‹ Abbayes de l'âevãechâe de BayeuxChapitre 20 sur 72 · BENEFICES-CURES · texte numérisé non relu

BENEFICES-CURES

1° Airel. — Arel, de Arello, canton de Saint-Clair (Manche). Dans la charte XIX, par laquelle Guillaume du Hommet donne à Cerisy le prieuré de Saint-Fromond, se voit la mention de l'église d'Airel : cum parte sua de ecclesia Arel. Dans la bulle de confirmation du Pape Alexandre III en 1178 figure aussi l'église d'Arel.

On ignore à quelle époque ce patronage cessa d'appartenir à Cerisy.

2° Amayé-sur-Seulles (Saint-Vigor d'). — Amaeum super Seulam, canton de Villers-Bocage. Stat. monumentale, T. I, p. 191.

L'église est en forme de croix, le chœur se termine par une abside à pans, voûtée en pierre, et doit dater de la fin du XVe siècle.

L'abbaye de Cerisy nommait à la cure, elle percevait les deux tiers des grosses dîmes et verdages sur le fief d'Amayé et de l'autre côté de la rivière partageait avec Saint-Etienne. Le curé prélevait un tiers sur le tout.

Archives de la Manche. H. 1538. Vers 1200. Je Mathilde de Ainayé du consentement de Roger de Coisnieres de Choisneriis mon fils donne aux religieux de Cerisy, en Amayé,deux gerbes de dixme du fief de Guillaume de Liberiaco (Livry) et j'adjoute deux gerbes de dimes de toute ma seigneurie d'Amayé, témoins Gaultier d'Espiney, Guillaume d'Amae, prêtres, Pierre Patrie, Mathieu de Cormolain, chevaliers, Guillaume Piougeir, Guillaume Moiun. — Omnibus Christ f fidelibus ad quos prœsens scriptum pervenerit

Thomas de Coisneriis, miles, salutem. Noverit universitas vestra qicod ego.... et pro sainte animœ meœ et animarum Willelmi de Coisneriis patris mei et Mathildis matris meœ aliorumque... vivorum meorum dedi Deo et Sancto Vigori Cerasii et Bertranno abbati et monachis ibidem deo servientibus ecelesiam sancti Vigoris de Amaeio cum omnibus pertinenciis suis et cum omni jure patronatus et advocationis qui mihi jure hereditario contingebant... garbas decimœ ejusdem ecclesiœ quas in dominio meo percipiebam sine prœdecessores mei possidebant. Dedi etiam in propiis usibus percipiendas cum assensu et confirmatione Domini Roberti Baiocensis episcopi. Hœc quidem omnia dedi et concessi prœfatis monachis in puram et perpetuam elemosinam in poster um possidenda, nichil mihi et heredibus meis in his omnibus retinens. Quod ut ratum et tnconcussum permaneat in futurum, présentent paginam sigilli mei munimine roboravi. Actum est hoc anno verbi incarnati millesimo ducentesimo nono.

Cette charte, légèrement endommagée, est. une des seules qui aient été conservées en original. — Robert, évêque de Bayeux confirme ce don en mai 1209. — Guy, évêque de Bayeux, confère à Guillaume d'Aunay la cure d'Amayé après la résignation de Jean Bonnefoye 1241. — L'année suivante il y nomme Guillaume du Saussey. — Aux assises de Caen en 1269 Guillaume de Coisnières est débouté de ses prétentions au patronage. — Le dimanche avant l'ascension 1269, Guillaume, doyen de Feuguerolles écrivait à l'official de Bayeux : Je me suis transporté en l'église d'Amayé... Je me suis informé du nombre des paroissiens et de la valeur de la cure... J'ai trouvé que la ditte paroisse était de quatre-vingt douze paroissiens et que lad. église pouvait valloir pour desservir annuellement 23 livres tournois ou environ. H. 1539, 1571-1789. Baux de tout et tel droit de dîme qui peut appartenir à l'abbaye en la paroisse d'Amayé-sur-Seulles.

Lors de la rédaction du Livre Peint, elle ne fut pas taxée, et d'après le partage fait au XVIII siècle, elle se trouva dans le lot des religieux.

3° Anisy (Saint-Pierre d') — Aniseium. Canton de Crenilly. Stat. mon. T. 1, p. 348. L'église est romane et les murs sont en arêtes de

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poisson. On y remarque une porte assez élégante dont les archivoltes sont ornées de losanges et de frettes crénelées. Le curé percevait les deux tiers des dîmes, l'évêque de Bayeux l'autre tiers; sur le tout un trait était perçu par le chapitre de la Cathédrale.

Le patronage était alternatif avec le seigneur et finit par devenir laïque.

En 1356 il appartenait à Guillaume d'Anisy ; l'église valait 60 l et fut taxée à 25.

En 1580 Guillaume de Reviers était patron d'Anisy.

En 1728 le patron était M. Louis-Gabriel de Clinchamps, écuyer, enseigne dans les vaisseaux de sa Majesté.

Archives de la Manche H. 1404. Raoul d'Anisy donne le patronage. — Guillaume d'Airel prêtre remet aux mains d'Henri évêque de Bayeux la portion de la chapelle de Cloê qui appartenoit au fief Raoul d'Anisj, lequel Raoul en donne le patronage à l'abbaye de Cerisy avec les dîmes de cette portion. — Vers 1180 procès entre M. abbé de Cerisy et Luc prêtre d'Anisy. Le patronage est reconnu alternatif et Luc y fut nommé du consentement de l'abbé. — En 1232 Thomas, évêque de Bayeux, reçut la présentation par l'abbé de Jean d'Arry pour sa portion. — 1249, Henri fils Eudes d'Anisy, disant que la moitié de l'église d'Anisy luy appartenait reconnaît avoir donné aux religieux tout le droit que lui et Guillaume fils Eudes son frère avaient en ladite église.

Présentations. En 1441. Après la résignation de Michel Auvraj', l'abbé présente Jean Auvray; Jehan Pouphan, chevalier anglais, y présentait aussi simultanément.

Original. 1728. Déclaration par Guillaume Foubert prêtre curé d'Anisy, des terres et revenus de la cure s'élevant à 828', sur quoi il est tenu dire quatre-vingts messes, fournir 10 ' pour sa part de l'entretien du chœur, 78' de décimes, 120 ' pour sa récolte, 50 ' pour l'entretien de ses grange et maison presbitérale soit net 600 '.

4° Argouges-sous-moSles (Saint-Nicolas, puis Saint-Jean-Baptiste d'

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— de Argougetis. Canton de ïrévières, Stat. mon. T. 111, p. 049. L'église a été détruite et la paroisse réunie à celle de Mosles. Lors de la rédaction du Livre Pelut, elle valait 40 livres et fut taxée à 10. Le patronage retourna au seigneur laïque et l'abbaye de Cerisy percevait seulement les dîmes.

Archives de la Manche H. 1404. Par une charte sans date Robert de Villers donna aux religieux de Cerisy le droit de patronage qu'il avait sur l'église de Saint-Nicolas d'Argouges avec ses appartenances ; témoins : Mathieu Chapelain à Cerisy, Jourdain de Mosles, Odes d'Argouges prêtres, Guillaume de Grai, Guillaume de Vierville chevaliers, Guillaume Taillebois et Richard de Villers. — Henri évêque de Bayeux à tous... salut... sachez que s'étant meu proceds entre l'église d'Argouges et l'église, de Mosles, il a été transigé sur iceluy entr'elles sur les dîmes d'Enguerrand de Villers a scavoir que la moitié d'icelles demeurera à l'église de Mosles et l'autre moitié à celle d'Argouges et Jourdin de Mosles doit estre curé durant sa vie de l'église de Mosles et de l'église d'Argouges ; témoins : Robert archidiacre, Etienne archidiacre, Jourdain, Raoul fils d'Eudes, Vaultier. — 1237. Collation par Thomas évêque de Bayeux, de la cure d'Argouges à N. Adre. — 1269. Abandon devant Odon de Lorris évêque de Bayeux par Robert de Villers chevalier de ses prétentions au patronage.

H. 1567. — 1507. Thomas Le Barillet était curé d'Argouges.

5° Arsmoutiek (Sainte-Marie d') dans l'Ile de Jersey. Sancta Maria Arsi-monasterii. Cette église, avec celle de Saint-Martin-le-Vieux, fut donnée à Cerisy en 1042 par le duc Guillaume-le-Bàtard.

Archives de la Manche H. 1404. — 1198. Guillaume, évêque de Coutances nomme à la cure Robert Fleury.

6° Bérigny (Saint-Médard et Saint-Godard de) , — Sanctus Medardus et Sanctus Gildardus de Berigneyo. Canton de Saint-Clair (Manche).

Au XIVe siècle, l'église valait 40 ! et fut taxée à 10. Le seigneur

laïque présentait deux fois, l'abbaye une. Les dîmes appartenaient au curé.

Archives delà Manche H. 1404. — 1258. Alicie, dame de Croilet, veuve de Richard de Croilet chevalier, donna le patronage de Bérigny et Laurent de Croilet son fils fut nommé à la cure.

Original. — 1626. Pierre Sauget, vicaire général de l'abbé, présente Louis Le Coq après le décès de Jean Le Coq, mais le roi de France, à cause du procès entre l'abbé et le seigneur de Vérigny, y présenta le 27 juin suivant Robert Fallas, étudiant en l'université de Paris. Au XVIIIe siècle, un collège existait à Bérigny et le chapitre de Bayeux en nommait le principal.

Original. — 1724. Présentation à la cure de Jean Tailleboscq après la résignation de Grégoire Jordin.

Id. — 1733. Présentation de Pierre-Charles Dreux après la mort de J. Taillebos.

H. 1543. — 1475-1700. Aveux du fief es Guilberts, situé à Bérigny et contenant 10 acres. Les charges consistaient en 12 s. l, 2 chapons au jour Saint Etienne, reliefs, treizièmes, obéissance de juridiction en haute, moyenne et basse justice.

H. 1544. — 1510-1691. Aveux du fief au Berruier contenant 6 acres, par 12 deniers de cens, reliefs, treizièmes, aides coutumières.

H. 1545. — 1515-1713. Aveux du fief Roger Bunouf contenant 14 acres, par 2 sous tournois à la Toussaint, 4 chapons à Noël, reliefs, treizièmes, service de prévôté.

7° Bbetonville {Saint-Pierre de) — de Brectouville, canton de Thorigny (Manche). Cette église ainsi que celle de Hiéville fut échangée contre Saint-Amand de Thorigny par le seigneur du lieu. Le curé était seul décimateur.

Original. — 1718. Présentation après la mort de Jacques de Bussy, de François Potier, diacre.

8° Cairon (Sahit-Hilaire de), — de Caron, Karun, Quaron, canton

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de Creully. Stast. mon., T. I. p. 343. Le chœur est du XIIIe siècle et voûté, la nef est romane. Le patronage appartint au Roi ou au seigneur laïque ; depuis 1082 l'abbaye de Sainte-Trinité de Caen percevait un tiers de la dîme et le curé les deux autres.

Archives de la Manche, H. 1404, p. 200. — Scachent tous presens et à venir que je Guillaume Ade de Caron donné et concédé en pure perpétuelle aumosne pour le salut de mon àme et de mes prédécesseurs à Dieu et à Saint-Vigor de Cerisy, à l'abbé et aux raoynes servants à Dieu audit lieu tout le droict de patronnage de l'église Saint-Hilaire de Caron avec touttes les appartenances d'icelle dont l'on scait et chacun cognoist que le droict nous appartient de tout temps à moy et à mes ancestres. Et affin que cela demeure ferme et stable j'é icellui confirmé par le présent et de mon sceau. Ce fust faict l'an de Nostre Seigneur mil deux cents cinquante-trois au mois de may. — P. 194. Scachent tous présents et à venir que je Guillaume, filz Adde de Caron, ay donné et concédé et du tout délaissé en pure et perpétuelle aumosne pour le salut de mon âme le patronnage de l'église de Saint-Hilayre de Caron avec les appartenances pour le tenir et avoir par eux et leurs successeurs librement, paisiblement, sans contredit ny reclam de moy ny de mes héritiers qui concédons deuement ceste donation. Et affin que cela soict ferme et stable à l'advenir je confirmé par ce présent et de mon sceau. Ce fut faict l'an de Nostre Seigneur mil deux cens cinquante sept au mois de septembre.

1383. N. de Colombières conteste le patronage après la mort de Jean Boutin, curé.

Jean Mémel, curé en 1482.

Original. — Les habitants de Cairon devaient en 1475 un éperon doré et furent taxés à 12 livres pour l'apanage du duc d'Orléans. — En 1581 ils payaient à la Vicomte de Caen VIIS VId et en 1631, 15 sous.

9° Caviginy, — Cavigneium, canton de Saint-Jean de Daye (Man che). Guillaume du Hommet donna au prieuré de Saint-Fromond ecclesiam Cavigneii cum décima.

10° Gehisy (La Madeleine de), — Canton de Saint-Clair (Manche). Le duc Robert II, en fondant l'abbaye de Cerisy, donna, outre le lieu nommé Cirisiacus, les églises, etc., et autres dépendances devenues domaine ducal depuis les conquêtes des premiers Normands. A la place de ces bâtiments ayant jadis servi d'église, il en bâtit une assez vaste pour contenir la communauté et la paroisse que celle-ci était seule chargée de desservir. Plus tard au XIIIe siècle, quand les moines entreprirent de construire l'addition, ils durent transporter la paroisse dans la chapelle Notre-Dame de l'Épine, située à cinq cents mètres environ; mais dès le XVII siècle l'office était établi dans la nef de l'église abbatiale. Les moines, pour n'être plus chargés de l'administration des sacrements, nommèrent d'abord un vicaire perpétuel. A partir de 1686, le clergé de la paroisse se composa d'un curé, de deux vicaires et de deux chapelains.

Le Registrum offîcialis fournit de nombreux renseignements sur la Madeleine de Cerisy.

P. 316. — 1315. Enquête et visite le mercredi après Lœtare Jérusalem.

P. 334. — 1319. Enquête par Lucas Le Peintre. 1321. — 1341. Ces enquêtes montrent que malgré le voisinage de l'abbaye, les lois de la morale étaient trop souvent enfreintes... on y relève aussi quelques cas de lèpre, de sorcellerie, etc., etc.

P. 506. — 1377. Nouvelle visite de l'official... Invenimus defectum notorium in superliciis et injunximus thesaurariis hàberi quatuor super iicia infra festum Assumpcionis Beatœ Mariœ adpœnam XL solidorum. Alia ornamenta erani satis competentia. Item in ecclesia non eraïit capœ. Injunximus duas capas haberi infra purificationem Beatœ Mariœ ad pœnam XL s. t... Item invenimus vitreas diruptas et cancellum maie reparatum ita quod propter pluvias et ventos contrarios presbiter et clerici non possunt stare ad majus altare nec corporalia possunt tenere super calicem et similiter ad altare Beatœ Mariœ. Idcirco precipimus et injunximus emendari tam in vitreis quam etiam in coopertura et aliis necessariis ad pœnam C s. t. citra festum omnium Sanctorum... Item invenimus quod domus leprosario'

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dictœ villœ cecidit per terrain propter sustentioais défection quam precepimus refeci et rcparari infra natale Bomini.

L'état de délabrement de la chapelle Notre-Dame de l'Épine était occasionné parles ravages de la guerre des Anglais. Déjà lors de la rédaction du Livre Pelut, elle n'avait pas été taxée.

Quoique la paroisse eût été installée dans la nef de l'abbaye, la chapelle de l'Épine resta néanmoins et servait notamment aux processions de la Fête-Dieu à laquelle les divers corps de métiers assistaient avec des torches, dès avant le XVIIe siècle. Elle fut démolie pendant la Révolution et quelques pierres tombales ont été replacées dans la chapelle du Saint-Sacrement. On lira, plus loin, dans le Mémoire d'un curé de Cerisy, de curieux détails sur son ornementation et son autel.

En dehors des procès, factums et mémoires des curés de Cerisy contre l'abbaye, on a peu de renseignements sur la partie de la nef qui servait de paroisse. Les murs de clôture furent modifiés plusieurs fois. Il y avait d'abord des balustrades en claire-voie. L'autel Sainte-Madeleine placé près des fonds et adossé à un pilier fut, plus tard, porté contre le mur de séparation ; la chaire était au troisième pilier. On voit, sur le plan de l'église, que le chœur de la paroisse comprenait deux travées et était garni tout autour de stalles pour le clergé.

Le plus ancien vicaire perpétuel de Cerisy que l'on connaisse est Me Pierre Riquier. En 1470, il commanda un antiphonaire, en tête duquel on lit ces vers :

L'an mil quatre cents soixante

avecque dix pour faire comte

Fut ce livre bien accomply

De par tous les clercs de Cerisy

Pour le temps estoit leur curé

Messire Pierre Riquier,

Qui a iceulx s'est accordé

De vingt livres loyamment payer

Pour délivrer cestuy livre...

190 abbaye de cerisy.

Messire Johannes Richard

Fit du bien a Escrivain.

Et luy donnoit matin et tard

De son bon cidre et de son pain.

Jehan de Provost, Robin Pichard

Ils d'un faisoient sembdabdement, etc.

1599. — Jean Le Barillier, vicaire.

1614. — Marie Viel, vicaire.

1614. — Robert Bernard, vicaire perpétuel.

1617. — Anne Goubot. 1622. — Marin Le Mottier. 1623. — Pierre Le Barillieb.

1666. — Charles Jacques, vicaire perpétuel. 1668. — Jacques Guu.-

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