‹ Abailard et Héloise; essai historiqueChapitre 65 sur 66 · COMPLAINTE DE DAVID SUR ABNER · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DE DAVID SUR ABNER

FILS DE SES, TL'É PAR lOAII.

O mon fidèle Abner, le plus brave des guerriers, l’amour et les délices de l’honneur militaire !

Ce que n’a pu la force, la ruse l’a donc exécuté.

Périsse comme toi celui qui t’a frappé! Sa mort sera indigne des larmes que la tienne fait couler de tous les yeux.

Une trahison si exécrable, un trépas si funeste, arrachent à ton ennemi même des pleurs continuels, et la pitié fond les cœurs de diamant.

Tant que tu as été l’adversaire déclaré de mon règne, sans cesse tu t’élevais par l’éclat de nouveaux triomphes. Tu nous

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infligeais des pertes nombreuses. Nul revers n’a pu t’atteindre dans ta puissance !

Puissant par la sagesse, homme parfait, forte muraille d’Israël, même lorsque ton glaive était tiré contre moi, tu m'aimais encore tendrement.

EnCn, cédant à nos vœux, tu consens à un traité; dans l’espoir de la paix tu déposes tes armes, ta seule garantie !

Aussi longtemps que tu as pu craindre des périls, tu t’en es préservé par ta prudence; tu as péri pour t’ètre confié a notre foi. Homme loyal, tu la jugeais par la tienne!

Celui qu’Abner armé glaçait de terreur a prévalu sur Abner sans armes : et n’osant point te faire face sur le chemin, il a souillé d’un crime les portes de la ville.

Guerriers de l’armée, frappez vos poitrines, pleurez le grand Capitaine ainsi abattu. Que les princes de la justice étendent leurs mains sur l’exécrable meurtrier,

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