‹ Abailard et HéloïseChapitre 57 sur 80 · COMPOSÉE · texte numérisé non relu

COMPOSÉE

PAR PIERRE LE VENERABLE iibbë de Cluny.

Le Socrate de la France, le Platon snhlinie de l’Occident, notre Aristote, l’égal on le maître de tons les logiciens passés et présents; le prince reconnu de la science, dans tout l’imivers : génie varié, sul)til, pénétrant; vainqueur de tons les obstacles par la force de sa raison et la grâce de sa parole : tel était Abailard; mais il a

l'HANSLATlON DI' COUPS irAHAILAHD

» HÉLOÏSE

reniporlé su plus grande victoire lorsque, revêtant l’habit religieux de Cduny et les mœurs monastiques, il passa, dans le camp du Christ, à la véritable plnlosophie ; c’est là qu’il a dignement terminé sa longue carrière, le onz.ième jour des calendes de mai, et ((u’il nous a laissé l’espérance de voir son nom figurer un jour parmi ceux des philosophes chrétiens.

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MiTÏKE ITHÉLOISE

A rilîKKE LE VÉNÉRABLE

ABBÉ DE CLÜNY.

A Pierre, son (rès-i'évérenil pasteur et père, vénérable abbé de CInny, Héloïse, Inimble servante de Dieu, et la sienne:

1/esprit de la grâce du salut.

La divine miséricorde , et avec elle votre condescendance;, nous a visitées. Nous nous félicitons de ce que votre grandeur a daigné descendre jusqu’à notre petitesse,, et nous en sommes tières , car votre visite est un grand honneur même pour les plus grands. Les antres savent combien la présence de votre Sublimité leur a apporté d’avantages ; pour moi, il m’est impossible, je ne dis pas seulement d’exprimer par des mots, mais d’embrasser dans ma pensée tout le bienfait et toute la douceur de votre visite. Vous, notre abbé, notre seigneur, vous avez franchi notre seuil , l’an dernier , le seizième jour des calendes de décembre, et vous avez célébré une messe spéciale pour

326 IKTTKE d'iIÉLOÏSE A IMERItE I.E VÉNÉRAItl.E.

nous reconiniander au Saint-Esprit. Dans le cliapitrn, vous nous avez nourries de la parole divine, et votre bouche a fait notre éloge : vous nous avez rendu le corps du Maître, et vous nous avez accordé le bénéfice de Eluny. Moiniêine, qui ne suis pas digne du nom de \otre servante, votre sublime bumilité n"a point dédaigné de me donner dans votre lettre et dans votre entretien le nom de sœur : comme un gage particulier de votre sincère atiéction, vous m’avez donné un Tricenarium que le couvent de Cluny doit acquitter après ma mort au profit de mon âme, et vous avez ajouté que vous auriez soin de confirmer ce don par l’apposition de votre sceau. Ce que vous avez eu la bonté de promettre à votre sœur, je dirais mieux à votre servante, veuillez, mon frère, je dirais mieux, mon seigneur, veuillez l’accomplir.

Plaise à votre bonté de m’envoyer un autre sceau, dans lequel l’absolution du Maître soit contenue en termes clairs, afin qu’il soit suspendu à son tombeau.

Souvenez-vous aussi, pour l’amour de Dieu, de notre fils Astralabe, qui est aussi le vôtre, afin d’obtenir pour lui une prébende de l’évêque de Paris ou de tout auti'e diocèse.

Adieu ; cpie, le Seigneur vous garde, et nous accorde qucfipiefois la faveur de votre présence.

IIM.OINK liK^OlT PIKRHK-l.lvVKNKRABI.K Al' l'ARACI.ET,

LETTRE

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