‹ Abailard et HéloïseChapitre 40 sur 103 · I.ETTBF. D ABAU.Ant · texte numérisé non relu

I.ETTBF. D ABAU.Ant

sera, et, pour retarder d’une seconde relie mort qui le presse, va tomber dans les liras de celle qui l'alleiid, je m'élançai sciemment d’un |M>ril dans un nuire; et là, sur le rivage de l'Océan aux voix effrayantes, la terre manquant à ilia fuite, je répétais souvent dans mes prières : « Des extrémités de la terre j'ai crié vers vous, Seigneur, taudis que mon cu-ur était dans l'angoisse 1 . » Je ne pense pas, en effet, que personne ignore aujourd'hui à quels tourments affreux mou ou*ur était nuit et jour en proie, lorsque je songeais aux périls qui menaçaient à la fois mon ûme et mon corps. Hélas ! pourquoi avoir entrepris de gouverner ces moines indisciplinés ? Si je tentais de les faire rentrer dans la vie régulière qu'ils avaient fait vont d'observer, il m’était impossible de vivre : j’en avais la certitude; que si, au contraire, je ne faisais pas tous mes efforts pour accomplir celle tâche, j’encourais la damna* lion éternelle. Ce n’est pas tout. Le seigneur du (wys, qui avait un pouvoir souverain, exerçait depuis longtemps sur l'abbaye une autorité tyrannique, et, profitant du désordre qui régnait au monastère pour usurper la propriété de toutes les terres domaniales de l’abbaye, il faisait peser sur les moines des exactions plus lourdes que celles mêmes dont les Juifs tributaires étaient accablés. Les moines m'obsédaient pour leurs besoins journaliers, car la communauté ne possédait rien que je pusse leur distribuer, et chaeun s’en prenait aux débris de son propre* patrimoine pour se soutenir, lui et ses femmes, avec ses fils et ses tilles. Non contents de se réjouir de mes cruels embarras, ils faisaient encore main basse sur tout ce qu’ils pouvaient emporter, atin de compromettre mon administration, et de me forcer ainsi soit à relâcher la discipline, soit à nie

» Psnumt i v.

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