votre sublime humilité n'a point dédaigné de me donner dans votre lettre et dans votre entretien le nom de sœur : comme un gage particulier de votre sincère affection, vous m’avez donné un Tricenarium que le couvent de (iluny doit acquitter après ma mort au profit de mon âme, et vous avez ajouté que vous auriez soin de confirmer ce don par l’apposition de votre sceau. Ce que vous avez eu la bonté de promettre à votre sœur, je dirais mieux à votre .servante, veuillez, mou frère, je dirais mieux, mon seigneur, veuillez l’accomplir.
Plaise à votre bonté de m’envoyer un autre sceau, dans lequel l’absolution du Maître soit contenue en termes clairs, afin qu’il soit suspendu à son tombeau.
Souvenez-vous aussi, pour l’amour de Dieu, de notre fils Astralabe, qui est aussi le vôtre, afin d’obtenir pour lui une prébende de l’évêque de Paris ou de tout autre diocèse.
Adieu; que le Seigneur vous garde, et nous accorde quelquefois la faveur de votre présence.
LETTHH