‹ Abailard et HéloïseChapitre 58 sur 80 · ABBÉ DE CLUNY · texte numérisé non relu

ABBÉ DE CLUNY

A iinli'o vcrici'able el Irès-cliére sœur, servante de Dieu, Héloïse, Supérieure el Maîiresse des servantes de Dieu, son frère l'ierre, humble Abbé de Cluny : l.a plénitude du salut par le Seigneur, el relie de notre amour en Jésus-Christ.

(Test avec une joie bien vive que j’ai lu la lettre de votre sainteté, car j’ai reconnu que ma visite à votre couvent n’avait point glissé sans laisser de trace; non-seulement j’ai été avec vous^ mais depuis ce temps je ne vous ai point quittées. L’hospitalité que vous m’avez donnée n’a pas été comme le souvenir de l’hôte d’nne nuit, qui arrive la veille et part le lendemain ; je n’ai pas été chez vous l’étranger ni le pèlerin ; j’ai eu mon droit de cité dans la demeure des saintes, ma place an foyer dn Seigneur. Toutes les cireonstances de mon séjour se sont si bien fixées dans

LETTRE DE l'IEIÎItE LE VÉ.NÉli.VIiLE

voire relij^ieiiso mémoire;, vos cœurs hienveillanls en oui si bien retenu les impressions, malp-ré sa brièveté, (pie TOUS n avez laissé tomber aucune de mes paroles, (ielles que j’ai prononcées pour votre instruction, celles nu'me qui pouvaient paraître sans valeur, vous avez tout recueilli ; la sincérité de votre affection a tout pravé dans \olre esprit, comme des mots puissants, comme des mots célestes et dignes de toute votre vénération, comme les paroles mêmes ou les actions du Christ. l‘eut-être cette attention extrême vous a-t-elle été inspirée par la recommandation contenue dans notre règle commune, celle qui appartient à la fois à Cluny et au Paraclet, et qui nous ordonne d’adorer le Christ dans nos hôtes, car nous le recevons avec eux. N’avez-vous pas aussi songé à cette parole relative aux supérieurs, quoique je ne sois pas votre supérieur : « Celui qui vous écoute m’écoute moimême »? Plaise au ciel que j’obtienne constamment auprès de vous la même faveur : daignez vous souvenir de moi, et inqdorer pour mon âme la miséricorde du Tout- Puissant, avec le saint troupeau qui vous est confié. De mon coté, je vous offre tout le retour d’affection qui m’est possible ; car longtemps avant de vous avoir vue, et surtout depuis que je vous connais, je vous ai réservé dans la profonde intimité de mon cœur la jilace d’iui amour vrai, solide et digne de vous. Le don d’un Tricenarium que je T OUS ai fait quand j’étais chez vous, je vous le continue, absent, par un écrit scellé de mon sceau, comme vous eu avez témoigné le désir.

.levons envoie aussi , comme vous l’avez demandé, l’jdisolution du 3Iaître Abailard sur un parchemin , egalt^ment écrite de ma main et scellée d(' mon sceau.

Par \olre Astralabe, (jui (“sl aussi le U(3tre, à cause de vous, dès (pie j’en trouverai le moy(*u, je m'etforeerai . et

A HÉLOÏSE

ce sera une grande satisfaction pour moi, de lui procurer une prébende dans quelcpÉiine de nos églises de premierordre. La chose touh-fois est difficile ; car, je l’ai déjà souvent épr-onvé, lorsqu’il s’agit de donner des prébendes dans leurs églises , les évêques ne se montrent guère accommodants ; ils ont toujours des objections et des tins de nonrecevoir. Je ferai cependant pour vous tout ce que je pourrai et dès que je le pourrai.

Adieu !

ABSULUïlUN DE PIERRE ÂRAILARU

Moi, Pierre, abbé de Cluoy, qui ai reçu Pierre Abailard comme moine de Cluny, et qui ai concédé son corps, transporté lurtivemenl à Héloïse, abbesse, et aux religieuses du Paraclet,

— Par l’autorité de Dieu tout-puissant et de tous les saints, je l’absous d’oilice de tous ses péchés.

TESTIMONIA VETERIIM

OU

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