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fll<- riait faillir par la chair «Inns ir combat qu’elle a livre, plus elle apparaitra glorieuse dans sa récom|»ense éternelle.
Ceei, ma très-chère sieur en Jésus-Christ, n'est |>oinl une llatterie, mais une exhortation a envisager toute la grandeur de la carrière dont vous avez déjà glorieusement parcouru une partie, et un encouragement à persister jusqu'au bout dans cette voie salutaire : afin que votre zèle veille plus que jamais d’un (cil jaloux à la conservation de ce trésor que vous amassez dans le ciel, afin que vous animiez de la parole et de l'exemple, selon la grâce que Dieu vous a départie, les saintes qui servent avec vous le Seigneur, et qu’elles soutiennent la même lutte avec un courage qui ne se démente jamais. Vous êtes un de ces animaux de la vision du prophète Kzéchiel : vous ne devez pas seulement brûler comme un charbon, mais comme une lampe, vous devez à la fois brûler et éclairer. Vous êtes disciple de la vérité, mais par votre dignité et vos fonctions relativement aux religieuses qui vous sont confiées, vous êtes aussi maltresse d'humilité. Oui, l’enseignement de l’humilité et de toutes les célestes pratiques vous est imposé par Dieu ; aussi devez-vous veiller avec soin nonseulement à vous-même, mais encore au troupeau qui vous est eontié. Responsable de toutes vos filles spirituelles, vous avez droit à une récompense supérieure. Sans doute une palme vous est réservée pour toutes; car, vous le savez bien, toutes celles qui, sous votre direction, auront vaincu le monde et le prince du inonde, vous prépareront autant de triomphes, autant de glorieux trophées auprès du Roi et du Juge éternel.
Il n'est pas non plus sans exemple dans l’humanité que des femmes aient commandé à des femmes ; nous voyons même qu’elles ont quelquefois combattu et accompagné
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les hommes sur le champ de bataille. Car s’il est vrai, comme on le dit, que
« Nous pouvons emprunter des enseignements à notre ennemi même »,
chez les Gentils, la reine des Amazones, Penthésilée, au rapport de l’histoire, combattit souvent avec son armée dans la guerre de Troie. Chez le peuple de Dieu, la prophétesse Débora nous est représentée, dans les livres saints, animant Barach le juge d’Israël contre les païens. Pourquoi donc les femmes qui marchent aux combats de la vertu contre le fort revêtu de ses armes, ne pourraientelles conduire les armées du Seigneur, lorsque Penthésilée, s’élevant au-dessus des convenances ordinaires, combattit de sa propre main contre les ennemis, et lorsque notre Déliora souleva les hommes eux-mêmes pour la cause de Dieu, leur lit prendre les armes, et enflamma leurs courages! Ensuite, apres la défaite du roi Jubin, la destruction de l’armé»! des infidèles, et la mort de Sisjfra, leur général, elle chanta aussitôt un cantique, et le consacra dévotement aux louanges dti Seigneur. Bien plus glorieuse sera la victoire que vous remporterez fwir la grâce de Dieu, vous et vos tilles, sur des ennemis infiniment plus redoutables; bien plus glorieux aussi sera votre cantique, et vous le chanterez avec une joie si complète et si vive, que ni la joie ni le cantique ne cesseront plus jamais dans votre cœur. Vous serez jiour les servantes de Dieu, c'està-dire pour l’armée céleste, ce (pie Debora fut pour le peuple juif. Et ce combat, dont le prix est inestimable, nul temps, nul événement ne viendra le ralentir : votre victoire seule y mettra un terme. Le nom de Debora, votre érudition le sait bien, signifie en langue hébraïque Atieille : Mais serez encore en cela une Debora. c'est-à-dire une
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abeille. En effet, vous comjioserez un Hier trésor de miel, mais non pas pour vous seule, car tous les sues précieux que vous aurez recueillis en divers endroits et de différents calices, vous les reverserez par votre exemple, par vos paroles, par tous les moyens possibles, dans lame des sumrs de votre maison ou des autres femmes. Pans le court espace de cptte vie mortelle, vous vous rassasierez vousmême de In secrète douceur des saintes Ecritures. et votre prédication continuelle en rassasiera vos sœurs bienheureuses jusqu'à ce jour promis, où, selon la parole du prophète, les montagnes distilleront l’éternelle douceur, et les collines couleront le lait et le miel. En effet, bien que cela soit dit du temps de la grftee, rien n'entpêche, et même il pst plus doux de l'entendre du temps de la gloire.
Combien je me plairais à prolonger longtemps avec vous un semblable entretien ! Votre érudition si célèbre me charme, et les éloges que plusieurs personnes ont donnés à votre* haute piété sont un attrait bien plus puissant encore. Plût à Pieu que notre abbaye de Cluny vous eût possédée ! Plût il Pieu que cette agréable prison de Marrigny vous eût renfermée avec les autres servantes du Christ qui attendaient dans les fers la Céleste lilierté ! J’aurais préféré les trésors de la religion et de la science aux richesses des rois les plus fastueux, et j’aurais vu avec ravissement le suhlitnc collège de ces saintes sœurs emprunter à-votre présence des clartés plus divines et plus rayonnantes. Vous auriez eu vous-même à vous féliciter de ce glorieux entourage, et vous auriez admiré 1 la plus haute noblesse du monde et tout son orgueil foulés aux pieds. Vous auriez vu toutes les suraltoudanecs du luxe mondain échangées contre le dénument le plus romplet, et les vases impurs du démon devenus tout-à-coup les
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temple3 sans tache du Saint-Esprit. Vous auriez vu ees jeunes filles du Soignent*, dérobées à Satan ou au monde comme par un larcin, élever sur les fondements de l'innocence les hautes murailles des vertus, et conduire jusqu’aux sommets du ciel la tour de leur divine architecture. Vous auriez tressailli de joie en voyant ces jeunes fleurs d’angélique virginité réunies aux plus chastes des veuves . toutes ensemble soutenant la gloire de cèlle heureuse et magnifique résurrection, et. sous l’éfroite voftte de la geôle, déjà corporellement ensevelies dans le sépulcre de l’immortelle espérance. Toutes ces choses, et de plus grandes peut-être , vous sont données par le ciel . à vous et à vos compagnes, et il serait difficile, sans doute, de rien ajouter à votre zèle pour toutes les |>erfeotions clwéliennes ; mais notre communauté trouverait les avantages les plus désirables dans l’accession des grâces précieuses que vous possédez.
Toutefois, si la providence de f lieu , dispensatrice de toutes choses, nous a refusé les fruits de votre présence, du moins nous a-t-elle accordé celle de l’homme qui vous appartient, de l’homme, dis-je, qu'il faut nommer souvent, et toujours avec honneur , le serviteur et le véritable philosophe du Christ, le Maître , Pierre Almilard, que la Providence divine a bien voulu nous envoyer à Clunv dans les dernières années de sa vie ; nous pouvons dire aussi qu’elle bons a fait dans sa personne et dans ses exemples un don mille fois plus précieux que l'or et les perles. Quant à la vie édifiante et pleine d'humilité et de dévotion qu’il a menée au milieu de nous, il n'y a qu’une voix dans toute la communauté pour lui rendre témoignage; la louange de tant de vertus ne saurait tenir en quelques mots. Si je ne me trompe , je ne me rappelle pas avoir vu son pareil pour l’humilité dans la déniai che et le véte-