‹ Abailard et HéloïseChapitre 11 sur 103 · I.ll · texte numérisé non relu

I.ll

ESSAI IIISTOHlylE

toutes les lumières (lu temps travaillèrent dans le sens du parti tliéocratique.

Cependant le priueipe d’opposition qui avait présidé à sa naissance devait bientôt se manifester dans son sein, et révéler ce qu’il y avait de contradictoire entre les moyens des réformateurs et leur projets, entre leur situation et les principes qu'ils y voulaient appliquer. Dans la disjmsilion des esprits, tant de ceux qu’il fallait conduire que de ceux qui avaient droit à gouverner, l’idée d’une théocratie semblait naturelle, grande, applicable. Mais la seule base qu’on pûl alors lui donner, le christianisme, répugne par sa nature au gouvernement tliéocratique, et devait bientôt le troubler par son action. La théocratie est un moyeu de civilisation qui convient aux temps de barbarie, à ces époques de profonde ignorance où les idées du petit nombre s’imposent sans résistance et sans modification À des imputations avides de croire et incapables déjuger. Ni l’ignorance ni la crédulité ne manquaient aux imputations du douzième siècle ; mais le christianisme n’avait pas été fait |mur elles. Né au soin d’une civilisation déjà avancée, issu d’un grand développement de sentiments et d’idées, il avait eu pour premier objet de briser chez les Juifs le joug théocra tique, de détruire le règne des Pharisiens, de soustraire les esprits à la tyrannie des formes, pour les rendre à l’empire de la vérité suprême, sentie et acceptée par la conscience individuelle. Répandu ensuite au dehors de la Judée, chez les peuples les plus éclairés de la terre, élaboré pendant onze siècles par de puissants et subtils esprits, expliqué, étendu en tous sens autant que le pouvait permettre la foi, le christianisme offrait, dans les seuls écrits avoués et révél és de l’Église, une multitude d’autorités et d’argn-

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