‹ Abailard et HéloïseChapitre 11 sur 80 · XI. Ml · texte numérisé non relu

XI. Ml

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féreiice dont ou s'était si liauleuient glorifié. Heureusement l’abbé mourut sur ces entrefaites. Sugei , qui lui succéda , rejeta d’abord egalement la demande d’Abailard ; mais l’affaire, portée au conseil du roi et traitée à la cour, y rencontra moins de difficultés. La maxime du conseil était de favoriser le relâchement parmi les moines de Saint-Denis, qu’une \ie plus régulière eût rendus plus indépendants. Les amis d Abailard firent valoir son incommode sévérité, et Étienne de Garlande, à qui Suger s’était adressé de son côté, lui représenta que c’était, chez luietlesmoines,uneétiange fantaisie que de s’obstiner à retenir malgré lui un homme (]ui les gênait et ne leur était bon à rien. Sugei entendit raison ; la permission de ipiitter Saint-Denis fut accordée. Seulement, pour sauver 1 houneui de l’abbaye, on stipula qu’Abailard n’entrerait dans aucune autre et se choisirait une solitude où il put faire son ■séjour. Alors, du consentement de l’évêque de Troyes, il s’établit dans son diocèse, où on lui avait donné quelque peu de terre sur les bords de l’Ardisson, et, seul avec un clerc, il s’y construisit de ses mains un oratoire (|u’il dédia à la sainte Trinité.

A peine ses disciples eurent-ils appris le lieu de sa retraite, qu’ils accoururent de tons côlés, et, le long de la rivière, se bàlirent autour de lui de petites cabanes. Là, couchés sur la paille, vivant de pain grossier et d’herbes sauvages, mais heureux de retrouver leur maître, avides de l’entendre, ils se nourrissaient de sa parole, cultivaient ses champs et pourvoyaient à ses besoins. Des prêtres se mêlaient parmi eux aux laïques ; « et ceux, dit Héloïse, (pii vivaient des bénéfices ecclésiastiques et (pii, accoutumes a recevoir, non a faire des offrandes, avaient des mains [)onr prendre, non pour

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