‹ Abailard et HéloïseChapitre 59 sur 80 · PET HO AHÆEAHDO ET II E TOI SSA · texte numérisé non relu

PET HO AHÆEAHDO ET II E TOI SSA

OTHO EPISCOPÜS FRISENGENSIS,

l.in. 1, DK RKBrS GESTIS FRIDERICI I, IMPER. — CAP. XI.A'II, XLVIlï ET XLIX.

Xllti SIÈCLE.

Erat aiitem Bernardus Clarævallensis abbas, tàm ex cbristianæ leligionis fervore zelotypus, qiiàm ex habitudinali niansuetudine^ quodammodô credulus; ut et magistros^ qui humanis rationibus, seculari sapientiâ confisi, nimiùm inhærebantj abhorreret, et si quicquam ei christianæ fidei absonum de talibus diceretur, facilè aureni piæberet. Ex quo factum est ut, non multo antè hos dies, ipso auctore, primo ab episcopis Galliæ, post à Romano Pontifice Petro Abœlardo silentium impositum fuerit. IVtrus iste <-x eâ Galliæ provinciâ, quæ mmc ab incolis

1 Nous avons sous les yeux une liste de cent soixante (|uin/.e auteurs qui ont parlé d’Abailard. Nous en citerons seulement queliiues-uns, sans observer scrupuleusement l’ordre cbronologique.

TKSTIMOM \ VETERLM.

liritannia dieitiir, origineni traiiens (est eiiiiii prædiela (erra elerieoruni acuta ingénia et artibns applicata habentinm, sed ad alia negotia penè stolidoruin^ ferax), is, inqnam^ litterarnm studiis, aliisque facetiis ab inennte a^tate deditusfuib sedtàm arrogans, suoqne tantùm ingenio confklens, ut vix ad audiendos niagistros ab altitudine mentis suæ humiliatus descenderet. Habuit tamen primo præoeptorem Hozelinnrn qnemdam, qui primus nostris tem- ])oribus in Logicà sententiam Vocum institnit : et post ad gi’avissimos viros Anseimum Laudunensem, Gnillielmum €ampellensem Catalauni episcopum migrans, ipsornmque dictornm pondus^ tanquàm subtilitatis aeumine vacuum judicans, nondiii sustinuit. Indè, magistrum induens, Parrhisios venit^ plurimùm in inventionum subtilitate non solùm ad phiiosopliiam necessariarnm^ sed et pro commovendis ad jocos animis hominnm utilium valons. Ubi oceasione quâdam satis nota non benè tractatus, monacbus in monasterio Sancti Dionysii efl'ectns est. Un' din noctuqne lectioni ac meditationi incubans, de acuto acutior, de litterato efficitur litteratior : in tantum ut, post aliquod tempus ab obedientiâ abbatis sui solutus, ad publicum prodiret, docendique rursùs officium assumeret, Sententiam ergo Vocum seu Nominum in naturali tenensfacnltate, non caulè theologiæ admiseuit. Quarè, de sanctà Trinitate docens et scribens, très personas quas saneta Ecelesia non vacuaNomina tantùm, sed Res distinctas, snisque proprielatibus discretas, hactenùs et piè credidit, et fideliter doeuit, nimis attenuans, non bonis iisus exemplis, inter ea^ tera dixit : » Sient eadem oratio est propositio, assunqjlio, et eonclusio : ità eadem essentia <‘St Pater, <‘1 Filins, e( Spiritus sanctus. » t)li lioc Suessionis provineiali contra eiim syiiodo sub præsenlià Romana" Sedis begati eongia*gatâ, ab egregiis viris, et iiomiiialis magisiris, All)erico

TESTIMOMA VETEIUM.

Keiuense^ ,et Leutaldo Novariense, Sabellianus liæreticus judicatus, libres qiios edideral;, propriâ manu ab episcopis igni dare coactus est ; nullâ sibi respondendi facultate, cü qiiôd disceptandi in eo peritia ab omnibus suspecta liaberetur, concessâ. Hæc subLodovico seniore Francorum rege facta sunt.

Cap. XLVIII. — Post hæc, dùm rursùs pluribus diebus legeret, maximamque post se sociorum multitudinem traheret, sedente in urbe Romà Innocentio, in Francia vero Lodovico superioris Lodovici filio régnante, ab Episcopis abbateque Bernardo denuo ad audientiam apud Senonas evocatur, præsentibus Lodovico rege, Theobaldoque Palatine comité, et aliis nobilibus, de populoque innumeris. Fbi dùm de Ode suâdiscuteretur, seditionem populi timens, Apostolicæ Sedis præsentiam appellavd. Episcopi verè simul et abbas, missâ ad Romanam Ecclesiam legatione, ac eis pro quibus impetebatur capitulis, danmationis ejus sententiam in litteris reportaverunt .

Cap. XLIX. — Petrus damnationem sui dogmatis à Romanâ Ecclesiâ conOrmatam cognoscens, ad Cluniacense cœnobium se contulit, Apologeticum scribens, prædictorum capitulorum partim verba, ex toto autem sensum negans qui sic incipit : « Ne juxtà Boetianum illud proœmiis nihil afferentibus tempus teratur, ad rem ipsam veniendum est, ut innocentiam meam ipsa rerum veritas potiùs quàm verborum excuset prolixitas. » Hæc autem pauca de multis contra eum posita sufficiant capitula :

« Quèd Pater sit plena potentia. Filins quædam potentia, Spiritus sanctus nulla potentia.

« Quod Spiritus sanctus non sit de substantià Patris.

« Uiièd Spiritus sanctus sit anima mundi.

« Quod Christus non assumpsit carnem, ut nos à juge diaboli liberaret.

TESTIMOMA VETEKI M.

c( (Jund 11011 iH-ccaveriiiit (|iii (Ihristiiiii i^oioraiifcr cnicitixoniiit. »

Ipsc vcrù non imillis post diebus coràni fralribiis suis lidoni siiani Imniiliter (‘xpoiiens, in eodoin vilain tinivil (‘(jenobio.

THAT)Iir,TION.

Bernard était alors abbé de (’dairvaux. Sa douceur liabiliielle et son zèle ombrageux pour la religion le rendaient naturellement crédule. Il avait en horreur les maîtres qui croyaient à la sagesse du siècle, et ipii étaient trop attachés à la raison Immaine. Aussi prêtait-il facilement Toreille à toutes les accusations dirigées contre eux au sujet de la foi chrétienne. Ce fut à son instigation qne les évêques de France et le souverain Bontife imposèrent silence à Pierre Abailard. Ce Pierre était de la ]irovince de France que ses habitants

nomment aujourd’lmi Bretagne . Dès son jeune âge, il

s’appliqua tout entier à l’étude des lettres et aux ('xercices de l’esprit^ mais il était si présomptueux et si plein de conliancc dans son génie, cpi’il consentait à peine à descendre des hanteurs de son intelligence pour écouter les leçons de ses maîtres. Il eut d’abord pour précepteur un nommé Pmzelin, qui le premier, dans notre siècle, introduisit dans la logique le système nominaliste. Il visita ensuite les savants professeurs Anselme de Faon et Guillaume de Champeaux, évêque de Cliàlons, et se lassa bientôt de leurs graves enseignements, (Kirce qu’ils mampiaient à ses yeux de subtilité et de tinessc. Maître lui-même, il vint à Paris, et déploya une grande sagacité dans toutes les matières de la plnloso|)bie, en amusant les esprits par les ruses et les détours de la scolastique. Maltraité dans une circonstance bicm comme, il prit riuibil de moine dans le monastère de Saint-Denis. Là, courbé nuit et jour sur les livres, enfoncé dans la méditation, il aiguisa encore son es|)rit, déjà si pénétrant, il agrandit le trésor de sa science,

TESTIMOISIA VETERIM.

el délivré bientôt de Toliéissance envers son abbé, il se présenta derechef en public, et reprit le cours de ses leçons .

Dans le synode provincial qui fut réuni contre lui à Soissons, sous la présidence du Légat du Saint-Siège, il fut déclaré hérétique sabellien, et forcé par les évêques à jeter au feu de sa propre main le livre qu’il avait composé; et la liberté de répondre et de se justifier lui fut refusée, tant on avait peur de son habileté consommée dans la dialectique. Ces choses se passèrent sous Louis-le-Jeune, roi de France.

Chap. XL\ III. — Plus tard, le succès et l’influence extraordinaire de ses leçons provoquèrent la réunion d’un nouveau concile à Sens, auquel assistèrent le roi Louis, Thibault, conue palatin, et une foule de nobles. Pendant qu’on discutait ses principes, craignant une sédition du peuple, il fit appel au Saint-Siège. Mais les évêques et l’abbé de Clairvaux se hâtèrent d’envoyer à Rome des messagers porteurs des chefs intentés contre lui, et qui revinrent aussitôt avec une lettre d’innocent, contenant la condamnation d’Abailard.

Chap. XLIX . — Celui-ci, connaissant que la sentence des évêques a^ait été confirmée par l’Église romaine, se retira dans le monastère de Cluny, et composa une Apologie, où il rejette en partie les textes hérétiques qu’on lui attribue, et

proteste de son orthodoxie .

Peu de temps après, il mourut dans le même monastère, en présence de ses frères, et dans tous les sentiments de l’humilité et de la foi.

SANCTÜS BERNARDUS.

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