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que la venue du Saint-Esprit lui constitue en propre la solennité de la Pentecôte, comme la venue du Fils lui assure la fête de la Nativité. En effet l’Esprit saint, qui a été envoyé aux disciples de Jésos-Chrit comme le Fils a été envoyé au monde, peut réclamer, à ce titre, une solennité particulière. H semble même qu’il y a plus de raisons de lui vouer un temple à lui qu’à une autre personne de. laTrinité, si nous voulons considérer avec plus d’attention l’autorité apostolique et l’oeuvre du Saint-Esprit lui-inéme. En effet, l’Apôtre n'affecte nominativement un temple particulier à aucune des trois personnes, si ce n’est au Saint- Esprit. Et il ne dit pas « le temple du Père, » ou « le temple du Fils », comme « le temple de l’Esprit saint, » dans sa première Épitre aux Corinthiens : « Celui qui s’attache au Seigneur n’est qu’un seul esprit avec lui. » Et plus loin : « Ne savez-vous pas que vos corps sont le temple de l'Esprit saint qui est en vous, que vous ave/ reçu de Dieu, et qui ne vient point de vous? » Qui pourrait ignorer encore que les bienfaits des sacrements divins que l'Eglise confère sont attribués spécialement à l’opération île la grâce divine, dont le Saint-Esprit est le symbole ? C’est par l’eau et le Saint-Esprit que nous renaissons dans le baptême, et dès lors seulement nous devenons un temple spécial ponr le Seigneur. Pour achever ce temple, l’Esprit saint nous visite sous la forme des sept dons, et les effets de la grâce en sont l’ornement et la dédicace. Qu’y a-t-il dorw d t tonnant si nous assignons un temple corporel à la personne à qui l’Apôtre en attribue spécialement un spirituel ? Ou bien à quelle personne une église sera-t-elle plus justement consacrée qu’il celle dont l'opération particulière nous proeure tous] les bienfaits dont l’Église est le eanàl ? Cependant ce serait mal interpréter ma pensée que de se figurer que j’ai donné à mon oratoire la déno-
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mination do l’araclet dans l’intention de le dédier à une seule personne : je l’ai ainsi nommé à rause du motif dont j’ai parlé plus haut, c’est-à-dire en mémoire de la consolation qui m’avait été envoyée. Toutefois, si j’avais agi dans les vues qu'on me suppose, ma dédicace, bien qu’étrangère à l’usage, n’aurait rien de contraire à la raison.
J’étais caché de corps en ce lieu, mais par ma renommée je parcourais l’univers, et le remplissais de ma parole comme ce personnage poétique, que l’on nomme Écho, qui fait beaucoup de bruit, mais il n’y a rien dessous. Mes anciens rivaux, n’ayant plus par eux-mémes assez de puissance, suscitèrent contre moi quelques nouveaux autres ', en qui le monde avait une foi entière. L’un d’eux se vantait d’avoir ressuscité la vie des chanoines réguliers, l'autre celle des moines. Ces hommes, dans les prédications qu'ils semaient en courant le monde, s'acharnant sans pudeur à me déchirer, réussirent à soulever momentanément contre moi le mépris de certaines puissances ecclésiastiques et séculières : ils débitèrent tant sur ma foi que sur mon genre de vie des fables tellement sinistres, qu’ils détachèrent de moi les principaux de mes amis euxmémes, et ceux qui me conservaient quelque chose de leur ancienne affection étaient intimidés au point de mettre tous leurs soins à la dissimuler. Dieu m’est témoin que je n’apprenais jamais la convocation d’une assemblée d'ecclésiastiques sans penser que ma condamnation en était l’objet. Tout tremblant dans l’attente de quelque coup de foudre, je m’attendais à être traîné d'un moment à l’autre comme un hérétique ou un profane dans les conciles ou dans les synagogues. Et , s’il est permis de comparer la puce au lion, et la fourmi à l’éléphant, mes rivaux
1 St. .Norbert et Si. Bernard.
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me poursuivaient avec la haine implacable que les hérétiques déployèrent autrefois contre saint Athanase. Souvent, Dieu le sait, je tombai dans un si profond désespoir, que je songeais à sortir des pays chrétiens pour passer chez les inlidèles, et acheter par un tribut quelconque lo droit d’y vivre en repos et chrétiennement au milieu des ennemis du Christ. Je me persuadais que les païens me seraient d'autant plus favorables, que ma condamnation les éloigueraitde croire que jefusse chrétien et leur feraitainsi espérer de me convertir plus facilement à leur idolâtrie.
Au moment où, harcelé sans relâche par de si cruelles inquiétudes, je ne voyais plus d'autre ressource que d’aller chercher parmi les ennemis du nom chrétien un refuge dans les bras du Christ, voulant saisir une occasion de me soustraire un peu aux embûches qui m’enveloppaient, je tombai entre les mains de chrétiens et de moines mille Ibis pires et plus féroces que les gentils. Il y avait en Bretagne, dans l’évêché de Vannes, une abbaye de Saint-Gildas de Ruys, que la mort du pasteur laissait sans direction. L’élection unanime des moines, ratifiée par le duc de cette province, m'appela au siège qui était vacant, et il fut facile d’obtenir le consentement de l'abbé et des frères de mon couvent. Ainsi la jalousie des Français m’exilait à l’Occident, comme celle des Romains avait relégué sain t Jérôme à l’Orient; car, j’en prends Dieuà témoin, jamais je n’aurais accepté l’offre qu'on me faisait, si ce n’eût été pour échapper, n’importe comment, aux vexations dont j’étais incessamment accablé. C’était un pays barbare dont la langue m’était inconnue, et les moines ne dissimulaient nullement leur vie honteuse et leurs moeurs indomptables au milieu d’une population brutale et sauvage. Ainsi donc, semblable à un homme qui, à la vue d’un glaive levé sur lui, se lance de terreur au fond d’un précipice où il sebri-