‹ Abailard et HéloïseChapitre 28 sur 80 · I.K'n UK · texte numérisé non relu

I.K'n UK

I uiil()ril(! poiililicjilc ni cclh! de ; cl (|iic cc sciail

im f-raiid !sci’vic(! l■(aldll a la loi clii'(dicim(i, si, pai' nioii exemple, on pi'('veiiai( elle/ plusieurs les ell'ets d’ime sem- Idahle presomplion. (loinme le, l('‘ffal ne possédail pas loiile l’iiisIriielioM d(‘siral»le, il se laissait à peu jirès f,qiidei' par ro|»inioM de l’arelievèipie, <pii liii-inème ik; s’iiispirail ^,oiere,(pi(‘ (les conseils de mes rivaux. L’iïviVpa! de(diai'lres, pre.ssenlaiil l’issue de ees mae.liitialioiis, m’iîii inslniisil saos d('‘lai, et m’exlioila Idriemeiil à op|)o,ser à eetle e|)renv(i aiilaiil de doiKaaii- (pie mes eimemis diiployaioiil visihiemeni de violence, (lelle violence*, disait-il, nuirait à leurs pidj(‘lsel me .servirait moi-ni('ni(!, j(! ne, devais [las en donler. UnanI a la r(''eliision dans nn monasli'ire, il ik; l'allait pas m’en ellrayer, saeliant (pie le l(’'f,eil, (pii n’af(issail (pie par eoiitrainli', ne maiKpierail pas, (pielipios jours apres son (le|iarl, de me rendre enli('*re,inenl, ma lilierh’;. C est ainsi ipi’en m('*lanl ses larmes aux mi('nn(*s, il nu* consola di* son mii'iix.

Appelé an eoneile, je m’y rendis snr-le-eliamp, et là, sans déliais ni disenssion, ils me r()rc('‘renl à jeter an l'en, de ma pro|)re main, le livre en (|nestion, et je le vis lirnler. I>e sileneej^n-nei al ne paraissait jias (l(‘voir (Mi'e interrompu, loi'sipi’nn de mes adversairi's murmura limidemeni (pi’il avait apeien dans mon livre (pie Dii'ii l(( IV're, (‘sl seul tonlpnissanl. I ,e l('■f,nll l’ayant (‘iilendn, s'('*eria : u delà n’est pas possible ; nn eid'anl ni('‘me ne tomberait |ias dans mie si prande erreur, pni.sipie la foi eomninne tient et proress(! •1" il y trois lonl-|)nissanls. » A (pioi nn eerlain Ternei'es, doelenr aux ('-eoles, riposta ii'oni(pi('inenl par ees paroles de saint Albanase ; « Kl eependanl il n’y a pas trois lonl-pnissanis, mais nn seul lonl-pnissanl. « Son eveipie vonlnl le lancer (diiniie coupable (ri'lever sa \oix eonire la majesté ; mais rindoeile Terrieres, si* le\anl

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avec audace^ s’écria dans le langage de Daniel : « Ainsi, fils insensés d’Israël, ne jugeant point et ne connaissant point la vérité, vous avez condamné le fils d’Israël. Revc;nez sur votre jngc'inent, et jugez le juge lui-même, vous qui l’avez établi dans ses fonctions pour l’enseignement de la foi et le redressement de l’erreur : lorsqu’il devait juger, il s’est condamné par sa propre bouche. L’innocence d’nn homme a été dévoilée anjourd’hni par la miséricorde divine : délivrez-le , comme autrefois Susanne , de ses faux accusateurs. »

Alors l’archevêque, se levant, et changeant un peu la fornmh; , selon l’exigmice dn moment, conlirma ainsi l’opinion dn légat : « Certainement, monseigneur, le Dère est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, l’Esprit saint est lont-pnissant. Quiconque se sépare de ce dogme est évidemment hors des voies catholiques, et ne doit pas êtix' entendu. Maintenant , si vous y consentez, il est bon que notre frère expose sa foi en ])résence de tons, atin qn’on puisse, selon qu’il conviendra, l’approuver, on la désapprouver et la redresser. » An moment oii je me levais pour eonfesser et développiîr ma croyance, avec l’intention de traduire eonune je l’entendrais mes sentiments et ma pensée , mes adversaires se hâtèrent de dire que je n’avais besoin d’antre chose que de réciter le symbole d’Allumase, ce. que le premier enfant venu aurait pu faire aussi bien que moi. Et pour riu’il me fut impossible de [U'étexter d’ignorance, ils me firent apporter le symbole (icrit, pour le lire, comme si la tenenr ne m’en eût pas été familière, .le 1ns, au milieu des sanglots, des soupirs et des larmes, comme je le pus. Livré ensuite comme coupable et convaincu à l’abbé de Saint-Médard, qui était présent, je suis trainé à son eloitre eonnne à une prison, et le concile est anssit(')t dissous. L'abb('' et 1(‘S inoimvs de son monastère.

LKTTUE D’.VItMI.Altl)

IxTsiiadés que j’allais leur rester, me reçurent avec des (raiisporls de joie et me traitèrent avec mille attentions pour me consoler; mais leurs efforts étaient inutiles.

Dieu (|ui jujj;es les cœurs droits, (piel était donc le fiel ({ui me dévorait? quelle était l’amertume de mon âme, [)nisqne je fns assez indigne pour me révolter contre tes jugements, assez furieux pour t’accuser, en répétant souvent cette plainte de saint Antoine: « .lésus, mon Sauveur, oii étiez-vons? » Tortures de la douleur, réseau brûlant de la honte, égarcanent dn désespoir, j’ai pu tout sentir alors; aujourd’hui je, m; puis l’exprimer. .le rapprochais le sup- [)lice que mon corps avait souffert et le poids de mes nouveaux tourments, et je m’estimais le j)lus malheureux de tous les hommes. Comparée à l’outrage présent, la première trahison me paraissait peu de chose, et je déi)lorais bien moins mon corps mutilé que ma réputation flétrie, parce que, si j’avais jjrovoqué mon ancienne disgrâce par une faute, je ne devais aussi la persécution odieuse (pu m’accablait qu’à la pureté d’intention et à Tamour de notre foi (pii avaient dirigé ma plume.

(Ait acte de cruauté et de vengeance aveugle, uni* fois connu, avait soulevé de toutes parts une violente réprobation. Chacun des membres du concile en déclinait la responsabilité pour rejeter la faute sur les autres. Mes rivaux eux-mêmes se défendaient d’avoir déterminé cette injustice (lar leurs conseils, et le légat déjilorait raniniosité que le clergé de France avait déployée en cette affaire. Cnide bientôt jiar le repentir, ce prélat, qui avait eu momentanément la main forcée en me sacrifiant à la haine de nues envieux, me lira ipielques jours après de cette abbaye étrangèri' pour me renvoyer à la mienne, oii je retrouvai dans presipie Ions les frères d’anciens ennemis ; j'ai dit |»lus hani (pie la de|»i avali(in de leur genre de \ ie e| leurs habi-

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tudes licencieuses devaient leur rendre gênant au dernier point un homme qui ferait peser sur eux son indignation et ses censures.

Au bout de quelques mois^ le hasard leur offrit une occasion de tenter ma ruine. Un jouiq en lisant, je tombai sur un passage de Bède, dans son exposition des Actes des apôtres, oii il assure que Denis-l’Aréopagite était Tévêque de Corinthe et non l’évêque d’Athènes. Cette opinion contrariait singulièrement nos moines de Saint-Uenis, qui se vantent que leur fondateur Denis, dont les faits et gestes prouvent qu’il était évêque d’Athènes, est ce même Aréopagite. Ayant fait cette découverte, je communiquai, en plaisantant , à quelques-uns des frères qui m’entouraient , le témoignage de Bède qui nous était opposé. Transportés d’indignation, ils s’écrièrent <jue Bède était un imposteur, et qu’ils tenaient pour plus véridique le témoignage d’Hilduin, leur abbé, qui avait parcouru longtemps la Grèce pour éclaircir ce point en litige et vérifier le fait, et (jui avait enfin levé toute espèce de doute sur ce sujet dans la vie de saint Denis-l’Aréopagite qu’il écrivit. Pressé ensuite avec une persistance importune d’exprimer mon avis sur cette contradiction entre Bède et Hilduin, je répondis que l’autorité de Ifèdc, dont les écrits sont suivis par toutes les églises latines, me paraissait préférable. A ces mots leur colère s’enflamma ; ils commencèrent à crier (jue je venais de prouver ostensiblement que j’avais toujours été le fléau de notre monastère, et qu’en ce moment surtout je m’étais montré l’ennemi de tout le royaume, en lui ravissant une des gloires qu’il estimait le plus, puisque j’avais nié que leur patron fut l’Aréopagite. Je répondis que je n’avais rien nié, et qu’au reste il était peu imporlanf (|ue le saint fût aréopagite ou d’un autre pays, du momeni qu’il avait obtenu près de Dieu une couronne si éclatante.

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