A I N AMI
dr ma douleur. Mon esprit se repaissait de tristes images : de quelle gloire je jouissais encore tout à l’heure, et avec quelle facilité un seul moment l’avait llétric et h jamais détruite ! Le jugement de Dieu était juste, et j’étais puni dans la partie de mon corps qui avait péché. Les représailles de Fulbert étaient légitimes, il m’avait rendu trahison pour trahison. Quel triomphe |M)ur mes ennemis, et comme ils vanteraient cette balance parfaite entre la faute et le châtiment ! quelle inconsolable douleur le coup qui me frappait allait jeter dans l’Ame de mes parents et de mes amis ! Mon accident, publié partout, allait occuper le monde entier de la honte d'un seul homme. Où passer maintenant? quelle ligure faire en publie? J’allais être montré au doigt par tout le monde, déchiré par toutes les langues, et devenir pour tous les regards un monstrueux spectacle.
Une chose contribuait encore a m’altérer : selon la lettre meurtrière de la loi, les eunuques sont en telle abomination devant Dieu , que les hommes réduits h cet état par l’amputation ou le froissement des parties viriles sont repoussés du seuil de l'Église comme fétides et immondes, et que les animaux eux-mêmes, lorsqu’ils sont ainsi mutilés, sont rejetés du sacrifice.
« Tout animal impuissant ne sera |>oint offert nu Seigneur *. »
« L’eunuque n’entrera point dan» l’assemblée de l’Éternel *. »
Confus et honteux de moi-même, ce fut , je l’avoue, le sentiment de ma pitoyable disgrâce, plulét qu’une vocation sincère, qui me fit chercher l’ombre du cloître, après toutefois qu'Héloïse eut obéi à mes ordres avec une entière abné-»
* l.évitique, cbap. xm.
i Ueut.vonme, cliap. xml.
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