‹ Abailard et HéloïseChapitre 35 sur 80 · I.lîTTlili D HKI OÏSK · texte numérisé non relu

I.lîTTlili D HKI OÏSK

mille prévoyance liiiniaine ne peut détonmer. C’est ce que le poé'te a fait justement sentir dans cette prière qu’il adresse à Dieu ;

« Que tes arrêts s’accomplissent sans être prévus ! Qu’une nuit épaisse dérobe l’avenir aux yeux des mortels ! Laisse à nos frayeurs l’espérance L »

Mais moi, si je vous perds, n’en ai-je pas fini avec l’espérance ? Pourquoi prolonger désormais un pèlerinage que je ne puis supporter que par vous? Et encore, que me restet-il de vous ! Je sais que vous vivez ; voilà ma seule consolation. Je suis morte à tout autre plaisir. Votre présence au moins pourrait me rendre quelquefois à moi-même ; mais votre présence m’est refusée.

Oh ! s’il est permis de le dire. Dieu m’a été cruel au-delà de toute imagination. O clémence inclémente ! ô rigoureuse indulgence ! La Fortune a déjà usé contre moi tons ses efforts et tous ses traits, an point qu’elle n’en a plus à lancer sur d’autres. Elle a épuisé contre moi tous les fils de son carquois, et l’arc de sa fureur n’est plus redoutable pour personne. S’il lui restait encore quelqiu' llèche, oîi trouverait-elle en moi de la jilace pour une nouvelle blessure ? Elle n’appréhende qn’une chose an milieu de mes tourments , c’est que la mort ne vienne y mettre un terme : et quoiqu’elle me tue tous les jours, elle craint encore ct^ trépas qu’elle accélère.

Oh ! malheureuse des malheureuses ! infortunée des infortunées ! Votre amour m’avait trop élevée au-dessus démon sexe. Renversée du haut de mon trône, j’ai tout expié par la grandeur de ma chute, (h dans ma pc'rsoniu' et dans la vôtre. Plus grande est l’élévation , plus terrible est la ruine ! l’armi les femmes de noble et puissante mai-

' Luc.iiii. Pliars..., liv. n.

A AHAILARl).

son en est-il une seule dont la fortune ait;, je ne dis point dépassé, mais atteint la mienne? En est-il une senle aussi tombée de si haut et dans un tel abîme ? En vous quelle gloire est venue me trouver ! En vous aussi quelle allreuse catastrophe il m’a fallu subir ! Faveur et disgrâce, la fortune a tout poussé à l’extrême. Les biens et les maux, elle m’a tout prodigué sans mesure. C’est pour faire de moi la plus misérable des femmes qu’elle en avait fait d’abord la plus heureuse, alin qu’embrassant du l'egard toute l’étendue de ma perte, je pusse égaler les lamentations aux douleurs, et l’amertume des regrets à ta douceur des plaisirs perdus ; elle a voulu éteindre dans les ombres de la tristesse et du désespoir les jours brillants de mon orgueil et de mes voluptés.

Et, pour que l’outrage fût plus poignant et l’indignation plus amère, tous les droits de l’équité ont été violés en nous. En effet, tandis que nous goûtions les joies d’un amour inquiet, ou, pour me servir d’un terme moins honnête, mais plus expressif, tandis que nous étions al)andonnés à la fornication, la sévérité du ciel nous a épargnés. Mais quand des nœuds illicites furent sanctifiés, et que le mariage eut couvert de son voile respectable la honte de nos égarements, la colère du Seigneur appesantit durement sa main sur nos têtes , et notre lit conjugal ne put faire pardonner ses innocentes délices à celui qui en avait si long-temps toléré les souillures.

Un homme surpris en adultère aurait assez chèrement payé son crime par le supplice que vous avez enduré. Ce que les autres méritent par l’adultère, vous l’avez encouru par le mariage, qui vous inspirait la confiance d’avoir racheté tous vos torts. Ce que les femmes adultères attirent aux complices de leurs désordres, votre légitime épouse vous l’a attiré. Et ce n’était plus au moment oû la voix du

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plaisir était seule eiiteiuhie, mais à réj)0(|ue où, momentanément séparés, nous vivions recueillis dans de plus chastes habitudes, vous à Paris, à la tête des écoles, moi à Argenteuil, selon vos ordres, et dans la compa^mie des relif,neuses. Cette absence volontaire aurait dû nous protéjj;er, car nous nous l’étions imposée, vous pour consacrer plus d’application à vos écoles, et moi pour me livrer avec plus de liberté à la prière ou à la méditation de l’Ecriture sainte. Uiéy avait-il de plus chaste, et de plus innocent que notre vie ? C’est pourtant alors que vous avez seul payé de votre sang le jiéché qui nous était commun. Vous avez été seul pour le châtiment, nous étions deux pour la faute ; vous étiez le moins coupable, et vous avez porté toute la peine.

En vous abaissant pour moi , en m’élevant moi et toute ma famille jusqu’à rhonneur de votre alliance , vous aviez satisfait d’autant soit à Dieu, soit aux hommes, et vous ne deviez plus craindre le châtiment que ces misérables traîtres vous ont infligé. Eallait-il que je vinsse au monde pour être la cause d’iiu aussi effroyable crime ! Sexe fatal ! il sera donc toujours la perte et le lléau des plus grands hommes ! Aussi le livre des Proverbes nous apj)rend-il fju’on doit se garder de la femme : « Maintenant, mon tils, (icoute-moi : prête l’oreille aux paroles de ma bouche. Que ton âme ne se laisse pas entraîner dans ses voies ni égarer dans ses sentiers. Car elle en a blessé et renversé i»lusieurs, et elle a tué les plus forts. Sa maison est le chemin de l’enfer; elle conduit jusque dans les profoiuhnirs de la mort. »

C’Ec.clésiaste dit aussi :

;( Mon esprit a considéré toute chose avec soin, et j’ai trouvé que la femme est plus amère (|ue la mort ; elle est Je filet du chasseur ; son co'iir est un piege et ses mains

A ABAlLAItD.

sont (les dmiiies. Celui qui est agréable à Dieu se sauvera d’elle ; mais le pécheur tombera dans ses rets. » lout d’abord, la première femme a séduit son époux, et 1 a fait chasser du paradis : celle rpie le Seigneur lui avait donnée comme une aide devint la cause de sa chute épouvantable. Ce puissant Nazaréen, l’homme du Seigneur, et dont un ange avait annoncé la naissance, une femme seule l’a vaincu. Livré à ses ennemis par Dalila, privé de la vue, il a fini , dans l’excès de sa douleur, par s’ensevelir sous les ruines du temple avec les Philistins. Salomon fut le plus sage de tous les hommes ; cependant une femme, (fu’il avait épousée, lui fit perdre la raison, et le jeta dans la plus déplorable folie. Lui, que Dieu avait choisi pour bâtir son temple, honneur dont son père David, malgré sa justice, n’avait pas été trouvé digne, il se plongea dans l’idolâtrie jusqu’à la fin de ses jours, ahandonnant le culte du vrai Dieu , dont sa bouche et sa plume avaient célébré la gloire et enseigné les commandements. Le saint homme .lob vit sa femme l’exciter au blasphème, et ce fut la dernière et la plus terrible de ses épreuves ; car le rusé Tentateur savait bien,jpour l’avoir maintes fois rc^connu , (pie l’homme a dans son épouse une ruine toujours prête L

Sa malice ordinaire s’est étendue jusqu’à nous. N’ayant pu vous perdre par de coupables amours , il vous a tendu un piège plus dangereux dans le mariage; il a trouvé dans le bien même l’instrument de sa méchanceté, qu’il n’avait pu trouver dans le mal.

Du moins je rends grâces à Dieu d’une chose ; c’est que je ne ressend^lepas tout-à-fait à ces femmes que j’ai citées. Le Tentateur a bien pu faire servir à sa malice les doux penchants de mon cœnr ; mais il n’a pu le faire consentir

< V, la Complainte d’Israël sur Samson, dans ce même volume.

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à la trahison. Pourtant, quoique la pureté de mon intention me justifie, quoique ma volonté n’ait trempé ni de près ni de loin dans cet horrible attentat, néanmoins j’avais commis auparavant de nombreux péchés, qui ne me permettent pas de m’en croire entièrement innocente. Dès longtemps asservie aux attraits de la chair , j’ai mérité alors ce que je soufife aujourd’hui, et le châtiment de mes péchés n’en est que la juste conséquence. Toute mauvaise fin doit se rapporter à un mauvais commencement.

Plaise au ciel que je fasse de ce crime une digne pénitence, et que la longueur de mes expiations puisse balancer en quelque sorte les douleurs de votre supplice ! C(‘ que vous avez souffert un moment dans votre chair , je veux le souffrir toute ma vie dans la contrition de mon âme : du moins, après cette juste satisfaction, si quelqu’un peut encore se plaindre, ce sera Dieu, non pas vous.

S’il faut vous découvrir toute ma faiblesse et toute ma misère, je ne puis trouver dans mon cœur un repentir capable d’apaiser le Seigneur. Ulcérée par l’outrage dont vous êtes victime, toujours j’accuse le Ciel d’un excès de cruauté; toujours rebelle à sa volontf-, loin de l’apaiser par mes remords et ma pénitence, je ne fais que l’otfenser par le murmure de mes indignations. Kst-c(( là faire réellement pénitence, (pielles que soient les austf'rités du corps, si l’âme continue d’étreindre son péché avec amour, si elle fermente encore d’impurs désirs? 11 est facile de confesser ses fautes et de s’en accuser, ou même d’affliger son corps dans des macérations extérieures ; mais ce qui est très-difficile, c’est d’arracher son âme aux regrets d’un ineffable bonheur. C’est pourquoi le saint homme .lob, après avoir dit : «J’enverrai ma parole contre, moi-même,» p’est-à-dirc je délierai ma langue, et j’ouvrirai ma bouche pour qu’elle confesse mes péchés et les accuse, ajoute aus-

A ABAILAUÜ.

sitôt : ((.le parlerai dans l’amertume de mon âme. » Saint Grégoire, rappelant ce passage, dit aussi : (( Il y en a qui confessent leurs fautes à haute voix ; mais leur confession ne sort pas d’un cœur gémissant, et ils disent en souriant des choses lamentables. » 11 ne suffit donc pas d’avouer ses fautes, il faut encore les avoir en horreur , et parler dans ramertume de l’ânie, pour que cette amertume elle-même soit la punition des fautes que la langue accuse par le jugement de l’esprit.

Cette amertume du vrai repentir est bien rare, et saint Ambi oise en fait la remanjue : (( .l’ai, dit-il, trouvé plus de justes qui n’ont point failli, que de pécheurs relevés de l’anathème par la pénitence. » Mais, hélas ! ces plaisirs de l’amour que nous avons goùhis ensemble m’ont trop doucement fascinée ! Je ne puis me défendre de les aimer, ni les bannir de ma mémoire. Ils enveloppent mes pas ; ils poursuivent mes regards de leurs scènes adorées, et font pénétrer dans mes veines émues tous les feux du regret et du désir. L’éternel mirage plane encore , avec toutes ses illusions, sur mes nuits frémissantes.

Pendant la solennité même du divin sacrifice, au moment oii la prière doit être pins fervente et plus pure , ah ! j’en ai honte ! les licencieux tableaux de nos plaisirs captivent tellement ce cœur misérable, que je suis plus occupée de ces indignités que de la sainte oraison. Je pleure non pas les fautes que j’ai commises, mais celles que je ne commets plus. Et non-seulement ce que nous avons fait, mais les heures, les lieux témoins de nos rapides félicités, chaque circonstance est victorieusement gravée dans mon souvenir avec votre image; tout recommence, je retombe dans tous nos délires, et ce passé qui me ressaisit et m’agite, même dans le sommeil je ne m’en repose point : des mouvements involontaires, des paroles qui m’échappent

lÆTTUE d’ HÉLOÏSE

viennent souvent trahir le dérèglement de mes pensées.

Oh ! que je suis malheureuse, et qu’elle est l)ien faite pour moi cette plainte d’une âme gémissante : « Malheureux que je suis ! qui me délivrera de ce corps de mort ' ? » l’iùt an ciel que je })usse ajouler avec raison ce qui suit ;

« C’est la grâce de Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur. »

Celte grâce vous a prévenu, ù mon bien-ainié : nue seule plaie corporelle vous a guéri de ces blessures de l’âme, et, dans sa rigueur apparente, Dieu vous a sans doute moins maltraité. 11 a fait comme un fidèle médecin, qui n’épargne point la douleur au malade, pourvu qu’il lui sauve la vie.

Que je suis loin de votre tranquillité ! La fougue des sens et de la passion, une jeunesse qui toujours brûle et palpite, et la tant douce expérience que j’ai faite des voluptés, m’aiguillonnent sans relâche, et pressent ma défaite par des assauts dont la fragilité même île ma nature est complice.

On dit que je suis chaste, c’est qu’on ne voit pas que je suis hypocrite. On prend la pureté de la chair pour de la vertu, comme si la vertu était l’affaire du corps et non de l’âme. Je suis honorée sur la terre; mais je n’ai aucun mérite devant Dieu, qui sonde les cœurs et les reins, et qui voit clair dans nos ténèbres.

On loue ma religion dans un temps où ce n’est point une faible partie* de la religion que l’hypocrisie; on pour etre comble de louanges il suffit de ne point heurter les préjugés des hommes. Sans doute il parait louable, et Dieu peut en quelque façon nous tenir compte de ne point scandaliser l’Eglise par de mauvais exemples , quoique la pureté de l’intention n’y soit pas ; car ainsi du moins nous ne donnons point aux infidèles l’occasion de blas-

1 Épi/, uujc Itom.,

A AltAILAUD.

i:iri

pliéniei' le nom du Seigneur, et notre conduite ne diffame point dans le siècle l’ordre religieux auquel nous appartenons. Cela même est encore un don de la grâce divine qui, seule, avec le pouvoir de faire le bien, nous donne aussi la force de nous abstenir du mal. Mais en vain faisons-nous le premier pas s’il n’est suivi du second , car il est écrit : « Détourne-toi du mal et fais le bien. » Vainement encore acconqffirons-nous l’un et l’autre précepte, si nous ne sommes point guidés, en l’accomplissant, par l’amour de Dieu.

Dieu le sait. Dieu le sait que toute ma vie j’ai plus redouté de vous offenser que de l’offenser lui-même, et que c’est à vous, l)ien plus qu’à lui, que je désire de plaire. C’est votre commandement et non la voix du ciel qui m’a courbée sous le joug monastique. Quelle est donc ma destinée de malheur et de désespoir, si tant de souffrances sont perdues pour moi ici-bas, quand je n’en dois recevoir aucune récompense là-haut? Jusqu’à présent ma dissimulation vous a trompé comme les autres : vous avez attribué à un élan religieux ce qui n’était que feinte et hypocrisie ; voilà pourquoi vous vous recommandez à mes prières ; mais vous me demandez ce que j’attends de vous.

N’ayez pas tant de contiance en moi, je vous en conjure, de peur que vous ne cessiez de me secourir par vos prières. Non, je ne suis pas guérie : ne me privez donc pas de la douceur du remède. Non, je ne suis pas enrichie par la grâce : ne différez donc pas de venir en aide à ma misère. Non, je ne suis pas forte ; et prenez garde que je ne défaille avant que vous puissiez me soutenir dans ma chute. Plusieurs ont trouvé leur perle dans la llalterie, el elle leur a enlevé l’appui dont ils avaient besoin. Le Seigneur s’écrie par la bouche d’Isaïe : « Mon peuple , ceux qui glorifient tes voies te trompent ; ils égarent le chemin

LETTUE DllÈLOÏSE

de tes pas. » Et par Ézéchiel : « Mallieur à vous qui placez des coussins sous les coudes, et des oreillers sous la tête de toute la génération, pour tromper les âmes ! » Et d’un autre côté, il est dit par Salomon : « Les paroles des sages sont comme des aiguillons et des clous enfoncés profondément , qui ne savent point eftleurer une plaie avec légèreté, mais qui la déchirent. »

Ainsi, je vous en supplie, trêve à vos louanges ; n’encourez pas le honteux reproche qui s’adresse aux artisans de flatterie et de mensonge. Si vous croyez qu’il y ait en moi quelque reste de vertu, craignez qu’il ne s’évanouisse au souffle de la vanité. Un hahile médecin voit la maladie cachée, quoique nuis symptômes ne la trahissent. Et Dieu fait peu de cas de tous ces dehors que les réprouvés partagent avec les élus. Souvent les vrais justes négligent ces pratiques extérieures qui frappent tous les regards , tandis que personne ne s’y conforme avec plus de soin que les hypocrites.

« Le cœur de l’homme est mauvais et insondable. Qui le connaîtra? L’homme a des voies qui paraissent droites, mais dont les issues aboutissent à la mort. Le jugement de rhomme est téméraire dans les choses dont l’examen est réservé à Dieu. » C’est pourquoi il est écrit : « Ne louez pas un homme pendant sa vie. » Car, en louant un homme, on l’expose à perdre la vertu même qui est la cause de la louange.

.le suis trop heureuse de vos éloges, et mon cœur s’y abandonne trop volontiers, jtour qu’ils ne me soient pas dangereux. Je ne suis que troj) disposée à m’enivrer de leur doux poison, puisque ma seule étude est de \ ous complaire en toute cho.se. Eveillez vos craintes , je vous supplie, et déposez votre contiance , afin que votre sollicitude soit toujours prête à m(‘ secourir. C’est à ('et te lu'ure fpie

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le danger est plus grand que jamais, puisque de votre côté mon mal d’incontinence est désormais sans remède.

Ne m’exhortez pas à la vertu, ne m’excitez point au combat en disant : « La vertu arrive à son comble dans la faiblesse, » et, « la couronne ne sera donnée qu’à celui qui aura combattu jusqu’au bout. » Je ne cherche point la couronne de la victoire. Il me suffit d’éviter le danger. Il est plus sage de s’éloigner du péril que de s’engager dans la guerre. Que Dieu me place dans le moindre coin du ciel, je serai satisfaite. Là l’envie est inconnue , chacun se contente de ce qu’il a obtenu.

L’Autorité fortifie encore mon opinion. Écoutons saint Jérôme : « J’avoue ma faiblesse, dit-il, je ne veux point combattre dans l’espérance de vaincre, de peur qu’il ne m’arrive d’être vaincu ! » Pourquoi abandonner ce qui est certain, et poursuivre des choses incertaines ?

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