‹ Abailard et HéloïseChapitre 66 sur 103 · I.F.TTRE O ABMLAnn A IIKI.OÏSF · texte numérisé non relu

I.F.TTRE O ABMLAnn A IIKI.OÏSF

tesse, et comme un assaisonnement qui sera aisément goûté par des petites servantes du Seigneur. Pour les écrire et pour les classer, j’ai suivi l’ordre des fêtes célébrées par l’Église, et j’ai commencé par le commencement même de notre rédemption.

Adieu en Jésus-Christ, servante du Christ, jadis chère à. mon cceur dans le siècle, aujourd’hui plus chère à mon âme dans le Seigneur, mon épouse autrefois selon la chair, ma sueur maintenant selon l’esprit, et ma compagne dans la profession religieuse.

*CIVF!«T I.K* S FUMONS.

LETTRE

Héloïse, naguère mon épouse chérie dans le siècle, aujourd’hui ma sœur bicn-aimée en Jésus-Christ, la logique m’a rendu odieux au monde. Des pervers qui pervertissent tout, et dont la sagesse est toute occupée à nuire, disent que je suis le maître de tous en logique, mais que dans mon commentaire sur saint Paul mon pied a bronché. Ils vantent la pénétration de mon génie, ils me refusent la pureté de ma foi chrétienne; c’est, h ce qu’il me semble, parce qu'ils ont été égarés dans leur jugement par l'opinion, et non point enseignés par l’expérience. Je renonce au titre de philosophe, si je dois être en désaccord avec saint Paul ; je ne veux pas être un Aristote, pour être séparé du Christ; car il n’est point d'autre nom sous le ciel qui puisse me sauver. J’adore le Christ régnant à la droite du Père. Je l’embrasse des étreintes de la foi, dans la chair qu’il a empruntée au sein d’une vierge par l’opéra-

LETTRE D’aBAILARD

tion du Saint-Esprit, et dans la gloire de ses divins miracles. Pour que tout sentiment inquiet, toute incertitude, toute crainte soient chassés de ce cœur qui bat pour moi dans ta poitrine, retiens bien ceci : J’ai fondé ma conscience sur cette même pierre sur laquelle le Christ a bâti son Église. Je vais le dire en peu de mots ce qui est écrit sur cette pierre : Je crois en Dieu, Père, fils et Saint-Esprit, un et seul vrai, et qui admet la trinité dans les personnes, sans cesser jamais de conserver l’unité dans la substance. Je crois que le fils est égal au Père en toutes choses, savoir : l’éternité, la puissance, la volonté et les œuvres. Je repousse l’hérésie d’Arius, qui, excité par un mauvais génie, et même séduit par l’esprit de l’enfer, établit des degrés dans la Trinité, enseignant que le Père est le premier, le Fils le second, malgré le précepte de la loi qui dit : « Vous ne monterez point par des degrés à mon autel. » Or, celui-là monte par des degrés à l’autel de Dieu, qui place une personne de la Trinité avant ou après les deux autres. Je reconnais aussi que le Saint-Esprit est consubstantiel et égal en toutes choses au Père et au Fils, et je l’ai souvent désigné dans mes écrits sous le nom de la Bonté suprême.

Je condamne Sabellius, qui, faisant du Père et du Fils une seule personne, pense que le Père a aussi souffert la passion; ce qui a fait donner à ses sectaires le nom de patripassionnaires.

Je crois aussi que le fils de Dieu a été fait fils de l’homme, et que l’unité de sa personne réside dans deux personnes et dans deux natures. Je crois qu’après avoir accompli les jours de son humanité, il a souffert, il est mort, il est ressuscité, il est monté au ciel, et qu’il viendra juger les vivants et les morts.

Je crois fermement aussi que tous les péchés sont remis

A HÉLOÏSE

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dans le baptême; que nous avons besoin de la grâce pour commencer le bien et pour l’achever, et que nous pouvons nous relever de la chute par la pénitence.

Ai-je besoin de parler de la résurrection de la chair, puisque je n’aurais nul sujet de me glorifier d'étre chrétien, si je 11e croyais à ma future résurrection? Telle est la foi dans laquelle je suis assis, et d’où je contracte toute la fermeté de mon espérance. Dans cette retraite, je ne crains pas les aboiements de Scylla, je me ris du tourbillon homicide de Charybde, et je brave les sirènes et leurs accents qui mènent à la mort. Si l’ouragan tonne, je ne suis pas ébranlé; si les vents rugissent, je reste immobile; car je suis fondé sur une pierre invincible...

APOLOGETIQUE

DE L’ÉCOLATRE BÉRENGER

CONTRE SAINT BERNARD, ARBK DE CLAIRVAl'X,

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