II. 1271. Asceline est connue par la charte suivante
Archives Nationales. J. 462, n° 273. — Excellentissimo domino Philippo, Dei gracia francorum régi illustri, suce humiles et devotœ et orationes assiduœ Acelina abbatissa de Cordeillon totusque ejusdem loci conventus subjectionem cum orationibus humilibus et devotis. Litteras vestras per venerabilem virum et discretum capellanum vestrum Vivianum de Lisco exibitorem earum rece. pimus, valde de vestris tribulationïbus desolatœ, in quibus, inter cetera, vidimus contineri ut animas domini Ludovici quondam régis francorum felicis mem.oriœ genitoris vestri, nec non domini J. quondam comitis Nivernensis fratris vestri, domini Th. quondam régis Navarrœ sororini vestri et etiam illustris Reginœ dominée Isabellce uxoris vestrœ defunctorum, piis missarum et devotarum orationum suffragiis divinœ misericordiœ commendaremus et faceremus commendari. Nos attendentes petitionem vestram esse justissimam, cum nichil sit quod clariore lace prœfulgeat quam recta fides in principe et quodpium est orare pro mortuis et dilectionem quam predecessores vestri semper ergo nos et nostrum monasterium habuerunt et vos, divina favente clementia, semper habebitis in futurum, dominationi vestrœ in vita et morte et animabus illorum pro quibus rogastis plenam participationem omnium bonorum spiritualium tam in missis quam in jejuniis,vigilibus et orationibus et aliis servitiis et elemosinis et bonis aliis duximus concedendum. Adeo quod de ccetero in perpetuum singulis annis eorum anniversaria faciemus et in noslro martilogio hoc scribemus et specialiter de triginta sex monialibus quœ sunt in domo nostra, quœlibet monialis cum omni devotione et affectione decem psalteria dicet pro animabus prœdecessorum defunctorum singulis annis. Verum quia in rébus temporalibus inediam non modicam patimur ac ideo non nisi unicum sacerdotem secundum facidtates nostras
18 ABBAYE DE CORDILLON
habere et exhïbere sufftcimus et sic, non nisi una missa in nostro monasterio celebratur, nisi nobis a vicinis sacerdotïbus succurratur, felicis recordationis domini Ludovici régis francorum, illustris genitoris vestri et dominée Isabellœ conjiigis vestrœ et aliorum prœdictorum defunctorum nomina in missali nostro, in canone missœ, faciemus conscribi et pro eisdem ubi Christus hostia immolatur et fit defunctorum memoria exorari ut eisdem pius et misericors dominas dignetur sioam gratiam impartiri et eos a suorum absolvere realibus peccatorum. Insuper pro vobis, ad missam et in omnibus orationibus nostris orabimus diligenter, quod celsitudini vestrœ ad petitionem dicti capellani vestri, tenore prœsentium, intimamus. Valeat excellentia vestra diu et bene in domino dominorum qui vos conservet ecclesiœ Dei et regno vestro gubernando féliciter per tempora longiora. Datum anno domini millesimo ducentesimo septuagesimo primo.
Cette charte est scellée de deux sceaux dont l'un, celui de l'abbaye, a été décrit plus haut. Le second est le sceau personnel de l'abbesse. 11 est ogival et mesure 0m044 de diamètre. Au centre, l'abbesse debout avec sa crosse et un livre; dans le champ, à senestre, on voit trois fleurs de lys superposées. La légende porte en beaux caractères : * S. ACELINE ABBATISSE SCI LAYRENCII DE CORDEILLON.
Gallia Christiana. Instrumenta, p. 400: 1273. Philippe, roi de France, vend à l'abbaye pour 14*5s7d 1 obole XLVM acras, très virgatas et dimidiam terrœ vacuœ in qua fait diu boscus... et VIII acras et unam virgatam bosci qui vocatur Le Caisnel juxta boscum dictarum religiosarum.
111. 1285-1304. Emmelinela Francheise, « gouvernoit cette maison au mois d'octobre 1285. Nous avons appris son nom par la copie d'une charte du Sépulcre de Caen qui nous a été communiquée. Elle se dit abbesse par la permission divine du monastère de Saint- Laurent de Cordeillon. L'an 1285, Pierre de Benais, évêque de Bayeux, confirma la donation de la dîme d'Orbois. »
Nouvelle lacune de vingt-six années.
IV. 1320-1334. Michelle de Combray. Cette abbesse avait pour armes de vair ou plutôt de sinople à la bande de gueules : ce qui a fait croire
qu'elle était de la famille de Combray1. Elle succéda à par droit
d'ancienneté comme cela était alors en usage. On a lieu de présumer qu'elle fut élue après la Nativité Notre-Dame 1320 et qu'elle mourut ou se démit l'an 1334.
Archives du Calvados, n° 26. — 1332. Fieffé de terres sises à Juays par l'abbesse de Cordillon à Jehan Flanibart, écuyer de la paroisse de Longues.
Armoiries : d'azur à 3 lionceaux d'or 2 et 1.
V. 1334-1340. Jeanne de Tessel « a commencé à gouverner cette communauté en 1334, après Saint Michel, en septembre. Nous savons qu'elle étoit de Tessel, paroisse voisine entre Cordillon et Caen et issue de la noble et ancienne famille de ce nom. Nous avons reçu une donation de Robert de Tessel, miles, datée du mois d'avril 1258 ; il ne seroit pas impossible que ce Robert eût été l'aïeul de notre abbesse et nous avons lieu de croire que Typhaine de Tessel, veuve de Guillaume de Vaux, sieur d'Olivet, notre bienfaitrice, étoit sa sœur. Dieu l'appela à lui en 1340 après un gouvernement d'environ six ans. »
Armoiries :
VI. 1340-1356. « Madame Nicolle deFeuguerolles fut élue abbesse en 1340. Elle étoit fille de Mre Jean de Feuguerolles, chevalier, seigneur du lieu et de Saint-Louet-sur-Seulles et de Jeanne de Vaucelles. Elle étoit religieuse en cette maison et avoit fait à Dieu un sacrifice d'autant plus grand qu'elle étoit une riche héritière, conjointement avec Luce, sa sœur, qui épousa Mre Hue de la Haye, chevalier, baron de Coulonces. Elle mourut en 1356. »
Armoiries : ....
1. La famille de Combray a toujours porté pour armoiries : d'azur à 3 lionceaux 4'or, 2 et i.
20 ABBAYE DE COBDILLON
Vil. 1356-1377. « Philippe de la Lande commença à gouverner cette maison en 1356, en ayant été élue abbesse. Elle étoit d'une famille noble et fort ancienne que l'on croit être de Monceaux, paroisse assez proche d'ici. Elle était déjà abbesse le mercredi après la saint Barnabe de la susdite année. Elle mourut en 1377. »
En 1373, le roi Philippe le Hardi donne à l'abbaye 48 acres de terres libres sises à Lingèvres.
Armoiries : de sable à 3 merlettes d'or 2 et 1.
VIII. 1377-1391. « Richabde, alias Julie Le Mellier, étoit abbesse dès la fin d'août 1377. En 1356, elle étoit la 3e en rang des religieuses qui composaient alors la communauté. »
Calvados n° 34, 1378. Fieffé par l'abbesse à Guillaume Malherbe de 17 vergées de terre pour 20 boisseaux de froment de rente. — N° 35. 1378. Riche Mellier fieffé à Jeanne ve de Guillaume Rogier des terres sises à St-Louet-sur-Seulles.
Armoiries :....
IX. 1392. Tiiomasse Thézart, sœur de Louis évêque de Bayeux, religieuse puis abbesse de Cordillon, fut appelée par son frère à Saint- Pierre-de-Reims ; mais elle mourut l'année même en 1394.
Armoiries : d'or à la fasce d'azur surmontée d'une rose de gueules.
X. 1394-1409. Jeanne de Tilly, de l'illustre et noble famille de ce nom. « On sait qu'elle avoit du zèle pour le bien de son abbaye. Elle fit mettre en ordre tous les titres des biens. On apprend par un journal du 1er mars 1403 que le temporel étoit administré par un procureur, lequel fournissoit à l'abbesse ainsi qu'aux religieuses l'argent et les autres choses nécessaires l'un aux termes de Pâques, Saint-Jean-Baptiste et les autres au besoin. Entr' autres il marque deux paires de gans pour Mmes Thomine et Guillemine pour gerber des gerbes au mois d'aoust. » Elle fit faire aussi en 1394 un rôle des rentes et fiefs de l'abbaye.
Armoiries : d'or à la fleur de lis de gueules.
ÉVÈGHÉ DE BAVEUX 21
XI. 1409-1440. Philippe Tiiézart, fille de Herbert IIe et de Perrenelle de Dampierre, fit beaucoup de réparations à l'abbaye. En l'an 1421 il y eut beaucoup de mortalité et de guerres. Lorsqu'elle mourut en 1440, elle laissait la communauté nombreuse et bien réglée.
Armoiries : d'or à la fasce d'azur surmontée d'une rose de gueules.
XII. 1440-1456. Perrette d'OuviLLE de Beaumont figure comme abbesse de Cordillon dans un acte du 6 juillet 1440. Elle fut suspendue en 1443 par l'évêque de Bayeux et mourut après un gouvernement d'environ 15 ans.
Armoiries : d'azur à 3 étoiles d'argent 2 et 1.
XIII. 1456-1460. Marguerite de Loucelles, fille de Jean s1 de Cornières et de Marguerite de Cairon, fut élue avant le6 mars 1456. « Je ne sais pourquoi Mme de Loucelles fut préférée à Mme de Littehaire qui étoit prieure dès l'an 1453; tout ce dont je suis assurée c'est qu'elle mourut avant le 19 mars 1460. Il y a apparence qu'elle étoit l'ancienne de profession de Mme de Littehaire puisque c'étoit l'usage alors d'élire la plus âgée en religion ainsi que nous le lisons dans d'anciens manuscrits de cette maison. »
Calvados, n° 54. — 1458. Fieffé par l'abbesse à Jean de Verson é1', des terres de Sainte-Croix Grand-Toune par 12 boisseaux de froment de rente.
Armoiries : de gueules à la quinte feuille d'argent, au chef d'hermines.
XIV. 1460-1472. Perrette de Littehaire, religieuse de Cordillon. Elle était la seconde dès 1440, prieure en 1453, fut élue abbesse avant le 19 mars 1460. Elle mourut fort âgée après avoir gouverné pendant douze années.
Armoiries : de gueules à deux fasces d'or accompagnées de 6 croisettes de même 3, 2 et 1.
XV. 1472-1486. Isareau de Troismonts, prieure de Cordillon dès 1460, fut élue abbesse en 1472 et dut mourir assez jeune puisque sa
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sœur, qui lui succéda, a gouverné cette communauté l'espace de trente-et-un ans. Elle se qualifiait selon l'usage du temps « abbesse par la permission divine de Saint-Laurent-de-Cordillon. »
Elle décéda vers le mois de septembre 1486.
Armoiries : parti d'argent et d'azur à la fasce denchée de gueules.
XVI. 1486-151". Jeanne de Troismonts, sa sœur, fut prieure en 1472 et élue abbesse au mois d'octobre 1486; elle prit possession le 14 décembre suivant; à sa mort l'abbaye comptait quatorze religieuses.
Armoiries : de même.
XVII. 1518-1551. Radulphe ou Raulline de Pellevé, fille de Jean baron de Tracy et cousine germaine de Nicolas de Pellevé, archevêque de Sens et cardinal. « Elle se consacra à Dieu dans cette maison ; en 1516 elle était la huitième religieuse de la communauté. Elle fut élue abbesse au commencement de l'année 1518. On a dit jusqu'à Mme de Pellevé qu'il étoit d'usage d'élire la plus ancienne des religieuses pour être abbesse mais l'on abandonna cette coutume sans regarder autre chose que son mérite personnel et peut-être la grandeur de sa naissance, ce qui dans ces temps fâcheux pou voit être utile pour la conservation du temporel. Cette abbesse continua à avoir une communauté nombreuse qu'elle gouverna jusqu'à l'année 1551 qu'elle résigna à la suivante. »
Armoiries : de gueules à une tête humaine d'argent posée de profil, chevelée d'or.
XVIII. 1551-1577. Bonne d'Harcourt, fille de Jacques, s1 deLougé, et d'Elisabeth Bouchard d'Aubeterre, d'abord religieuse de Cordillon, puis abbesse par la résignation de Raulline de Pellevé. « Si nous étions aussi bien instruits de ses vertus comme nous le sommes de l'ancienneté et de la noblesse de son illustre famille nous pourrions en instruire celles qui nous succéderont... On nous a appris ce qui peut la rendre recommandable aux yeux des mondains et on nous a privé de ce qui pouvoit édifier en elle... Tout le temps que cette, abbesse a gouverné notre maison a été un temps de guerres civiles
ÉVÈCIIÉ DE BAYEUX 23
et religieuses dans tout le royaume occasionnées par l'hérésie de Calvin... » Cette abbesse ne se trouvant pas en sûreté lors des ravages des protestants, quitta l'abbaye, et les religieuses obtinrent en 1 504 un ordre du procureur du Roi à Bayeux pour la forcer de rentrer. Il y avait alors six religieuses seulement. Elle se démit le 27 janvier 1577 en faveur de la suivante.
Armoiries : de gueules à deux fasces d'or.
XIX. 1577-1612. Jeanne de Savonnières, fille de Jean et d'Olive de Mathefélon et sœur de Mathurin, évêque de Bayeux, « embrassa la vie religieuse dans l'abbaye de Saint-Julien-du-Pray au Mans, où elle vescut jusqu'en l'an 1577 que Mme d'Harcourt lui résigna. Elle obtint ses bulles le 28 septembre de la dite année et prit possession le dimanche 13 décembre 1577, sur les onze heures du matin, avec les cérémonies que l'on observe encore aujourd'hui. La communauté étoit alors composée de Dame Guillemette de la Ferrière, prieure, et de cinq autres religieuses. Cette abbesse, âgée de 75 ans, a conduit cette communauté dans le tempsdes guerres civiles et de religion, ce qui sans doute fut la cause qu'il ne se présenta aucuns sujets pour être religieuse excepté une dont on parlera en son lieu. Car Mme de Savonnières étoit sage, vertueuse et toute bonne, avoit tout ce qui étoit nécessaire pour attirer de bons sujets d'autant plus que sa réputation étant assez connue, on lui confia l'éducation de feue Mme la comtesse de Soissons qui fut envoyée ici pour y être élevée sous les yeux de cette abbesse. On la nommoit la Bien Aimée, mais ayanttrouvé la communauté diminuée de plus de la moitié, les bâtiments en assez pauvre état, son grand âge, tout cela mit de grands obstacles à ses bons desseins. Enfin l'an 1597, le 10 janvier, elle se démit en faveur de sa nièce Mme Catherine de Savonnières, religieuse de N-De d'Estival. Ayant obtenu sa nomination du roi Henri IV, les bulles en furent expédiées a Rome le 15 octobre de la même année ; mais elle ne vint prendre possession que près de six ans après. Sa tante continua donc de gouverner Cordillon et admit «à la profession Mme Madeleine du Chesnay, le 10 octobre 1599. Ensuite elle perdit cinq religieuses des six qu'elle avoit trouvées. Le 15 septembre 1600 elle présenta à la
chapelle Saint-Laurent Mre Jean Le Breton comme capable de faire le service accoutumé estre fait et célébré et demanda au supérieur ecclésiastique représentant le seigneur évêque que ce prêtre seroit mis en possession des fruits, rentes et revenus de la dite chapelle érigée au maître-autel de l'église de cette abbaye. Enfin le 22 juin 1603 elle assista à la prise de possession de madame sa nièce et vécut encore neuf ans pendant lesquels elle eut la satisfaction de voir faire profession à Mme Anne Boquain qui fut un sujet distingué et à Mme Marguerite de Fréval. Enfin après avoir vescu cent dix ans cette bonne et vertueuse abbesse mourut le3 novembre 1612 et fut inhumée entre les deux pilliers de l'église proche la grille. »
En 1589 le duc de Bourbon donna des lettres de sauvegarde à l'abbesse.
Armoiries : de gueules à la croix pattée et alaisée d'or.
XX. 1612-1640. Catherine de Savonnières, fille de N. et de Madeleine de Beauveau, « fit profession de la vie religieuse à l'abbaye N-De d'Estival et fut reçue comme abbesse le dimanche 22 juin 1603 par sa tante, ancienne abbesse, De Ambroise de Froullay, prieure, et madame de Chesnay, le malheur du temps ayant occasionné la défection presque entière de la communauté où l'on ne voyait que ces deux religieuses. Elle fut bénite le dimanche 17 juin 1605, dans l'église cathédrale de Coutances, par Mr Nicolas de Briroy , évêque de cediocèse. Après cette action pieuse, Catherine fit son possible pour augmenter sa communauté et l'an 1609 elle eut la satisfaction de donner le voile blanc à deux novices qui, l'année suivante, firent profession ; enfin plusieurs sujets se présentèrent pour vivre sous sa conduite. Elle travailla ensuite à réparer le temporel de sa maison qui avait été dérangé par le malheur du temps. Elle fit une exacte recherche des titres qui le concernoient, elle n'épargna ni soins ni argent pour les recouvrer, mais malgré ces peines elle ne put parvenir à ce qu'elle souhaitoit puisqu'une grande partie avoient été volés et brûlés lorsque les hérétiques avoient ruiné le couvent dans les temps de guerres civiles. Environ l'an 1630 elle obtint du Roi Louis XIII le brevet de coadjutrice pour Me Françoise de Savonnières, sa nièce,
ÉVÊCUÉ DE P.AYEUX 25
mais elle eut le chagrin de la voir mourir un an avant elle, le 18 novembre 1639. Son nom est inscrit au martyrologe, ce qui me porte à croire qu'elle était religieuse de la maison. Notre abbesse, le 25 juin 1640, donna déclaration du revenu de cette maison : dans cet acte, elle se qualifie: Catherine de Savonnières par la permission divine dame et abbesse de Saint-Laurent de Cordillon. Elle marque que le revenu de la maison ne passe pas 2.000 ft; sur quoi elle est obligée de nourrir et entretenir les religieuses selon leur qualité, payer les dettes, réparer les maisons. Enfin cette abbesse décéda âgée de quatre-vingts ans le 12 octobre 1640. Nous avons le portrait de cette abbesse. Armoiries : de gueules à la croix pattée et alaisée d'or.
XXI. 1641-1643. Marie de Malon de Bercy, fille de Charles, sieur de Bercy, premier président au grand conseil et de Catherine Habert de Montmort, née à Paris le 25 novembre 1608, « fut mise à l'abbaye de Montmartre dès l'âge de neuf ans, entra au noviciat à l'âge de quatorze et prit le voile blanc le 15 septembre 1623; mais elle ne fit profession que le 9 juillet 1625 entre les mains de l'illustre et vertueuse abbesse de Montmartre, Marie de Beauvilljers. Anne de Malon sa sœur ayant épousé François de Matignon, comte de Thorigny, lui obtint du Roi cette abbaye dans le désir de l'avoir auprès d'elle. Le Roi la nomma le 17 décembre 1640; mais elle en prit possession que le 17 juin 1641 en présence d'Anne Boquain, prieure, et de six religieuses professes. Elle amenoit avec elle Me Marie Le Prévost. Dès la première année de son gouvernement elle employa une somme de 5.400 * à payer les dettes et faire des réparations. Ces grosses dépenses font voir que la Providence avoit bien agi en faveur de cette abbesse car il y avoit alors bien peu de ressources dans le fonds de la maison. Cette même année on lui confia l'éducation de MUe Marie-Catherine de Matignon, sa nièce, âgée d'environ quatre ans. Notre abbesse tenoit elle-même le registre de la dépense.... Enfin cette vertueuse abbesse, ayant ébauché la réforme qui a été suivie dans la suite par Mme Le Prévost, voyant augmenter les infirmités, songea au mois de juin 1643 à pourvoir la maison d'une abbesse qui achevât l'ouvrage commencé. A cet effet elle obtint du Roi le brevet de coadjutrice pour Mme Le Prévost. Le reste de sa vie
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se passa dans de grands affaiblissements de corps, occasionnés par la pulmonie dont elle étoit attaquée et qui termina sa vie le 7 d'août 1643, âgée de trente-cinq ans, après avoir édifié par sa vertu et sa fidélité à la vocation religieuse. Elle fut inhumée devant la grille du chœur. »
Armoiries : d'azur à 3 cannettes d'or, 2 et 1.
XXII. 1643-1658. Marie Le Prévost, fille de Jean, bourgeois de Paris, et de Antoinette Martin, « entra comme postulante à l'abbaye de Montmartre le 22 juin 1627, y prit le voile de novice le 29 janvier suivant et fit profession le 30 janvier 1029. Quoique cette abbesse n'ait pas eu le même avantage pour la noblesse de la naissance que nous avons vu dans celles qui l'ont précédée, elle n'en mérite pas moins notre vénération puisque sa vertu et son zèle pour la régularité l'ont distinguée. Ce sont ces mêmes qualités qui portèrent et engagèrent Mme de Malon à la choisir pour coadjutrice.... Voulant faire garder les décrets de réformation du saint concile de Trente elle fit enclore de murs son abbaye et établit la clôture. Ce ne fut pas sans contradiction ; mais sa patience la soutint en particulier vis à vis deux anciennes qui ne voulurent point s'assujettir aux régularités qu'elle établissoit tant pour le bon ordre que pour la perfection. On
prétend même que son évêque lui conseilla de modérer son zèle
La plus ancienne étoit une fille très vertueuse qu'elle conserva comme prieure et qui l'avoit été sous quatre abbesses et qui mourut exerçant cette charge. La même année elle donna le voile à plusieurs bons sujets. Le 7 janvier 1648 elle reçut la bénédiction d' abbesse des mains de monseigneur Léonor de Matignon, évêque de Coutances, nommé à l'évêché de Lisieux, dans l'église des Bernardines de Thorigny. Ensuite elle acheva la réforme qu'elle vouloit établir. La permission de sortir n'eut plus lieu, elle ordonna que les portes seroient fermées à clef et établit deux portières. En 1658 elle obtint du Roi, comme coadjutrice, Mme Marie-Catherine de Matignon. Sa sœur, Marie-Charlotte, s'étant aussi consacrée k Dieu,, sous la conduite de Me Le Prévost, sans avoir, au préalable, été examinée, le seigneur évêque, qui prit cela pour une contravention aux règlements dusaint concile de Trente, envoya un ecclésiastique lui déclarer qu'il
la mettoit en suspens de ses fonctions d'abbesse. Mais ayant représenté humblement l'ignorance où elleétoitdes dispositions du dernier concile, Tévêque leva presqu'aussitôt la suspence.... Dieu voulant récompenser cette sage et vertueuse abbesse, l'appela à lui le 14 avril 4658. Elle n'avoit trouvé que sept religieuses et en laissait treize. » Bibliothèque Nationale : Fonds Latin 10.068. — Lettre autographe au sujet de la pension de Mmc de Silly, religieuse.
XXIII. 1660-1696. Maiue-Catherine de Matignon, fille de François et d'Anne Malon de Bercy. « Dès l'âge de quatre ans elle fut confiée à sa tante. Dieu avoit prévenu cette jeune enfant de ses bénédictions, de sorte que la première idée qui entra dans son âme fut une idée sainte et de religion et que sa première inclination fut pour Jésus-Christ.... Mme de Matignon, en mettant icisafille,ne comptoitpasla destiner au cloître; au contraire elle la destinoit pour le monde tant par la beauté rare dont la nature l'avoit douée que pour les qualités de son esprit... Elle avoit à peine sept ans lorsqu'elle perdit sa tante ; à l'âge de treize ans elle souhaita d'entrer au noviciat. Elle prit l'habit à quatorze ans tant son empressement d'être à Dieu étoit grand; mais il fallut attendre qu'elle en eût seize pour se consacrer par des vœux solennels, le dernier concile l'ayant ordonné. En 1654 elle fut nommée coadjutrice. Cette jeune religieuse se forma à une pratique exacte de ses règles et dans un tel esprit de recueillement et de silence que l'on eût dit que ces exercices lui étoient naturels... Elle fut nommée abbesse en 1658 mais ne prit possession qu'en 1660 à cause de sa grande jeunesse.... Le 5 novembre 1670 elle fut à Lisieux recevoir la bénédiction conjointement avec sa sœur, abbesse de Saint-Désir en cette ville, des mains de monseigneur de Lisieux, son oncle. Le jour de l'Ascension en 1678 est remarquable par la protection divine de Dieu à l'égard de cette abbesse, laquelle étant montée au haut d'un escalier, la rampe sur laquelle elle étoit s'écrasant sous elle fit encore rompre celle qui étoit dessous, de sorte que se trouvant accablée de plus de deux charretées de carreaux, comme elle venoit de recevoir la sainte communion Dieu l'assista de manière que sans se préoccuper par la peur, voyant cependant la mort certaine, elle ne pensa qu'à s'offrir en sacrifice à
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Dieu avec une parfaite liberté d'esprit. Mais il parut que le Seigneur ne demandent d'elle que cette disposition d'esprit puisqu'après qu'on eut tiré cet amas de pierres, sous lequel elle étoit ensevelie, on la trouva sans aucune blessure quoique son habit fût déchiré, coupé et rompu, uniquement occupée de la présence de Dieu ! Sa communauté la conjuroit de se mettre au lit ; mais la sainte abbesse la pria de s'unir à elle pour aller rendre grâce à Dieu de la protection avec laquelle il venoit de lui sauver la vie.... L'an 1681 cette vertueuse abbesse, par soumission à l'inspiration de Dieu, forma le dessein de faire l'église , car elle avoit une grande confiance à la Providence qui jamais ne lui a manqué etc'està juste titre que je l'appelle le Néhémie et YEsdras de Cordillon, puisqu'elle a rebâti ses murs, ses bâtiments, les lieux réguliers et enfin son saint temple et que de plus elle a établi de sages règlements pour conduire ses religieuses à la plus haute perfection et pour mettre le bel ordre que l'on a souvent admiré dans cette maison.... Au mois d'avril 1695 elle eut une maladie mortelle et le 5 juillet 1696 elle tomba malade d'une fièvre continue qui en six jours la mirent au tombeau. Elle mourut parmi les larmes et les vifs regrets de toute la communauté... Monseigneur l'évêque de Bayeux, qui l'estimoit infiniment, fit avec larmes la cérémonie de ses obsèques. . Elle étoit grande, bien faite, belle, un port majestueux, un esprit éclairé et fort, une âme grande et noble dans ses sentiments. Le 25 octobre 1695 cette sainte abbesse s'étoit mise ainsi que sa communauté de la confrérie du Sacré Cœur de Jésus, se consacrant entièrement à ce divin cœur. Cette dévotion devroit encore subsister, mais elle est fort défigurée, car on a abandonné la pratique de l'amende honorable et l'heure d'adoration ainsi que le jour de retraite.... Elle étoit si morte à elle-même et à ses propres goûts, qu'aucune de ses religieuses ne put apercevoir lesquelles d'elles étoient les plus aimées, vertu d'autant plus admirable qu'elle est plus rare!... Je finis en disant qu'elle augmenta le revenu de la maison de 2.650 tt de rente annuelle. »
Armoiries : écartelè au 1er et 4e d'argent au lion de gueules couronné d'or, au 2e d'Orléans-Longueville, au 3e de Bourbon-Saint-Paul.
XXIV. 1700-1717. Marie-Françoise-Gabrielle de Matignon de Gagé, nièce de la précédente, fille de Henry et de Françoise de la Luthumière, entra au noviciat en 1671 et fit profession le 11 mars 1673 malgré les instances de sa famille. « La pauvreté fut ses délices : une petite cellule meublée d'un pauvre lit, une table et un crucifix, voilà tout, un habit grossier: encore ne se l'accordoit-elle à moins que l'autre ne fût tout usé.... Dieu visita Mme de Gacé comme il visite les saints. Elle fut attaquée d'une petite vérole suivie de paralysie qui la conduisit aux portes de la mort jusqu'au point qu'on crut devoir lui donner les derniers sacrements. Peu à peu le danger diminua mais la paralysie universelle demeura. Au bout d'un an, Mme l'abbesse la conduisit aux eaux les plus renommées. Tout fut inutile, elle revint aussi infirme qu'elle étoit partie. Après avoir souffert plusieurs années, elle demanda la permission de faire vœu en cas qu'elle revînt en santé de pratiquer la règle de l'étroite observance; mais on ne lui permit de faire ce vœu que l'année suivante. Ce qu'elle exécuta le jour de la translation Saint Benoist et le même jour l'année suivante ayant été portée par deux hommes à la grotte qu'elle avoit fait construire, après les litanies en l'honneur de ce Saint, sa tante lui demanda des nouvelles de son état. Elle lui répondit qu'elle ne doutoit pas qu'elle ne guérît et voulut avec son secours faire quelqu'efforts ; mais la respectable abbesse, la trouvant encore trop impuissante, la fit reporter. Le lendemain matin pendant la messe, elle sentit un mouvement et une envie de remuer et tout d'un coup se leva seule et commença de marcher... Elle alla aussitôt, avec toute la communauté, à l'église chanter le Te Deum. Elle se rangea à l'office et entra dans l'exécution de son vœu le 12 juillet 1691. Elle fut dans la suite maîtresse des novices, célérière, enfin prieure. En 1696 elle succéda à sa tante. Elle prit possession le 9 juillet 1697 et ne donna plus de bornes à sa ferveur. Elle à couché trois ans entiers sur des planches recouvertes d'une simple natte. Elle portoit aussi fort souvent une ceinture de fers armés de pointes et usoit d'une discipline de cuivre. Le 28 octobre 1700 elle reçut la bénédiction abbatiale dans notre église des mains de monseigneur de Lisieux, son oncle... Elle a augmenté le revenu de près de 3.000 tt et a fait pour -43.800* de dépenses
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en bâtiments très nécessaires. Son humilité étoit au point qu'elle servoit les malades à l'infirmerie. Son gouvernement faisoit les délices de la communauté. Depuis le moment où elle se démit en faveur de Mmede Tessé, sa vie ne fut plus qu'une suite continuelle de pénitences. Elle voulut reprendre son rang de profession afin d'éviter toute distinction. Atteinte d'une hydropisie qui la fit mourir, elle continua à se rendre à l'office, a travailler. Elle avoit demandé à Dieu de la préserver des frayeurs de la mort. Elle tomba en agonie la nuit et on n'eut que le temps, à cinq heures du matin, de lui donner l'extrêmeonction. Elle mourut à l'âge de soixante-sept ans, laissant à Cordillon vingt-cinq religieuses, toutes filles de condition excepté trois. »
En 1713 elle présenta à monseigneur de Bayeux des règlements qu'il accepta.
Armoiries : de même.
XXV. 1717-1751. Marie-Anne-Renée-Angélique de Froullay, fille de Philippe-Charles, comte de Tessé, et de Marie-Anne de Mégaudais, passa quelques années près de sa grande-tante Mme de Rabodanges, prieure de Domfront, revint près de sa mère qui, deux ans après, « la conduisit à l'abbaye de Sainte-Trinité de Caen où elle se perfectionna dans l'étude des belles lettres et dans les sciences de la poésie, du blason, de la géographie et de la langue latine. Elle avoit à peine vingt-cinq ans que Mme de Gacé, informée de son rare mérite, prit la résolution de se démettre en sa faveur, mais elle ne put l'effectuer qu'en 1716 lorsqu'elle eut trente ans faits... Elle prit possession le 3 février 1717 et consola la communauté de l'affliction où la démission de Me de Gacé l'avoit jetée puisqu'elle mit toute son application à conduire les religieuses à la perfection de leur état par les mêmes moyens... Respectant et honorant l'ancienne abbesse au point qu'elle n'agissoit en rien sans l'avoir consultée, elle étoit toujours occupée à la lecture ou au travail des mains, n'étant jamais oisive ; son occupation la plus ordinaire étoit de travailler pour la décoration des autels. Le Roy, informé de ses mérites, lui donna l'abbaye du Pray, beaucoup plus riche que la nôtre ; mais elle refusa, remerciant le prince de la manière suivante :
« Sire, je vous dois mille actions de grâces pour ce nouveau trait de « bonté. Daignez y mettre le sceau en souffrant que je demeure irré- « vocablement dans la retraite où le ciel m'a placée. Je l'ai choisie sous « votre autorité, j'y vivray, j'y mourray si vous voulez combler mes « vœux. »
Le ministre, au nom du Roy, lui écrivit pour la féliciter sur l'élévation de ses sentiments. A l'âge d'environ quarante-quatre ans elle eut une maladie si violente qu'elle fut quatre-vingts jours en danger de mort; tous les médecins l'avoient abandonnée. La communauté fit alors des aumônes considérables pour obtenir de Dieu sa guérison et même fit vœu de recevoir entièrement gratis une fille de condition pour être religieuse. Elle revint à la santé. Elle étoit adorée. L'un des plus fameux médecins ayant été appelé et ayant désespéré de sa vie retourna à Caen en disant : « Mme de Cordillon va mourir cette » nuit ; mais je n'ai osé le dire à sa communauté de crainte de les faire » mourir de chagrin, toutes!.. » Malgré sa mauvaise santé, elle se rendoit toujours à l'office. Elle mourut le 27 mai 1751. Elle étoit charitable envers les pauvres, compatissante pour les malades, fournissant des remèdes et beaucoup d'autres secours aux indigents... » Elle fut inhumée dans l'église de Cordillon.
Armoiries : d'argent au sautoir de gueules dentelé de sable.
XXY1. 1751-1755. Marie-Suzanne LeBerceur, fille de Hervé, M* de Fontenay, et de Marie de la Luzerne, « entra comme pensionnaire à Cordillon à l'âge de sept ans. Dès sa jeunesse ses qualités et ses bonnes dispositions lui attiraient tous les cœurs. Elle fit ses vœux en 1702 après avoir mûrement réfléchi sur sa vocation. En 1745 le Roi lui donna l'Abbaye-au-Bois à Paris ; mais elle la refusa constamment. Après la mort de Mme de Froullay. elle fut nommée à Cordillon et prit possession en septembre 1751. Dieu la frappa d'une maladie mortelle le 21 juillet 1755 ; elle mourut le 9 novembre et fut inhumée dans l'église. »
Elle a fait imprimer « La Règle de Saint-Benoist à l'usage de Vabbaye de Cordillon. »
32 ABBAYE DE CORDILLON
Armoiries : d'azur à la fleur de lys d'or soutenue d'un croissant d'argent.
Original. — Billet autographe (1752).
XXVII. 1755-1791. Bonne-Eulalie d'Anneville de Chiffrevast, fille de Bon-Thomas et de Barbe d'Anneville, fut mise au monastère de Carentan à l'âge de neuf ans. Ensuite elle fut à l'abbaye de Protection où elle fit sa première communion avant douze ans, et y rentra comme novice trois ans plus tard. Elle y fit ses vœux le 15 décembre 1738. « Le 4 janvier 1756 le Roy la nomma à notre abbaye où elle fit profession le 2 juin suivant.... » Elle fut inhumée dans l'église le 10 juin 1790, après cinquante-et-un ans de profession religieuse. Le Roi envoyait à Cordillon des personnes dont la conduite nécessitait des lettres de cachet. Voici une lettre adressée par M. de Fontette, intendant de Caen, à M. de Rubercy, subdélégué à Bayeux.
Original. — A Caen le 29 novembre 1763. — Je ne puis que vous savoir beaucoup de gré, monsieur, de la diligence avec laquelle vous m'avez procuré les éclaircissements que je vous avais demandés.... J'ai reçu réponse de Mrae l'abbesse de Cordillon et elle me mande qu'elle a fait ses dispositions pour recevoir quatre ou cinq personnes. Je suis Fontette.
Voici le sceau de madame d'Anneville, d'après une empreinte en cire rouge. Ce cachet, finement gravé, n'a plus rien de religieux. L'écu d'hermines est chargé d'une fasce de gueules.
Il n'y eut pas d'abbesse nommée après la mort de Mme d'Anneville. La prieure, Mme de Corday, et les cinq autres religieuses, avant d'être chassées, signèrent la pièce suivante :
Original. — Nous, prieure et religieuses de l'abbaye de Saint-Laurent de Cordillon, prions M. l'abbé Renaud, chanoine de Bayeux, de vouloir bien nous rendre le service de se présenter pour nous au directoire du district de Baveux, d'y recevoir le brevet ou ordon-
ÉVÈCHÉ DE BAYEUX 33
nance qui fixe les traitements respectifs de nos dames, de toucher pareillement en notre nom en vertu dudit brevet, telles sommes qui seront ordonnées sur la caisse du district, de compter avec le trésorier ou autre des sommes que nous avons pu recevoir des fermiers de notre abbaye sur les fermages de l'année 1790 à valoir et en diminution de nos traitements.... Fait à Cordillon le 22 février 1791.
Sœur de Corday, prieure; Suhard, sous-prieure;
sœur de Cairon, segrétaire du chapitre; sœur
Marie Rosette, dépositaire; sœur Patry ; sœur
Saint-Pierre.
L'histoire manuscrite de Cordillon donne aussi les noms d'un grand nombre de religieuses de ce monastère :
Alicie Tesson est la plus ancienne dont le nom soit connu. Elle était sœur ou proche parente de Mathilde Tesson, épouse de Guillaume de Soliers. Il y a eu un Guillaume Tesson, prêtre de Saint-Jean, qui a fait à cette abbaye plusieurs donations en faveur de cette religieuse.
Cartulaire fol. 43 verso. — Noscant omnes prœsentes et futuri qaod ego Willelmus Taisson presbiter Sancti Johannis de Cadomo pro salute animée mece et omnium antecessorum meorum dedi et concessi in puram et perpétuant etemosinam Aeliciœ Taisson moniali sancti Laurencii de Cordellon in augmentum vestimentorum suorum scilicet XXtl VHP solidos turonenses, IIII capones, LX ova annui redditus, in quadam domo mea de Frigidovico XVIII solidos turonenses, II capones, XXX ova, in domo Taisson de Guemaire X solidos, II capones, XXX ova. Habendum, tenendum prœdictum redditum et in perpetuum possidendum in usus vestimentorum prœdictœ A . monialis quamdiu vixerit liberum et quietum de omnibus ad me vel ad heredes meos pertinentibus. Concessi et ut eadem A. monialis in extrema voluntate sua vel aliter si voluerit possit conferre eumdem redditum cuidam sociœ suœ de eadem abbacia ad simile opus faciendum. Post decessum illius monialis volo et prœcipio sub periculo monalium eiusdem loci ut de cœtero prœdictus redditus donetur ad idem opus vestimentorum de persona in personam
niagis egentem et sic fiât asque in perpetitum. Quod ut sit ratura et stabile sigillo meo cum sigillo capituli eiusdem loci prœsentem donationem confirmavi. Actum in assisia domini régis apud Cadomum anno graciée M0 CC°, vicesimo quinto.
Armoiries : fascé d'hermines et de diapré de 6 pièces.
Alicie de Sainte-Marie, sœur de Ranulpbe, de la paroisse de Montpinçon.
Cartulaire fol. 46 verso. — Sciant omnes tant prœsentes quarn futuri quod ego Radidphus de Sancta Maria miles dedi et concessi in perpetuam elemosinam annuatim ad festum sancti Michaelis JEliciœ sorori meœ sanctimoniali sancti Laurencii de Cordellon duo quarteria frumenti sita in feodo Rogero in parrochia de Montpinchon quod Robertus de Katehole de me tenebat, in vita sua libère, quiète tenenda et possidenda. Ita quod post mortem dictœ jfàliciœ prœdicta duo quarteria frumenti remanebunt in perpétuant elemosinam domui sancti Laurencii de Cordellon et sanctimonialibus eidem ecclesiœ servientibus pro aniversario Jidianœ uxoris meœ defunctœ ....Actum est hoc anno domini M0 CC° tricesimo secundo, mense Julii.
Armoiries : écartelé d'or et d'azur.
Emine de Bernières, originaire de cette paroisse près l'abbaye de Mondaye, vivait en 1233....
Ysabelle de Vieuxpontde Challoué, fille de Robert, s1 du lieu, vivait en 1257.
Cartulaire fol. 30 verso. — Noverint universi prœsentes litteras inspecturi quod ego Robertus de Veteriponte dominus de Calloayo dedi et concessi in puram et perpetuam elemosinam lsabelli filiœ meœ moniali de Cordellon quinquaginta solidos turonenses annui redditus habendos et percipiendos apud Escoucheium in redditu meo manente ex maritagio Katerinœ uxoris meœ per manum prœpositi eiusdem villœ.... Volo et concedo et constituo quod post mortem dictœ Ysabellis filiœ meœ dicti quinquaginta solidi
turonenses ecclesiœ beati Laurencii de Cordellon et monialibus ibidem deo servientibus pro animabus mei et dictœ uxoris meœ et fûiœ et antecessorum meorwn remedio in puram et perpetuam elemosinam revertantur et remaneant in futurum tali modo quod si nuncius eiusdem Isabelis filiœ meœ quamdiu viocerit vel post mortem suam nuncius abbatissœ vel monalium eiusdem loci moram facerent apud Escoucheium ultra festum sancti Remigii occasione dicti redditus non soluti, ego jamdictns Robertus et mei heredes sex denarios turonenses pro pœna et nostrœ pœnœ pro qualibet die post dictum festum transeunte eisdem reddemus vel reddere tenemur.... Actum de assensu et voluntate dictœ uxoris meœ et ad petitionem eiusdem anno domini M° CC° L° VII0. mense junii.
Armoiries : D'argent à 10 annelets de gueules posés 3, 3, 3 et 1.
Jeanne Le Lormier. Jean, son père, de la paroisse de Graye, fit un don en 1282.
Catherine de Caillouay, fille de Robert, chevalier, neveu de Jean de Tilly qui, à son occasion, fit une donation en 1282 (voyez Hotot).
Armoiries : D'azur à trois aiglettes éployées d'or.
Emmeline Labbé, fille d'Etienne de la paroisse de Douvres, vivait « le dimanche avant saint Simon et saint Jude, apôtres, 1302. »
Michelle de Cantelou vivait en l'année 1320, après la Nativité Notre-Dame.
Armoiries : D'argent au loup passant de sable, armé et lampassé de gueules.
Honorée de Fontaines-Hallebout, sœur de Julienne, femme de Guillaume de Tilly. Elle vivait encore en 1327 ; « il y avoit alors plus de soixante-sept ans que dame Julienne, notre bienfaitrice, étoit morte ; ainsi Honorée devoit être très âgée en cette année. »
Armoiries : D'or à la bande d'azur.
Marie de Crépon, fille de Martin, vivait le vendredi après la Toussaint 1326.
Armoiries : De gueules à la quintefeuille d'hermines.
Eustace de Foumichon, mai 1337....
Perronnelle de Corbie, morte avant le jour Saint-Vincent, 1342.
36 ABBAYE DE C0RDILL0N
Marguerite, dont on ignore le surnom, vivait la même année.
Géorgine de Falaise, prieure de cette abbaye, le mercredi après la Saint Barnabe 1356. On croit qu'elle étoit sœur d'Isabelle de Falaise dameMeTontaine-Etoupefour, veuve de Pierre de Juvigni, chevalier, et qu'elles étaient filles de Jean, chevalier et de dame Luce.
Armoiries : De sable à la herse d'argent accompagnée de 3 châteaux de même 2 et 1.
Gille de Cullye; elle était la seconde religieuse de la communauté en 1356.
Armoiries : D'azur au chef d'or chargé de 3 merlettes de gueules.
Ricette du Molay, 1356.
Armoiries : de gueules à 6 roses d'argent 3, 2 et 1.
Agnès et Marie 1356... Thomasse Ervais 1356...
Perrette de Volillie, 1356.
Armoiries : Coupé emmanché d'or et de sable, les pointes du chef chargées de 3 coquilles versées de gueules.
Robine et Guillemette du Buse, vivantes en mars 1403.
Armoiries : D'argent à la bande d'azur.
Jeanne de Landelles, 1403
Catherine de Bréville, prieure le 13 janvier 1415, morte avant
Armoiries : De gueules au chef de sable, à trois roses d'argent 2 sur le chef, i sur le champ.
Jeanne de Cobar, prieure en 1420....
Jeanne du Marché, 1415-1440....
Jeanne de Teille, 1415....
Jeanne Bonnenfant.
Armoiries : De gueules à la fasce d'argent accompagnée de six roses rangées d'or 3 et 3.
Marie Bomnenfant, religieuse en 1415, prieure avant 1432.
Louise Bonneinfant, religieuse en 1415, succéda à Marie comme prieure.
Robine Bonnenfant, religieuse dès le 20 février 1420.
Jeanne de Thère, religieuse en 1420.
ÉVËCHÉ DE BAVEUX 37
Armoiries : D'argent fretté d'azur de six pièces, au franc canton de gueules.
Jeanne de Clère, Il novembre 1432.
Armoiries : D'argent à la fasce diaprée d'azur.
Jeanne Le Lormikr, 6 juillet 1440....
Jeanne Beaudouin, religieuse en 1450, secrétaire, puis sous-prieure de 1461 à 1468....
Perrette de Littehaire, prieure 1453-1460, puis abbesse.
Armoiries : De gueules à deux fasces d'argent, accompagnées de six croisetles d'or, 3, 2 et 1.
Isabeau de Troismonts, prieure de 1460 à 1472.
Armoiries : d'argent parti d'azur à la fasce denchée de gueules.
Jeanne de Troismonts, prieure de 1472 à 1486.
Jacquette de Boisjugan, religieuse en 1461, prieure de 1490 à 1547. « Elle vécut plus de cent deux ans. Elle avoit un frère, Richard de Boisjugan, chanoine d'Esquay, en l'église cathédrale de Bayeux, lequel fît une donation considérable à notre abbaye à condition que l'on fera dire tous les dimanches et fêtes solennelles une basse messe de la Vierge pour ses père et mère, parents et bienfaiteurs, par acte du 11 octobre 1513. »
Armoiries : d'argent à l'aigle de sable, becquée, membrée de gueules.
Jeanne de Talvende, religieuse en 1461, chantre de 1490 à 1516.
Armoiries : paie d'hermines et de gueules de six pièces.
Jacqueline du Quernet, sous-prieure de 1490 à 1532....
Catherine Noël, secrétaire du chapitre de 1508 à 1516.
Armoiries : d'azur au lion d'argent surmonté de trois étoiles de même.
Jeanne de Bures, 1486-1489.
Armoiries : de sable à deux jumelles d'argent.
Jacqueline Cornet de Briquessart, religieuse en 1509, sous-prieure en 1516.
Armoiries : de gueules à la fasce vivrée d'or, surmontée de deux roses d'argent.
Colasse de Pontfoul, chantre en 1509 et 1516, était morte avant
Marguerite de Méhérenc, trésoriers de 1509 à 1530, prieure en 1547, mourut avant 1562.
Armoiries : d'argent au chef d'azur, à la bordure de gueules.
ïhomine Pigache, sous-prieure de 1512 à 1556, elle était morte en
Armoiries : d'argent à trois cornets de gueules 2 et 1 .
(iuyonne Le Breton, sous-prieure en 1547.
Armoiries : d'argent au lion de sable, lampassé de gueules, couronné d'or.
Guilmette de la Ferrière, religieuse dès 1513, secrétaire en 1556, prieure de 1562 à 1579. « Elle avoit beaucoup de zèle pour le bon ordre et l'observation des statuts de la maison ; elle mourut à l'âge de plus de quatre-vingt-deux ans. »
Armoiries : d'or à six fers à cheval d'azur, 3, 2 et 1.
Catherine de Grosparmi, professe dès 1513, morte vers 1559.
Armoiries : de gueules à deux jumelles d'hermines surmontées d'un lion léopardé de même.
Alienor de Warignières, 1513 à 1567....
Armoiries : de gueules à trois chevrons d'argent.
Marie de Pierrepont, 1513-1556....
Armoiries : de gueules au chef enté de deux pièces et deux demies d'or.
Marie de Mailloc, 1522-1559....
Armoiries :
Avoie et Anne du Bois. La première était chantre de 1547 à 1556. Elles assistèrent toutes les deux à la prise de possession de Mme Jeanne de Savonnières en 1577.
Armoiries : d'argent à V aigle éployée de sable, becquée, membrée de gueules.
Louise de Vassy, 1530.... Françoise de Vassy, 1530....
Armoiries : d'argent à trois tourteaux de sable 2 et 1.
Françoise Larbé, morte en 1576....
Renée de Froullay, prieure en 1580, mourut avant 1603.
Armoiries : d'argent au sautoir de gueules dentelé de sable.
Ambroise de Froullay de Montflaux, sa sœur, fit profession en
ÉYÈCHÉ DE BAYEUX 39
1547, elle fut nommée chantre en 1598 et prieure après sa sœur; elle vivait encore en 1604.
Jacqueline de Glatigny, 1547 à 1589 —
Armoiries : d'or au mur pignonné d'azur de quatre pièces .
Anne de Saint-Ouen, fit profession le 24 juin 1540, vivait en 1556.
Armoiries : de sable au sautoir d'argent, cantonné de quatre aiglettes êployèes de même.
Madeleine du Chesnay, fit profession le 10 octobre 1599. Voici la formule de ses vœux :
« Je, Magdelaine du Chainay, jure, voue et promets à Dieu et à N-De et à monsieur Saint-Benoist et à vous madame sur les saincts évangiles, vivre religieusement et persévérer de bien en mieux par correction de vie et mœurs tout le temps de ma vie, en charité, pauvreté volontaire, en vraie obéissance à vous et à celles qui viendront après vous en dignité et office d'abbesse et de religieuse, observation selon la règle de M1 Saint-Iîonoist, en ce monastère de Saint-Laurent de Cordillon, fondée en l'honneur de Dieu et de sa glorieuse mère et prie Dieu que ainsi soit et me le doint faire. Fait audit monastère de Cordillon, ce dimanche 10e jourde décembre 1599. » Elle était morte avant 1641.
Armoiries : de sable à trois roses d'argent 2 et î.
Marguerite Costard, sœur de la Toussaint, ce fut à elle que Mme Le Prévost confia les clefs de la clôture, elle mourut en cette charge le 2 septembre 1657.
Armoiries : d'argent au lion de sable, armé, lampassé de gueules.
Anne Bocain, fit profession le dimanche 13 juin 1610 ; elle fut prieure et mourut en 1660, après avoir été un modèle de piété, de régularité et d'obéissance....
Marguerite de Fréval, fit profession le dimanche 11 juillet 1610, et prit le nom de Saint-Benoist ; elle fut portière en 1653, mourut en 1669, âgée de 82 ans et fut inhumée au bas du chœur.
Armoiries : d'azur au dextrochère gantelé d'argent, tenant un épervier longé de même.
Charlotte de Nollent, sœur Saint-Paul, morte le 24 mars 1662, et inhumée dans le chœur.
Armoiries : d'argent à la fleur de lys de gueules accompagnée de trois roses de même 2 et 1.
Jacqueline de Meaulne, fit profession le 5 novembre 1623 et mourut le 21 octobre 1639.
Marie de Meaulne, sœur Saint- Jean, prononça ses vœux le 3 novembre 1624, et mourut le 11 juillet 1669, à l'âge de 61 ans.
Armoiries : d'argent semé de fleurs de lys de sable, à la bande fuselée de gueules brochante sur le tout.
Françoise de Savonnières, nièce de Mme Catherine, et sa coadjutrice de 1627 au 19 octobre 1639, jour de sa mort.
Armoiries : de gueules à la croix pattée et alaisée d'or.
Charlotte de Parfodru, prononça ses vœux le 12 février 1635 et mourut en 1664.
Armoiries : d'azur à la fleur de lys d'or.
Françoise Eury du Moulin, fit profession le 21 janvier 1636 et mourut en 1657.
Armoiries : de gueules à trois bandes d'argent, accompagnées en chef d'un lion léopardê de même et d'une étoile aussi d'argent en pointe.
Elisabeth Sanguin, fut la première religieuse reçue après l'établissement de la réforme. Voici la première formule de vœux mise alors en usage : « Je, sœur Elisabeth Sanguin ditte des Anges, promets sta- « bilité sous clôture, conversion de mes mœurs, chasteté, pauvreté « et obéissance selon les statuts de la réformation ordonnée par « autorité du Saint-Siège apostolique en celui de Cordillon selon la « règle de notre père saint Benoist en l'honneur de notre Sauveur, « de sa glorieuse mère et de saint Laurent en mémoire desquels « cette église est fondée. En présence de vous, Madame, notre « révérende mère abbesse et de tout le couvent, l'an de grâce 1644, « le 14 avril. » Elle fut maîtresse des novices en 1653 et mourut prieure le 17 juin 1685.
Armoiries : d'azur à une bande d'agrent accompagnée en chef de trois glands d'or 2 et 1, en pointe de deux pattes de griffon de même posées en bande et trois demies roses d'argent en orle, mouvantes du bord de Vécu .
Anne Helie, sœur Sainte-Geneviève, fit profession le 29 décembre 1647, mourut prieure en 1692.
ÉVÈCHÉ DE BAYEUX 41
Armoiries : d'azur au chevron d'argent accompagné de trois glands versés d'or, 2 et 1.
Marie de Gaallon, sœur de la Nativité, fit profession le 4 janvier 1654 et se retira au prieuré de Saint-Michel de Rosey au diocèse de Coutances.
Armoiries : de gueules à trois rocs d'échiquier d'or, 2 et 1 .
Jacqueline Minfant, sœur de Saint-Joseph, « étoit fort habile dans le temporel de la maison dont elle connoissoit toutes les affaires ; elle mourut sous-prieure en 1701. Son corps fut exhumé, par accident, quatorze ans après sa mort; on le trouva intact et sain de manière qu'il étoit flexible. »
Armoiries : d'azur à trois bustes de pucelles d'argent, chevelées d'or et posées 2 et 1.
Marie-Charlotte de Matignon, sœur de Mme Catherine, fit profession le 4 janvier 1656, fut nommée prieure en 1665, coadjutrice de Saint- Désir de Lisieux en 1669 et abbesse la même année. Elle mourut en 1703. « Nous avons son portrait qu'elle donna à Mme sa sœur. Elle étoit fort jolie et d'une taille assez riche, un air fort noble et très doux, j'écris ceci en cas que l'injure des tems venant à gâter ce portrait il reste un souvenir d'elle.... »
Armoiries : voir page 28.
Anne Colin du Désert, sœur de la Conception. « Atteinte d'un mal fort grave, on lui fit entreprendre le voyage de Rouen pour aller trouver un fameux médecin, mais le mal ayant pénétré au dedans plus qu'il ne paroissoit, elle mourut subitement et fut inhumée au prieuré de Belfond près Rouen .... »
Marie-Françoise de Cairon, sœur Sainte-Scolastique, 1654 à 1665.
Armoiries : de gueules à trois coquilles d'argent, 2etl.
Anne Gosselin de Silli, sœur Sainte-Croix, prieure en 1702, morte en 1708.
Armoiries : d'azur à deux fasces ondées d'argent, surmontées d'un besant d'or.
Marie de Malherbe, sœur Sainte-Anne, mourut sous-prieure en 1710.
Armoiries: de gueules à six coquilles d'or S, 2 et 1, au chef d'or chargé d'un lion passant de gueules.
4Z ABBAYE DE C0BDILL0N
Henriette de Matignon, sœur Sainte- Thérèse, accompagna Mrae sa sœur à Saint-Désir de Lisieux et termina sa vie « au Chasse-Midi à Paris » en 1712. « Nous avons son portrait où elle paroit avoir été une jolie brune avec une belle fisionomie... »
Jeanne de Bonnefons deMoNs, sœur Saint-Paul, « fut longtemps sousprieure et mourut après quatre-vingts ans de profession à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans. Elle était jolie et avait de la voix. »
Armoiries : d'azur au griffon d'or accosté de deux étoiles de même et accompagné de deux jumelles ondées d'argent.
Renée Radulp de Lainaut, sœur Sainte-Claire, fit profession le 26 juillet 1664. Elle fut longtemps célérière et portière; elle mourut en
Armoiries : d'azur à la fasce d'argent accompagnée de trois molettes d'or, 2eti.
Charlotte de Caibon de la Motte, sœur Sainte-Cécile, fit profession le 28 octobre 4664 et mourut en 1693.
Marie-Catherine de Sébans d'Audbieu, 1665-1708.
Armoiries : d'azur à trois croissants d'or 2 et 1.
Anne-Suzanne de Pébiebs, sœur Saint-Bernard, 1666-1698.
Armoiries : ....
Geneviève de Caibon, sœur de Charlotte, dite de Sainte-Gertrude. « Elle a toute sa vie été un modèle d'humilité, de charité, d'obéissance, beaucoup de capacité qui jointe à ses vertus l'ont fait remplir les principales charges de la maison en particulier celles de maîtresse des novices et de prieure. Elle mourut en 1710. »
Esther d'ANFEBNET, sœur Sainte-Placide, 1669-1715.
Armoiries : de sable à l'aigle éployée d'argent, becquée, membréed'or.
Marie-Madeleine de la Rivièbe de Missi, maîtresse des novices, prieure, morte 1743.
Armoiries : d'argent à trois tourteaux de sable 2 et 1.
Claude-Thérèse de Matignon, dite de l'Assomption, sœur de l'abbesse, fit profession en 1672, mourut à l'âge de dix-neuf ans. « Ce fut une grande perte, ayant de bonnes qualités. »
Marie-Madelaine de Vallois de Fontaine, dite de Sainte-Agnès, 1675-
ÉVÈCHÉ DE BAYEUX 43
Armoiries : d'azur au chevron d'or, accompagné de trois croissants d'argent ; au chef d'or chargé de trois roses de gueules.
Marie-Catherine (THermerel de Belval, dite de Saint- Exupère, 1676.
Armoiries : d'azur à l'êpervier d'or, longé, grilleté et membre de gueules.
Anne-Claude du Fresne, sœur Sainte-Thérèse, 1680-1696.
Armoiries : de sinople au chef denchè d'or, chargé de trois tourteaux de gueules.
Marie-Anne de Sérans de la Tour, dite de l'Assomption, nièce de Marie-Catherine, fit profession en 1685, fut maîtresse des novices, dépositaire, prieure, et mourut en 1720.
Marie-Anne-Angélique-Françoise Le Bas de Cambes, dite de Sainte- Brigitte, 1689-1738. « On remarqua après sa mort une beauté charmante répandue sur son visage lequel de son vivant étoit désagréable. »
Armoiries : ...
Madelaine du Pray de Marcilly, dite des Anges. Elle fut prieure et mourut en 1722.
Armoiries :
Adrienne du Ruel du Vivier, dite de la Présentation, née de parents calvinistes, élevée par charité avec sa sœur, fit profession en 1693, fut tourière et mourut en 1724.
Armoiries : d'or à quatre aiglons êployés de gueules 2 et 2.
Marie-Françoise Le Berseur de Fontenay, dite de Sainte-Cécile, sœur de M™5 l'abbesse, fit profession en 1695. « Elle étoit douée de beaucoup de talents, d'une très belle voix, de la connoissance du dessin et de la peinture, savoit jouer de plusieurs instruments. Elle mourut prieure le 18 mars 1728. »
Suzanne Castel de Saint-Pierre, dite Sainte-Scolastique , maîtresse des novices, dépositaire, prieure, mourut le 30 août 1744.
Armoiries : de gueules au chevron d'argent accompagné de trois roses d'or, 2 et i.
Marie-Françoise de Clautrier, dite de Saint-André, 1696-1760. Armoiries : d'azur au sautoir d'or accompagné de quatre triangles d'argent appointés dans chaque canton.
Claude-Françoise de Moges, dite de Saint-Maur , « demanda pendant longtemps à M. son père, la permission d'embrasser la vie religieuse.
44 ABBAYE DE CORDILLON
A l'âge de trente-un ans, elle s'échappa de la maison paternelle et vint supplier Mme de Gacé de l'admettre auprès de ses filles.... Elle a rempli les principales charges, mais refusa d'être abbesse. Elle mourut en 1727. »
Armoiries : de gueules à trois aigles éployées d'argent 2 et 1.
Madelaine Castel de Saim-Piebre, dite de Saint- Benoist, sœur de Suzanne. « Elle avoit une voix grande et assez éclatante, dont elle a employé toute la force pour louer Dieu dans la charge de premier chantre. Elle mourut le 28 avril 1743. »
Anne-Suzanne du Poerieb de Porbail, mourut en 1698.
Armoiries : d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles de même et en pointe d'un croissant d'argent.
Marie-Madelaine Cornet de Briquessard, dite de Sainte-Thérèse, 1699-
Marie-Françoise Achart de Bonvouloir, dite de Sainte- Agathe, « riche héritière, bien faite et assez belle, fit un sacrifice remarquable en se consacrant «à Dieu par la profession religieuse, le 23 mars 1700. Elle fut célérière et mourut le 16 mai 1752. »
Armoiries : d'azur au lion d'argent armé, lampassé de gueules, à deux fasces alaisées et brochantes de même.
Marie-Charlotte de Robes, dite Sainte-Madelaine, 1700-1735.
Armoiries : ....
Françoise-Hélène de Borain de Castilly, dite de Saint-Laurent, fit profession le 2 août 1701. « Elle étoit grande, bien faite, belle comme un ange, d'un esprit vif et aimable... » Elle mourut en 1745.
Armoiries : d'argent au lion de sable armé, lampassé d' or , accompagné de trois tètes de Maure de sable tortillées d'argent.
Marguerite-Suzanne Roussel de Parfouru, dite de Saint-Robert, morte sous-prieure en 1741.
Armoiries : de gueules à trois croissants d'argent, 2etl.
Marie-Louise Castel de Saint-Pierre, dite de Saint- Bernard, sœur de Suzanne et de Madelaine, 1705-1743.
Armoiries : De gueules au chevron d'argent accompagné de trois roses d'or, 2 et 1.
ÉVÈCHÉ DE BAYEUX 45
Marie-Henriette Senot de la Painterie, dite de Saint-Joseph, 1705-
Armoiries: de sable à trois cygnes d'argent 2 et 1.
Marie-Roberte de Couvert de Coulons, dite de Saint-Jérôme, 1706-
Armoiries : d'hermines à la fasce de gueules chargée de trois fermaux d'or.
Françoise-Louise d'ANNEviLLE de Chiffrevast, dite de Sainte-Croix, fit profession en 1710. « C'étoit une religieuse fervente, silencieuse, régulière, charitable, obéissante, compatissante pour les pauvres dont elle a eu le soin pendant dix-sept ans. Elle fut ensuite sousprieure et prieure, et mourut le *22 juillet 1765, ayant assisté à la messe de communauté le jour de sa mort dans l'oratoire de Mme l'abbesse, sa parente. »
Armoiries : d'hermines à la fasce de gueules.
Geneviève de Boran, dit" de Sainte-Marie, sœur de Françoise, 1711-
Louise-Thérèse de Matignon, dite de Saint-Charles, nièce de Me de Gacé, mourut prieure de Cordillon, le 29 avril 1720.
Marie-Françoise Hue de Langrune, dite de Saint- Ambroise, fut sousprieure et mourut en 1770. « Elle a voit une très belle voix et fut longtemps infirmière. »
Armoiries : d'azur à l'aigle éployée d'argent, accompagnée en chef de deux étoiles de même.
Marie-Jeanne-Françoise de Montfiquet de Tournières, dite de Sainte- Placide, 1719-1720.
Armoiries : d'argent au léopard de sable.
Jeanne de Grimouville, dite de Saint-Louis, 1724.
Jacqueline Christine, sa sœur, dite de Sainte-Placide, 1726-1768.
Armoiries: de gueules à trois étoiles d'argent, 2 et 1.
Marie-Rose-Esther de Couvert d'Auderville, sœur de Marie 1726-
Marie-Louise Gosselin d'Anisy, dite de Sainte-Mélanie, parente d'Anne Gosselin de Silly, mourut en 1768.
46 ABBAYE DE CORDILLON
Charlotte Le Valois de la Haye, dite de Saint-Michel. « Elle avoit beaucoup de talents, sachant le latin, la musique, la poésie, elle a été deux ans maîtresse des novices et treize ans prieure. »
Catherine-Françoise Vaultier d'Imbleville, dite de Saint-Michel, 1732-1752.
Armoiries : d'or au vautour essorant de sable.
Marie-Madelaine de Manvieux, dite de Saint-Maur, 1735-1752.
Armoiries : de gueules au lion d'argent.
Madelaine Suhard et Elisabeth, sa sœur; celle-ci mourut en 1784.
Armoiries : de gueules à la croix fleurdelysêe d'argent.
Guillemette-Françoise du Merle, 1739....
Armoiries : de gueules à trois quintefeuilles d'argent, 2 et 1.
Marie-Françoise de Faoucq de Jucoville, dite de Sainte-Scolastique, fut nommée abbesse de Protection à Valognes, en 1761.
Marie-Thérèse de Faoucq, sa sœur, 1743-1765.
Armoiries : d'azur à trois faux d'argent,- emmanchées d'or et posées 2etl.
Jeanne Patry, dite de Saint-Benoist, 1744.
Armoiries : de gueules, gréneté d'or, à trois quintefeuilles d'argent 2etl.
Marie-Geneviève de Cairon, petite-nièce des précédentes, dite de Saint-Bernard, 1744.
Marguerite Maheut, dite de Saint-Pierre, 1746.
Armoiries : d'argent au chevron d'azur abaissé sous un croissant de gueules et accompagné de trois roses de même.
Constance-Jeanne-Françoise de Corday, dite de Sainte-Cécile, 1746, était prieure en 1791.
Armoiries : d'azur à trois chevrons d'or brisés.
Anne-Marie-Françoise Potier de Rottot, dite de Saint-Paul, 1747-
Bonne-Marie-Anne Potier, sa sœur, dite de Saint-Laurent, 1748-
Armoiries : de gueules à la fasce d'argent accompagnée de trois croisettes de même, 2 et 1.
Marie-Madelaine Gueroult de Launay, dite de Saint-Bazile, 174>9-
Julienne-Marie-Françoise Gueroult, sa sœur, dite de Saint-Rémi, 1749-1763.
Armoiries : de gueules à trois lionceaux d'argent, 2 et 1.
Marie-Anne Patry, dite de Saint-Augustin, 1755-1765, parente de Jeanne.
Marie-Françoise-Bernardine Anquetilde Baudreville, dite de Sainte- Monique, 1756.
Armoiries : d'or à trois feuilles de chêne de sinople 2 et 1.
Marie-Françoise-Catherine Rosette d'Herquetot, dite de Saint- Maur, 1757.
Armoiries : d'azur à trois fasces d'argent, au chevron de gueules brochant.
Bonne-Catherine-Espérance d'Espinoze, dite de Saint-Xavier, 1759.
Armoiries : d'argent à Vépervier de sable empiétant un dragon ailé de même.
Jeanne-Françoise-Madeleine d'Ozouville, dite de Saint-Paul, 1760-
Armoiries : de gueules à l'épée dégarnie d'argent, accompagnée de six losanges de même 3 et 3, en pal.
Marie-Anne-Thérèse de Lair, dite de Saint-Jérôme, 1761....
Anne Le Chevalier de Longueville, dite de Saint-Exupère, 1763.
Armoiries : d'azur à trois chevaliers d'argent, becqués, membres de gueules, au chef d'or.
Suzanne-Jeanne-Françoise de Talvast, dite de Sainte- Pélagie, 1763- 1768. « Elle étoit assez jolie et d'une grandeur excessive. »
Armoiries : de sable au sautoir d'or accompagné à dextre d'une épée d'argent, à senestre d'une flèche versée de même.
Marie-Anne-Charlotte-Elisabeth d'Ursus, dite de Sainte-Agathe, 1765-1780.
Armoiries : d'or à trois agaces (pies) au naturel, au soleil de gueules posé en abîme.
Louise-Marie Dainlos, dite de Sainte- Victoire, 1765....
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Marie-Françoise-Catherine Tirel, dite de Saint-Laurent ; 1767 « d'une grandeur énorme. »
Françoise Catherine Le Renard, dite de Sainte-Placide, 1771....
Marie-Françoise Asselin.... 1771.
Armoiries : d'azur au chevron d'argent accompagné en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'un croissant de même.
Agathe-Marguerite de Marguerie... 1772.
Armoiries : d'azur à trois marguerites feuillées d'argent 2 et 1.
Anne-Jaqueline du Merle.... 1772.
Marie-Léonore de Cairon.... 1777.
Jeanne-Madelaine duCHATEL... 1777.
Armoiries : d'azur à trois châteaux d'or 2 et 1.
Catherine Gueroult de Prémont fut la dernière religieuse reçue en
Françoise Betton de Boisgeoffroy, dite de Sainte-Catherine, fit profession le 3 juillet 1644, comme sœur converse; elle mourut en 1697.
Armoiries : d'hermines à six roses de gueules, 3,2, 1.
Marie deMoGEs, dite de Saint-François, 1646-1671...
Madelaine de Marguerie, dite de Sainte-Marthe, 1647-1698...
Marie de Bonnefons, dite de Sainte-Barbe, sœur de la mère de Bonnefons, 1649-1687.
Jacqueline Minfant, dite de Saint-François, 1686-1714.
Françoise Le Fèvre, dite de Saint-Jean, 1699-1751.
Marie Roussel, dite de Saint-Lèonor, 1701-1729. « Elle mourut par une imprudence de sa part : elle pila sans précaution des drogues poisonneuses dont la vapeur lui monta au cerveau et l'on ne put jamais la sauver. »
Catherine-Françoise Le Bas, dite de Saint-Alexis, 1705-1758.
Anne-Bernardine de Marguerie, dite de Sainte-Marthe, 1706-1761.
Guillemette Lagnel, dite de Sainte-Catherine, 1709-1763.
Marie Tabar, dite de Sainte-Françoise, 1715-1764.
Jeanne Galet, dite de Sainte-Geneviève, 1717-1776.
Elisabeth Asselin, dite de Sainte-Anne, 1719-1769.
Charlotte Tirel, dite de Sainte-Madeleine, 1740-1759.
Marie Balay, dite de Saint-Martin, 1744....
Anne Guesnier, dite de Saint-Jean, 1754.... Anne Baulieu, dite de Saint-Léonor , 1756-1765. Marie-Anne Paulmier, dite de Sainte-Constance, 1758.... Marie-Marguerite Berthelot, dite de Sainte-Madelaine, 1760.... Suzanne-Angélique Le Coutour, dite Angélique, 1766.... Marie-Françoise Gosseliin, dite de Sainte-Colombe.... 1770.
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