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pour ({lie les fidèles et ceux qui ont connu la vérité en lisent avec actions de grâces. Car tonte créature de Dieu est bonne, et il n’y en a point qui soit à rejeter étant prise avec actions de grâces, jiarce qu’elle est sanctifiée par la parole de Dieu et par la prière. Si tu proposes ces choses aux frères, tu seras bon ministre de .lésiis-Chrisl, nourri dans les paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as soigneusement suivie. »
Entiu, si l’on s’en rapporte aux apparences, qui n’aurait pas mis au-dessus de Jésus-Christ et de ses apédres saint Jean et ses disciples, qui poussaient jusqu’à l’excès l’abstinence et les macérations? Ceux-ci, qui, à l’exemple des Juifs, s’attachaient à l’extérieur, murmuraient contre le Christ et ses disciples, et lui disaient : « Pourquoi vos disciples ne jeùnent-ils jamais, tandis que nous et les pJiarisiens jeûnons si souvent? »
Saint Augustin met une bien grande différence entre les ap[)arences de la vertu et la vertu même, car il estime (jue les œuvres n’ajoutent rien à nos mérites. Voici ce qn’il dit dans son traité sur le Bien conjugal : « La chasteté est plutôt une vertu de l’âme que du corps. Quelquefois les vertus sont extérieurement manifestées, quelquefois elles restent dans notre âme, à l’état potentiel. C’est ainsi que les confesseurs de la foi possédaient la vertu de patience (pi’ils ont déployée dans leur martyre. Quaid à Job, la patience était déjà en lui, et le Seigneur le savait; mais elle ne fut connue des hommes que par l’épreuve* de la tentation. » Le saint Père dit encore : « Mais, pour faiix* comprendre plus clairement comment la vertu réside j)otentiellement dans notre âme sans se* formnler an elehors par des enivres, j’invoquerai un e*xemple qni pe'iit le-ver les elonles de* tout catholiepie*.
» Que le Seigue*ur J(*sus-Clirisl ail été sujet dans la iV'a-
A AK VII AUI).
lit(') (le la chair à la faim et à la soif;, (ju’il ait mangé et (lii’il ait bu, personne n’en doute de ceux qui ont puisé la foi dans son Évangile, Sa vertu d’abstinence dans le boire et le manger n’était donc pas aussi grande que celle de Jean-Baptiste? Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils ont dit : « Il est possédé du démon. » Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils ont dit: « Voilà un mangeur et un buveur, un aihi des publicains et des gens de mauvaise vie. » Après avoir ainsi parlé de Jean, l’Évangéliste ajoute : « La Sagesse a été justitiée par ses enfants, Ils voient que la vertu de continence doit toujours résider virtuellement dans le cœur, mais que sa manifestation par les œuvres est subordonnée aux circonstances et à l’opportunité des temps, comme la vertu de patience des saints martyrs. Ainsi donc, de même que Lierre martyrisé et Jean non martyrisé ont à nos yeux un égal mérite de patience, de même aussi nous trouvons un mérite égal de continence chez Jean, qui ne connut point le mariage, et chez Abraham, qui engendra des fils. Car le célibat de l’un et le mariage de l’autre ont, chacun dans leur temps, milité pour la cause du Christ. Mais Jean avait aussi la continence dans les œuvres; Abraham l’avait seulement d’nne manière virtuelle et comme habitude de cœur. »
Ainsi à l’époque qui suivit les jours des patriarches, la loi porta une sentence de malédiction contre quiconque ne produirait point de postérité en Israël; celui qui ne le pouvait pas n’en produisait point, mais il obéissait virtuellement à la loi. Depuis, les temps se sont accomplis, et il a été dit : « Qne celui qui peut comprendre ceci le comprenne; que celui qui possède la vertu d’intention fasse les œuvres ; que celui qui ne veut pas faire les œuvres ne mente pas en disant (|ue la puissance des œiiviœs n’est