‹ Abailard et HéloïseChapitre 56 sur 103 · I.ETTRE ll'llKLOÏSK · texte numérisé non relu

I.ETTRE ll'llKLOÏSK

src dans 1rs choses exlérii mes ? C’esI ce qui faisait dire nu Psalmisle : « Vos vœux, Seigneur, sont en moi, cl je vous les rendrai en actions de grâces. » A celte parole ajoutez celle du porte :

Ne vous cherchez point hors de vous-mêmes.

Nous ne manquons pas de témoignages, soit parmi les auteurs sacrés, soit parmi les profanes, qui nous apprennent que les actions extérieures sont indifférentes, et qu’il faut peu s’y attacher. Autrement les œuvres de la Loi, et l'insupportable joug de sa servitude, comme dit saint Pierre , seraient préférables à la liberté de l'Évangile et au joug aimable du Christ, cl à son fardeau léger. Jésœ- Christ lui-même, pour nous inviter à ce joug aimable et à ce fardeau léger, nous dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés. » C'est pourquoi saint Paul réprimandait avec force les Juifs nouvellement convertis qui voulaient encore suivre l’ancienne Loi, comme on le voit dans les Actes des Apôtres : « Hommes, mes frères, pourquoi tentez-vous Dieu en voulant imposer aux disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter? Mais nous croyons que nous serons sauvés par lu grâce du Seigneur Jésus-Christ, comme eux aussi. »

Vous donc, qui êtes non-seulement un disciple de Jésus- Christ, mais encore un fidèle imitateur de l'Apôtre, et par le nom et par 1a sagesse, conformez votre règle à la faiblesse de notre sexe, alin que nous soyons principalement occupées à chanter les louanges du Seigneur. C’est ce qu’il recommande, après avoir rejeté tous les autres sacrifices extérieurs, lorsqu’il dit : « Si j'avais faim, je ne l’en dirais rien, caria terre habitable est à moi, et tout ce qui est en elle. Mangerai-je la chair des taureaux , et boirai-je le sang

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A ABULAIU».

(1rs lioucs ? Immole ?» Pieu un sacrifiée de louanges, et rends les voeux au Très-Haut, et invoque-moi au jour de là détresse; je te délivrerai, et tu me glorifieras. »

Si je parle ainsi, ce n’est pas dans l'intention de rejeter tout travail corjKirel lorsque la nécessité l’exigera, inaisalin de ne pas attacher trop d'importance aux travaux qui sont relatifs au corps Seul, et nuisent à la célébration de l’office divin, puisque, d’après le témoignage même de l'autorité apostolique, on accorde aux femmes de religion le privilège d'être nourries et entretenues aux frais de l’Église plutôt que par les ressources de leur propre travail. Saint Paul écrivait à Timothée : « Que si quelque fidèle a des veuves, qu’il les assiste, et que l'Eglise n’en soit point chargée, afin qu’il y ait assez pour celles qui sont vraiment veuves. »

Il appelle vraiment veuves les femmes dévouées à Jésus- Christ, et qui non-seulement ont perdu leur mari, mais auxquelles le monde est crucifié, comme elles sont crucifiées au monde. Ce sont celles-lii qu’il convient d'entretenir aux dépens de l’Église, comme du revenu de leur propre époux. C’est pourquoi le Seigneur confia le soin de sa mère à un apôtre plutôt que de le remettre à son mari ; et les apôtres eux-mêmes ont établi sept diacres, c’est-à-dire sept ministres de l’Église, pour veiller aux besoins des saintes femmes.

Nous n’ignorons pas que l’Apôtre, écrivant aux Thessaloniciens, condamne rudement la vie oisive et qui répugne à tout travail : « Celui, dit-il, qui ne veut pas travailler, ne doit pas manger. » Nous savons aussi que saint Benoit a ordonné le travail des mains pour éviter l’oisiveté. Mais Marie était-elle donc oisive lorsqu'elle se tenait assise aux pieds du Seigneur pour écouter ses paroles? Cependant Marthe, qui s'occupait de tous les soins de la maison jK>ur elle et pour Jésus-Christ, murmurait avec jalousie contre

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