‹ Abailard et Héloise; essai historiqueChapitre 46 sur 66 · DE PIERRE LE VÉNÉRARLE · texte numérisé non relu

DE PIERRE LE VÉNÉRARLE

AHHF nt CLUNV,

A HÉLOÏSE

A noire vénérable el Irés-eliére sœur, serrante de Dieu, Héi.oïse, Supérieure et Maîtresse des servantes de Dieu,

■ son frère Pierre, humbie Abbé de Cluiiy ;

La plénitude du salut par le Seigneur, cl ceile de notre amour en Jésus-Clirisi .

C’est avec une joie bien vive que j’ai lu la lettre de votre sainteté, car j’ai reconnu que ma visite à votre couvent n’avait point glissé sans laisser de tracA?; non-seulement j’ai été avec vous, mais depuis ce temps je ne vous ai point quittées. L’hospitalité que vous m’avez donnée n’a pas été comme le souvenir de l’hôte d’une nuit, qui arrive la veille et part le lendemain ; je n’ai pas été chez vous l’étranger ni le pèlerin ; j’ai eu mon droit de cité dans la demeure des saintes, ma place au foyer du Seigneur. Toutes les circonstances de mon séjour se sont si bien fixées dans

ItmiK DK DIEUKK I.E VENEItAULK

vûH'f n'iigieiisf inniioire, vos cœiirs bieiiu-illaiits on ont si bien retenu les impressions, malgré sa brièveté, que vous n’avez laissé tomber aneune de mes paroles, Celles (jiie j’ai prononcées pour votre instruction, celles même (pii pouvaient |iaraître sans valeur, vous avez tout recueilli ; la sincérité de votre affection a tout gravé dans votre esprit , comme des mots puissants , comme des mots célestes et digiu's de toute votre vénération, comme les paroles mêmes ou les actions du Christ. Peut-être cette attention extrême vous a-t-elle été inspin>e par la recommandatiou contenue dans notre règle commune, celle (pii appartient à la fois à (]liiny et an Paraclet, et qui nous ordonne d’adorer le Christ dans nos hôtes, car nous le lecevons avt'c eux. N’avez-vous pas aussi songé à cette parole relative aux suptuieiirs, quoique Je ne sois pas votre supérieur : « Celui qui vous (icoute m’(“coute moimême »? — l’iaise au ciel (pie j’obtienne constamment auprès de vous la même faveur ; daignez vous souvenir de moi, et implorer {xnir mon âme la miséricorde du Tout- Puissant, avec, le saint troupeau qui vous est confié. De mon côté, je vous otfre tout le i(;tour d'aft'ection qui m’est possible ; (-ar longtemps avant de vous avoir vue, et surtout depuis que je vous connais, je vous ai réservé dans la profonde intimité de mon cœur la place d’un amour vrai , solide et digne de vous. L(; don d’un Tricenarium que je vous ai fait ipiand j'étais chez vous, je vous le conlirine. absent, par un la i il scellé de mou sceau, comme vous eu avez témoigné le diisir.

J(^ vous envoie aussi , comme vous l'avez demaïuh’ , l’alisolutiou du Maitre .Vhailard sur un parchemin, également écrite de ma main et sccIKh' de mon sceau.

Par votre Aslralabe, qui est aussi le notre, à cause de vous, dès (pie j’en trouverai le moyeu, je m’ellbrcerai , et

A lllilAyiSE.

te sera une },’raiide satisfaclioii puiir moi, de lui procurer une prélîende dans quelqu’une de nos (‘glises de premier ordre. La chose toutefois est difficile ; car, je l’ai déjà souvent éprouvé, lorsqu’il s’agit de donner des prébendes dans leurs églises , les évêques ne se montrent guère accommodants ; ils ont toujours des objections et des fins de nonrecevoir. Je ferai cependant pour vous tout ce (pie je pourrai et dès que je le pourrai.

.Vdieu !

AB.SULUT10N DK l’IKIlRK AliAlLARD

-Mi)i, l’itTif, abbé deCluii), ((ui ai rei;u Pierre Abailard cuiiiiiie moine de Cluny, et qui ai concédé sou corps, transporté rurlivenieul à Héloïse, abbesse, et aux religieuses du Paraclet,

— Par l'autorité de Dieu tout-puissant et de tous les saints, je l’absous d’oflice de tous ses péchés.

TE8T1MÜX1A VETERUM

or

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