LIV. QCATRIESME, CUAP. XLIX
Cest aage portoit en Brtdagne trois sçavants hommes, à sçavoir Pierre Abélard, qu’autres appellent Abaelard, Marbode surnommé Évax, evesque de Rennes, et Baldric, archevesque de Dol.
Pierre Abaelard (tel estoit son surnom, pour avoir ainsi veu son seing en fort petite lettre au bas d’un acte en [larchemin tiré des archives de l’abbaye des Ronieraiz près
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Angers) fui scavant homme, le<]uel esloit natif du bourg (lu Palais, au dioeese de Nantes, de parents nobles et medioeremeiit riehes : son pt-re, qui estoil chevalier, le fit estiidier estant jeune enfant et apprendre ses premières lettres au pays : il estoit de grand esprit, délié, agit et app«‘reevanl, la mémoire grande, l’aprelauision heureuse, le jugement solide, et avoit merveilleusement de grandes parties. Après ses premiers elem nts de la grammaire, il s’en alla à Paris. La favon d'instituer lors estoit, que si soudainement que les enfants estoient formez par la gramniatique, on les mettoit à rinslitution de la dialectique, eoniine estant eette discipline propre pour juger toutes les antres, et le vray d'avec le faux, jx)ur rescjuldre toutes diflicultez (pii se trouvent, voire parmy les actions des honinies. Viay est, que celles qu’ils ensi^ignoient lors par les escolles, appiwhoient fort de la sophistique, et s’amusoient à quelques livres communs escrit.v de cela, sans rechercher les fontaines des meilleurs autheurs. Il y avoit lors un précepteur grandement renommé en ceste discipline, qui s’appeloit Ji‘an Rozelin, natif aussi de Bretagne, qui avoit une grande réputation entre les estudiants. Pour lors Ahaelard l’alla ouyr, et avoit esté cest homme des premiers inventeurs de la secte des Nominaux et Réaux, qui a longuement duré depuis. Ces Nominaux tenoient des mots, et dictions, qu’ils forgeoient souvent pour indication, proprietez, qualitez, ou prédicaments de toutes choses, et de toutes matières. Abaclard ce donna à cette cognoissance , et fut des Nominaux , qui enseignoient ((;omme il disoit) scientiam vocum et dietionum, et aussi fut-ce la première partie de sa doctrine, que sainct Bernard print à combattre et exagiter, appéllant reste seténee prophanas novitate» verborum : et ne voidant point recevoir en la théologie nul mot, qui ne fust receii et usité par
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les iiiaistres de théologie, et par l’Ëseriture saiiutte. Üe là Ahaeiard entra aux autres disciplines, puis s’addonna en la théologie, et y acquist en bref telle réputation, et en toutes autres sciences, qu’on l’appela par épithète Universel, comme ayant apris tous les arts, et disciplines, et n’ignorant rien, (hi mot de vray passoit la vertu de tout homme ; car ce qu’on sçait n’est nulle proportion de ce qu’on ignore : toutesfois cela se disoit comme il est à croire, faisant comparaison aux autres hommes lors vivants. Mais comme il advient à tous, et que la s<‘,ience enfle, aussi prist cest homme telle conflaïufe de son sçavoir, ayant conféré, luicté, et disputé avec tous les plus doctes du siècle, qui ne soustenoient point devant lui, que de pas en autre il essaya de plus en plus de sçavoir debatre et resouldre en toutes choses : (d s’enfonça si avant, que curieusement il se voulut enquérir de ce qu’il qe faut pas sç^avoir : et par ratiocination humaine, voulut resouldre ce qui est imperceptible au sens, qui estoit destruire le principal fonds et mérite de fa croyance de l’homme, qui est de croire simplement : et lui cherchant sa croyance en la démonstration humaine, il riiinoit la foy.
Celiiy lequel estant interrogé si Dieu est, respond qu’ouy; interrogé pourquoy il croit, respond qu’il void et list manifestement en ses œuvres, en l’harmonie des cieux, aux plantes de 1a terre, aux animanx qui y sont, en l’ordre et consentement des choses qu’il ordonna, respond très mal, car de cherclier le principe imperceptible des essences parmy les choses qui tombent sotihs le sens, il n’y a ordre, c’est évacuer la foy. C’est un bon argument de rccognoistrc qu’il est, mais mauvais pour fonder qu'il est : celui qui dist, nui ne peut faire les chosi‘s que tu fais, s'il n’est envoyé de Dieu, arguoit probablement, mais non comme il falloit : car encore que l’envoyé n’eust rien fait de tel, il
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ne laissoit U i-sln- U>1, (|iii i.'til ii- |K)iii< t (le la foy; quant aux (üiivres, les iiiesnies se sont.souvent faits tels par des hommes reprouvez et Iransformcz en anges de lumière ; l'on se pourroit aisément tromper aux sens. Voilà pourquoy il ne s y faut fier, pour fonder eeste proposition (il est) : car demander preuve destruit la foy parlant de la Trinité, qui fut le subjeet d’Abaelard, il n’y avoit plus d’ordre d’enquérir ou ratiociner par les causes naturelles ni démonstrations logiciennes.
Abaelard fut depuis auditeur d'Anselme, evesque de Laon, qui depuis escrivit contre lui, comme aussi de l’evesque de Chaalons : mais pour ce qu’ils enseignoient le fonds de la théologie, et de la substance des choses, et qu’il désiroit tousiours quelque chose de plus subtil, il les laissa, et retourna à Paris. 11 s’accointa d’une fille qui s’appelloit Heloyse, qu’il entreteint quelque temps, et depuis l’espousa : et pour ceste mesme cause fut contraint de se retirer de là, et s’en alla à Nogent le Roy, au diocese de Troyes, où il SC mist à tenir auditoire ouvert : et de vray se rendit si admirable, que de toutes les parts du royaume, son auditoire fut remply d’auditeurs, et de bref si comblé, qu’il luy fallut laisser le couvert et lire en plain pré : et en ce temps il escrivit deux livres, l’un qu’il appela Théologie, l’autre Scito te ipsum, qui volèrent incontinent par tout le monde, et entrèrent aux esprits de plusieurs, et plus entre les hommes lettrez de France, Allemagne, Italie. L’on void que sainct Bernard escrit que les cardinaux de Rome les lisoient. Tandis qu’il leut, sainct Bernard se reposa; comme ses livres furent escrits, il rompit toute patience, et pensant qu’il y alloit du mal pour la foy catholique, il se rengea en teste partie formée dudict Abaelard : lequel, sur ces entrefaictes, se départit de son mariage, et de mutuel consentement persuada à sa femme de se l’cndre reli-
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fîiouse PII l’abliaye d’ArgPiitupil : et quant à luy, il list profession de religion à Sainct Denys, oii de jour en jour incessamment estudiant, il se rendoit plus consommé en doctrine et sçavoir, sobre et vigilant qu’il estoit : et passant les nuicts en estudes, lecture, et exercices de lettres, où il acquist telle réputation, qu’il fut abbé de Sainct Gildaz de Ruyz en Bretagne, qu’il tint quelque temps. Sa renommée courut par tout l’Occident : mais il rencontra en teste le bon homme sainct Bernard, homme véritablement spirituel et exercé en l’Escriture, et en tout exercice de piété et religion : mais si vehement et zeleux, voyant les escrits de cest homme, qui lui furent apportez en sa solitude de Clervaux, qui esveilla les evesques et pasteurs de la province de Sens, avec lesquels ce bon homme procura un decret pour appeler à Soissons Ahaelard, résolu au jour assigné de lui faire teste, et de le contredire à sa doctrine soubs Alberic, arcbevesque de Beims, et Lental, evesque de Novarre. Là vint Ahaelard demander à estro ouy, et parler au concile, mais il ne fut point receu, parce qu’il avoit telle vigueur et presence d’esprit à la dispute, qu’il estoit bien à craindre que nul d’eux ne pust soustenir la violence de ses arguments, ni l’adresse de la ratiocination de cest homme, où il estoit infiniment versé; et falloit bien que quiconque s’avisoit de le contredire se tinst sur les pieds, comme il se monstra avec un evesque dudict concile, qu’il contraignit un jour de tomber en absurdité telle, qu’il fallut que ses compagnons le desavouassent : ce qui fut cause qu’ils le voulurent juger sur ses livres, et propositions recueillies d’iceux. Du jourd’bui il seroit trouvé estrange; car l’esprit est suject à l'intelligence du disant et escrivant : toutesfois il s’ensuyvit qu’il fut condemné sentir avec Sabellic hérétique, et fut ordonné qu'il brusleroit ses livres, avec abjuration de ses propositions.
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Ksiaiit parlA d(‘ là, il ir- r<-|) 0 !>a pa:>, et>< rivaiil un livre npolof^etique ou defensif de son livre et doctrine : qui fut cause que le lion homme sainct Bernard, relevé de plus belle et aydé par Pierre, dict le Venerable, abbé de Clugny, et par le moyen des evesques de la province, le fiat de nouveau rappeller à un antre synode provincial à Sens, où se trouva le roy Loys en personne, et le comte Palatin, et très grande assistance d’infini nombre d’hommes, qui estoyent venus pour voir ceste jouste. Les uns escrivent qu’il ne s’y trouva pas : la vérité est qu’il s’y trouva ; mais craignant une sédition du commun peuple embu contre lui par les evesques, <!onime il estoit sur le bureau, il ne voulut entrer au concile, et appelle des decrets contre liiy donnez au |>ape Innmxmt 11. Le concile déféra à son appellation : mais il escrivit au Pape, lui envoyant ses propositions ave<’ sa censure par le rescript qu’on void rapporté entre les oeuvres de sainct Bernard pamiy ses epistres : et suggéra le concile au Pape la condenuiation d’Abaelard : sur laquelle le Pape apjKisa son decret, et le condemna avec ses propositions par un rescript qui se void au livre cy dessus allégué. Il estoit à désirer qu’il y eust esté gardé un peu plus de forme, encore que la cause fust très juste de condenuiation. Entre les mesmes œuvres estant ainsi condemné, il list une répliqué, par laquelle confessant les mots et propositions escrites de son livre, il se defaisoit du sens par une interprétation totalement autre que les mots ne portoient, et depuis la mist par escrit. Le bon bomnie sainct B<‘rnard, véritablement grand, sainct, et appris en la théologie et Escritiire saincte, plein d’esprit et de zèle, estoit de son naturel fort colère, et croyoit aisenient au rapport de ceux qui luy estoient rapportez de sentir en la foy quelque chose de sinistre, connue dit Othon de Frisiiigen, ou ce fust la constitution de son naturel bilieux, soli-
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taire et mélaiichoiique, ou du ïèle qui le picquoit infuiietnent pour n’endurer nulle mauvaise doctrine. Et de vray, il eacrivit avec amertume contre Abaelard, lequel, comme il appert par les mesmes paroles, ou doctrine refutée, se monstroit estre un sçavant homme : mais sainct Bernard l’emporta à bonne cause, comme il faut croire, non sans aigreur, passant la modestie et dévotion religieuse, comme ses epistres sur ce subject faictes et escrites le témoignent. Quelques-uns se sont advisés d’escrire ses propositions non entendues toutesfuis par ceux qui les ont escrites : et eust mieux valu les avoir tenues en l’histoire, que redites : elles sont par adventure tolérables aux livres, où elles sont refutees, car sans cela le subject ne s’entendroit pas, c’està-dire le remede avec le venin : mais en simple histoire telles choses ne servent de gueres. Sainct Bernard les condiid en sommaire, quand il dit en une epistre que quand Abaelard traite de la Trinité, il sent l’Arrian; quand il parle de la grâce, il sent le Pelagien; quand il parle de la personne de Jésus-Christ, il sent le Nestorien : cela dict en sommaire, condemne toutes les propositions qui estoient cpndemnées ès personnes d’Arius, Pelagius et Nestorius. Cela dict il en l’epislre 188 et suivante, et par le menu il le poursuit en l’epistre 189 et 19U; et si ne $atisfaict-il pas toutes fois ausdites propositions sans travail, comme monstrent ses lettres. Cela se fit pendant que Abaelard se fit religieux à Sainct Denis, du quel temps il estoit dispensé pour un temps de l’obedience de son abbé. Mais après il continua de tenir l’eschole, se faisant nommer par le monde pour un très scavant homme; puis se voyant condemné et ayant abjuré, il repassa en sa créance catholique, et receut les censures de l’Eglise, et résolut de laisser le monde : et se trouvant de l’argent qu’il avoit gaigné en ceste célébrité de réputation, au mesme lieu où il avoit
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ti-nu l'eM liolc, il fit bâtir un monasti're de filles religieuses qu’ils appellent encore aujourd’hui le Paraclet : en lequel il fist abbesse celle qui avoit esté autrefois sa femme, laquelle estoit lors religieuse à Argentueil, estant appellée par Pierre, abk* de Cliigny, Eloïse, comme il se void entre ses epistres : depuis, pour quelque scandale advenu, le roy en retira les femmes, et y mist des religieux. Geste femme venue régit le dict monastère avec une grande religion et saincteté, et y finit sa vie, et de luy il continua en singulière dévotion, et despendit tout le sien en sainctes œuvres, estant du tout reduict à la religion catholique. 11 se trouve encore des epistres d'elle à luy, et de luy à elle, si pleines d’érudition, qu’il n’y a homme qui ne s’esmerveille de la doctrine de cette femme, traictant des subjects suffisants pour cmpescher les plus résolus : aussi avoit elle esté instruicte aux lettres par Abaelard son mary, le quel en la fin touc hé au cœur d’une grande repentance contre ses erreurs, se rendit moyne à Clugny, où devenu malade, il fut envoyé à Sainct Marcel près Chaulons, pour changer d’air, mais pour néant, car il mourut : au quel Pierre le Vénérable, abbé de Clugny, qui premier lui avoit donné l’habit monachal, et auparavant avoit esté grand oppugnateur de ses opinions, dressa cest epitaphe, le voyant mort en la foy catholique, en tesmoignage de sa doctrine :
Gallorum Socralps, Plato maximus Hesperiarum,
Noster Arisloteles, logicis, quiriimquc fiierunt,
Aut par, aut melior; sludiorum cognitus orbi Princpps, iiigenio varius, sublilis et acpr,
Oninia vi superans ratinnis, et arte loquenHi,
Abælardus erat : sed lune magis omnia vieil.
Ciiin r.luniacensem monachiim morenique prufessus.
Ad Chrisii veram transivil pliilosopliiam.
In quâ Iniigseva* benè enniplens ultinia vila*.
TESTIMOMA VF.TEUIM.
riiiloso|>lii$' qiiandbque bonis se eonminicraiidum Spem dédit, lindenas niaio, revocanie calendas.
Rawlinson, d’après un manuscrit de la bibliothèque d’Oxonno, rapporte cette épitaphe d’Abailard, qu’il attribue au prieur Godfroi :
Occubuil Petrus, succumbil, eo morienle,
Omnis philosophas, périt omnis philosophia, Scinditur in partes jàm veslis philosophiæ ;
Gallia facta frequens studiis et philosophiâ.
Petruni defunctum deflet de philosophiâ,
Genimâ subtraclâ plangit solitaria facta ;
Plangit Arislotelem sibi Logica nuper ademptuni.
Et plangit Socratem sibi mœrens Elbica deinptuin, Pbysica Platonem, facundia sic Ciceronem :
Arles arlilicem déplorant occuhuisse,
Quod quid sentirent senserunl exposuisse.
Petrus Arisloleles fuit ipse vel aller et hæres,
Solus Arislolelis mêlas qui repperit arles ;
Hic docuit voces cum rebus signilicare.
Et docuit voces rcs signilicaudo notare,
Errores generum correxii, ilà specierum.
Hic genus et species in solà voce locavit.
Et genus et species sermones esse notavit. Signilicativum quid sit, quid signiticaluin, Significans quid sit prudens diversilicavil;
Hic quid res essent, quid voces signiGcarent Lucidius reliquis palefecil in aile peritis :
Sic animal nullumque animal genus esse probatur. Sic et homo, sed nulliis bomo species vocitatur. Ingenio fretus docuit subtilia Petrus Dogmata doctores quæ non doeuére primes; Qnantiim difllciles aliis sunt omnibus artes Tàm Petro faciles, Pelro reseranle patentes.
Petrus laudandus, Petrus plangcndus ab hoste Occidil. Hune subitâ rapnit sorsinvida morte :
TESmiOMA VETERIM.
Erroruin ncbulie sui-gunl te, Petre, cadeote. Si sUres cadereni, et le surgenle jacerent.
(iloria le celebrem fecil, tua fama perenneni ;
Nec potuit tilulos mors abolere tiios :
liividit mors ipsa tibi qui causa fuisti Unmibus iovidiat : lugrs iuimica tibi.
Jiiiii tua vocalis seutenlia facta realis * Mors argumentum, sic tibi tumba locus.
Usée in voce docens, bæc in rçbusdidicisti.
Et moriendo probas quod morialur hpmo.
Pierre le Vénérable, outre l’épitaphe qu’il envoya à Héloïse, en composa une seconde pour Abailard. Les deux derniers vers furent seuls gravés sur la lombe.
Pelrus in hâc pelrâ lalitat, quem niundus Honieruin Clamabat, sed jbm sidéra sidus habent.
Sol erat hic Gallis, sed eum jàm fala tulerunt,
Ergo caret regio Gallica sole suo.
nie sciens quicquid fuit ulli scibile, vieil Artifices, artes absque ducente docens.
Undecimo maii Petrum rapuére calendæ.
Privantes logices alria rege suo.
Est satis in litiilo ; Pctriis htc jacet .\bailardusl Huic soli patuit scibile quicquid eral.
ÉPITAPHE b'HÉLOISE.
Hoc tuuiulo abbatissa jacet prudens Heluissa. Paraclitum slatuit, ciun paraclito requiescit. Gaudia sanciurum sua sunt super alla poloruni Nos nieritis precibusque suis exallet ab iniis.
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TESTIMONIA VETERIM.
r.VLENDARIUM ALIUD CCENOBII PARACLITENSLS LATINUM.
Undecinio cal. maii, anniversariuni M. Pétri Abailardi hujus loci fumlatoris, nostræque religionis instituloris. — El recenliore manu : Anno Domini mcccucvu, secundâ menais maii, ossa hujusmodi Pétri Tundatoris, qùæ per prius erant reposita in loeo hujus monasterii dicto le petit Mou-stier, fuerunt delata et reposita in hâc ecclesià à parle dextrâ cancelli, prout constat per instrumentum super hoc confectum. Quiquidein fundare coenobium ccppit anno Domini «cxxx approbarique fecit per Eugenium Papani > luijus noininis iii, elec- Uiin anno mcxlv. Quant approbationem in scriplis dicti fundatoris vidimus.
Decimo sexto cal. junii, mater nostræ religionis Heloissa, prima nbbatissa, documentiset religione clarissima, spembonam ejus nobis vitâ douante féliciter, migravit ad Dominum. — El ile.rùm recenliore calamo : Anoo Domini mccccxcvii, die ii menais maii, ossa liujusmodi Heloissæ, quxper prius erant reposita in quodam loco hujus mo~ nasterii dicto le petit Moustier, fuerunt delata et reposita in hàc ecclesiâ à parte sinistrâ cancelli, prout constat per instrumentum super hoc confectum.
> Im6 per Innocenlium II anno Ital, iil ex ipsiiis Innnrrniii lilleris palet. Anno enini lits jàni obieral .tbœlardiis.
Héloïse et abailard