‹ Abbayes et monastèresChapitre 5 sur 52 · H OC O · texte numérisé non relu

H OC O

Le monastère de Marmoutier, plus heureux en cela que celui de Ligugé, prit de rapides accroissements; il traversa tout le moyen âge en voyant toujours sa réputation grandir. Du vivant du saint fondateur, les moines âgés consacraient tout leur temps à la méditation et à la prière; les plus jeunes en employaient une partie à la transcription des livres. Comme saint Liber t, dont saint Grégoire de Tours nous a conservé la vie, et qui vécut dans une grotte du voisinage, ils préparaient eux-mêmes les peaux sur lesquelles ils écrivaient ensuite divers livres de la Bible et des œuvres des saints Pères : dignes préludes aux savantes éditions données plus tard par les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur.

Après plusieurs siècles de prospérité, Tabbaye fut ruinée par les Normands, au ix^ siècle. Ces cruels pirates égorgèrent la plupart des religieux. Heureusement quelques-uns s'étaient cachés dans des souterrains obscurs creusés dans le rocher. Eux seuls en connaissaient les sinuosités, formant une sorte de labyrinthe inextricable. Les corsaires, d'ailleurs, étaient inquiétés; ils n'osèrent fouiller profondément des couloirs inconnus, où des pièges pouvaient leur être tendus sans qu'ils fussent en mesure de les éviter ou de se défendre contre des agresseurs invisibles. Un lieu si vénérable, consacré par les souvenirs de saint Catien et de saint Martin, ne pouvait longtemps rester abandonné. Des clercs s'y établirent; mais, au milieu du désordre auquel la société fut alors en proie, la régularité laissait beaucoup à désirer. Des moines de Cluny y firent refleurir les vertus monas-

tiques. Bientôt, par les privilèges des papes et la bienveillance des rois, Tabbaye de Marmoutier de\int indépendante. La grande abbaye des bords de la Loire

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