‹ Abailard et HéloïseChapitre 8 sur 80 · XXII · texte numérisé non relu

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ESSAI IIISIOHIOI i:

AhailiU'd , loin do sonjj;(‘r à so iairo nn pieux mérité di' si'smaux, en repoussait, avec aversion tontes les amertumes. Ineapable de snppoiler (priléloïse demeurât litire ([uand elle cessait d(‘ lui appartimir, it exigea (pi’elle prît le voile dans le eonvimt d’Argentenil. Héloïse n’tiésita pointa accomplir le sacrifice ipion lui imposait, mais elle le sentit : « A ton commandement, dit elle , je cliangeai d’àme (ui meme temps ipie d’iia-

l)it . Ce fut ta volonté, non la dévotion , qui nfen-

Iraîna, pleine de jeunesse , dans les rigueurs de la vie monastiipie. » Aliailard le comprit , et, moins sur (pi'il n'aurait diï l’ètre de son amour et d(' sou courage , « se rappelant ipie lafemnu' de Loth avait tourné ses regards en arriére,» il voulut (pi'Hélo'ise lïït, avant lui, consacrée a Hi(‘u sans retour, llelo'ise , moins toucliéi' de ci' soin jaloux que de l’injure faite à sa teiulresse, lui reproeliail eucoie longtenqis apri'S nn si crnet soupçon : « .l’en rougis , » lui dit-idle, « et sentis une violente douleur de te voir en moi si peu de conliauee; an liremier ordre. Dieu le sait, j(‘ fanrais i»réeédé on suivi dans les gouffres brûlants de la terre. .Mon àme n’était pins avec moi . mais avec toi. »

C.eiiendant elle obéil , l't, inébranlable dés ipi’idie s’était soumise , elle accepta la destiuéi' (pi'elle n'avait [las choisie avec cette grandeur de caractère qui, di's ce moment, l’a distinguée entre' les femmes. Au momc'iit de sa profession , ses amis rentouraieut , plaignant sa jeunesse , la conjurant de ne si' jioint condamner à un intolérable supplice; mais ('lie s’erbappa du milii'ii d'i'ux-, monta àTaulel, puis, jtrenant b' voile béni, (‘lie s’i'U convril et prononça b's verux irrévocabb's.

i,es é])reuv('s monastiipu's étaie'ul alors d(' p('n d(' (Inri'i'; et la résolution des (b'iix époux avait été si

KOULgUJvS , PRIKUR DK 1)KUJI,

1’ xxxm.

sut AUAU.Altl) ET HEEOISE.

proniple que, lorsque Abailard entra a Saint-Denis, ses ressentiments conscryaient encore toute la violence du premier moment. Deux de ses assassins , l’un destpiels était le domesti((ue qui l’ayait Ih ré, pris eu s'enfuyant, avaient été condamnés à la peine du talion, (d, de plus, à perdre les yeux. Fulbert, traduit devant la cour ecclésiasti([ue, composée de l'evèque et des chanoines , avait nié toute partici[)atiou au crime. Cependant une sentence très-sévère, à ce qu’il paraît, avai été d’abord ijortée contre lui ; mais ensuite, sollicitée , selon toute apparence, par les amis de Fulbert, et prenant en considération sa qualité de clerc , la cour était revenue sur ce premier justement, et s’était bornée à dépouiller le'coupable de ses biens. Cet adoucissement du [)remier arrêt avait profondément irrité Abailard. Il menaçait de porter plainte à Rome, et de poursuivre , par tous les moyens, l’éx'ê(|ue et les chanoines qu’il accusait de s’être ainsi rendus les complices de ses assassins. Le couvent même , autant (pi’on en peut juger, prenait en main sa cause, et devait fournir aux frais du voyage et de la poursuite. 11 est à présumer que, souvent en lutte avec l’arcbevc([ue et les chanoines de la cathédrale, l’abbé avait choisi cette occasion de leur nuire. Les amis de la paix cherchèrent à étouffer ces senrences de discorde ; ce fut alors ({ue Foulques, prieur de Deuil , écrivit à Abailard la lettr-e déjcà citée , où il se sert, pour calmer son ressentiment, de tons les motifs de consolation ou de patience que lui peuvent otfrir la raison et la religion , employant alternativement la louange et la sévérité. Passant au reproche, il félicite Abailard de l’événement qui , à la fois, a mis un terme à ses erreurs et humilié sa fierté, en lui lais.^ant pour consolation l’intérêt universel qu’a ius|)iré son

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