‹ Abailard et HéloïseChapitre 29 sur 80 · I.KTTUIÎ I) UîAII.Alilt · texte numérisé non relu

I.KTTUIÎ I) UîAII.Alilt

Ils coiiniiviit aussitôt trouver ral)l)('‘ , et lui ré|)(''tèreut les paroles ([u’ils ui’avai(‘iil aiTaelit'es. (lelui-ei les eeoiita’ av(‘e plaisir^ llatté (ju’il était de rencontrer nne oeeasion de me |)erdr('^ car étant eneon; plus mal famé (pie. ses moines, il me eraiffiiait aussi davanlafÇ(‘. 11 eonvoijua doiKi son conseil, et dcnant Ions les frères assemblés il me fil de s(îvères numacAïs, dèjelaranl (pi’il allait en loulc; bâte m’envoyer an roi, poui' (pi’il se venf,M“âl (1(( riiomme (pii attentait à la f,doir(! du royaume et (pii voulait ravir le jilus beau lleuron de, la eonronne. Il recommanda de nu' snrv(‘iller (l(‘ |>rès, jus(pi’;i ce (pi’il iikî remit entre les mains du roi, et c’est en vain qui' j’oifris de me soumettre, si j’avais fait (pK'bpie, faute , à la (lisei|)lin(! (Uï l’ordre.

Alors, ne ivsisfant |)lns à l’horreur (pie m’inspirait leur m(!eliane(‘lé, (l('“sesp('‘ré des rij,menrs et de raeliarnement de la forliuH', croyant (jikï le, monde entier avait eonspin* e()nlr(( moi, je. profilai (l(( la pitié de (piebpies-nns des frèr(‘s , et à rai(l(' d’nn petit nonilin'. de mes disciples je pus ni’iHader seerètenient pendant la nuit , et me, ri'fiij,der sur un(( terre du eonil(‘ Tbibaiid, siliuîc dans le voisinaf;(‘, et dans bupielb^ j’avais (l('“j;i iinâMAleinnumt oeeu|)(‘ nu prieuiA'. bee()nil(( lui-méme m’était un p(‘u eonnu : il avait appris mes inforlunesel il y compatissait jdeiiKMiienl. Là, j(‘ s(’'jonrn<ii d’abord an eliâli'au de Provins, dans une ebarlrens(( (1(( moines de Troyi'S, dont le prieur avait eu avec, moi d’aneiennes relations, et m’avait beaueonj) aimé.

Il lénioif,ma iiik' t^rande joie de mon arriv('‘(‘, et m’('nt()ura des .soins les pins em|)ress('‘s.

Or il advint (pi’nn jour notre abbé vint au château même trouv(‘r !(' (xiinte pour (piel(|ues affaires personnelles, .l’en fus instruit, et je iik* rendis avec 1(‘ iirii'ur eliez le eomie, le priant d’inlereeder en ma faveur auprès de notre abb('', pour (pi'il m’aceordât mon pardon et la permission de

A IN AMI

vivre uioiuislif[ii('nient dans 1 (‘udvoit (|ue je juger<ds eoiiveiiable. l/al)l)é et ceux ciui raeconipagnaient mirent la chose eu délibération, car ils devaient rendre réponse an comte le jour même, avant de se retirer. Entrés en conseil, ils ])ensèrent que je voulais passer dans une autre abbaye, et que ce serait pour la leur un alïront sanglant. En effet, ils considéraient comme un trionqdie pour eux l’espèce de prélerence que j’avais accordée, dans ma conversion, a leur abbaye, comme an mépris de tontes les antres, et maintenant ils se disaient exposés à un grand déshonneur, si je les abandonnais pour passer à une autre commnnanté. Aussi ]ie vonliirent-ils rien econtc'r la-dcssns ni de ma paît ni de celle dn comte. Ils me inenactTent même aussitôt de m’excommunier si je ne me luttais de revenir a eux, et ils firent défense absolue an prieur chez lequel je m’étais réfugié de me retenir pins longtemps , s’il ne voulait pas participtT lui-même a l’excommunication. Cette décision nous plongea, le prieur et moi, dans une cruelle anxiété. Mais l’abbé, qui s’était retiré en persistant dans son obstination, vint à mourir quelques jours après.

Un antre lui succéda, et l’évéque de Melun lui fit en mon nom la même demande ipie j’avais adressée a son prédécesseur. Mais comme il ne paraissait pas devoir y consentir promptement, j’employai 1 entremise de qiiel- ([ucs amis pour présenter ma reqnete an roi en son conseil , et j’obtins ce que je voulais. Étienne de Carlande alors officier de bouche du roi, ayant fait venir 1 abbé et son comité , leur demanda pourquoi ils voulaient , en me retenant malgré moi, s’exposer a un scandale inévitable et sans la moindre utilité, puisque leur manière de vivre et la mienne ne pouvaient nullement s’accorder. Or, a ma connaissance, le conseil du roi entendait que cette abbaye, dont les désordres étaient publics, devait au moins les

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