‹ Abailard et Héloise; essai historiqueChapitre 61 sur 66 · COMPLAINTE DE DINA, FILLE DE JACOB · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DE DINA, FILLE DE JACOB

Moi, la fille d’Abraham, le rejeton d’Israël, moi, le sang glorieux des patriarches, enlevée par un horame incirconcis, je suis devenue la proie d’un impur Moabite- Opprobre d’une sainte race, j’ai été trompée par les jeux d’une nation ennemie.

Malheur à moi, infortunée ! Je me suis perdue moi-même!

Pourquoi ai-je voulu voir les fêtes étrangères? C’est pour mon malheur que j’ai été connue, en voulant les connaître.

Malheur à moi, infortunée ! Je me suis perdue moi-même !

Sichem, né pour la perte de ton peuple, nom taché d’une honte élernello dans notre postérité !

Malheur à toi, infortuné! Tu t’es perdu toi-même!

En vain la circoncision a fait de toi un prosélyte, si elle n’a purifié ton infamie.

Malheur à toi, infortuné ! Tu t’es perdu toi-même !

Forcé de me ravir, ravi toi-même par ma beauté, ^-quel juge aurait pu te trouver exempt de faute ?

Ce n’est pas vous, Siméon et Lévi, pieux vengeurs, trop cruels toutefois !

Vous avez enveloppé les innocents dans le châtiment du coupable. Le père lui-mônae a eu le coeur déchiré, — et pour cela vous avez encouru l’exécration.

L'amour avait entraîné La faute avait été sanctifiée

Le jugement ne devait-il pas tenir compte do la diminution de la faute?

La jeunesse est légère, elle a peu de discernement. La sévérité des hommes prudents a été trop grande envers elle.

La colère de mes frères aurait dû être adoucie pai- l’honneur que leur fit le prince du pays en épousant une étrangère.

CUMPLAIKTE8.

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Malheur à moi, malheur à toi, infortuné prince! L’holocauste sanglant de tout un peuple accompagne ta mort.

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