‹ Abailard et HéloïseChapitre 5 sur 80 · XX VU · texte numérisé non relu

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les autres; en vain des scrupules renaissaient ciuelquefois dans son tàme; en vain le retour du dimanche , d’une fête solennelle, alarmait sa dévotion sur des plaisirs défendus; tout cédait à un ascendant auquel elle u’imaginait même plus qu’il lui fût permis de résister.

Plusieurs mois se passèrent sans que rien vînt , je ne dis pas troubler, mais réveiller ces deux âmes engourdies dans une sorte de sommeil magique. Tout amour du travail, toute passion même de la gloire étaient éteints dans le cœur d’Abailard ; incapable d’étude , il se rendait avec répugnance aux écoles, et impatient d’en sortir, il y répétait languissamment d’anciennes leçons que son esprit énervé n’avait plus même la force de rajeunir. Ses disciples virent avec consternation la chute de leur maître , et le deuil se répandit dans toute la nation philosophique. Le public ne pouvait être longtenq)s discret : ce qui faisait l’entretien de tous arriva enfin aux oreilles de Fulbert ; sa douleur et son indignation égalèrent la confiance où il avait vécu jusque alors ; Abailard sortit de chez lui confus, accablé de remords, déchiré d’une si cruelle séparation , mais indifférent à ses propres maux , pour ne sentir que le malheur d’Héloïse qui, de son côté, ne paraissait souffrir que de l’humiliation et de la rougeur qui couvraient le front de son amant. Tel est le récit que nous fait Abailard , récit touchant et naturel malgré la recherche des formes. Us se ({uittèrent plus unis, plus passionnés que jamais, et peu de temps après, Héloïse, s’apercevant qu’elle était grosse, en instruisit Abailard avec transport et orgueil. Choisissant alors une nuit oïi Fulbert se trouvait absent, il l’enleva déguisée en religieuse , et la conduisit en Bretagne clicz sa sœur, connue seulement sous le nom

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